Les Juifs israéliens veulent une commission d’enquête sur le 7-Octobre et sur la conscription des Haredim – sondage
Selon l’Institut israélien pour la démocratie, 71 % des personnes interrogées souhaitent une enquête de haut niveau sur le pogrom du Hamas, tandis que 72 % sont favorables à une loi sur la conscription égalitaire
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Une nette majorité de Juifs israéliens souhaite la mise en place d’une commission d’enquête nationale sur les défaillances qui avaient ouvert la porte à la prise d’assaut du pays par les terroristes du Hamas, le 7 octobre 2023, ainsi qu’une loi qui permettrait d’enrôler les jeunes ultra-orthodoxes au sein de Tsahal, selon un sondage dont les résultats ont été révélés dans la journée de mercredi.
Dans son « Israeli Voice Index » du mois de septembre 2026, l’Institut israélien pour la démocratie a constaté que 71 % des personnes interrogées soutenaient la mise en place, par le prochain gouvernement, d’une commission de haut rang qui serait chargée d’enquêter sur les événements du 7 octobre ; 72 % appelaient de leurs vœux un projet de loi portant sur la conscription obligatoire des membres de la communauté haredi.
Jusqu’à présent, le gouvernement en place a catégoriquement refusé de prendre ces deux mesures. Des élections sont prévues en Israël le 27 octobre.
Parmi les Arabes israéliens, 52 % ont dit être favorables à une commission d’enquête. Aucun chiffre n’a été communiqué concernant leur opinion sur une loi sur une conscription égalitaire. À l’instar des Haredim, la population arabe n’est pas soumise au service national obligatoire, contrairement à la majorité des Juifs israéliens.
Dans le même ordre d’idées, l’enquête a recueilli des opinions sur la récente vague de reportages qui ont laissé entendre que le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait été averti par des États arabes que le Hamas prévoyait une attaque, mais qu’il n’avait pas transmis l’information aux services concernés, ignorant ces mises en garde.
Près de la moitié (46 %) des Israéliens ont estimé que ces informations n’étaient pas crédibles ; un pourcentage légèrement inférieur (43 %) ont jugé qu’elles pouvaient l’être. Les autres ont confié être indécis.
Par ailleurs, près des deux tiers (63 %) des personnes interrogées ont dit croire que le moment choisi pour la publication de ces informations – si proche des prochaines élections – constituait une tentative d’influencer les résultats du scrutin. Pour 27 % des sondés, le moment où ces informations ont été rendues publiques a simplement coïncidé avec le moment où elles ont été découvertes, un hasard du calendrier.
Parmi les Juifs israéliens, 85 % des sondés qui se sont déclarés de gauche ont jugé ces informations crédibles, tout comme 72 % des personnes se situant au centre de l’échiquier politique. A droite, ils n’ont été que 27% à droite à estimer qu’elles étaient plausibles.
Jeudi, des informations ont semblé réfuter l’une de ces informations, qui avait laissé entendre que Netanyahu avait été averti plusieurs jours avant le pogrom d’une possible attaque du Hamas par le chef des services de renseignement égyptiens.
En matière de relations internationales, l’enquête d’opinion a révélé que la majorité des Israéliens considèrent que seuls deux pays sont des amis d’Israël : les États-Unis (87 %) et l’Allemagne (55 %).
Viennent ensuite les Émirats arabes unis : près de la moitié des personnes interrogées (49 %) ont estimé qu’ils étaient bienveillants, 28 % ont déclaré qu’ils n’étaient ni hostiles, ni bienveillants, 19 % les ont considérés comme hostiles, tandis que 4 % ont indiqué ne pas avoir d’opinion sur le sujet.
Le Royaume-Uni a perdu du terrain dans l’opinion publique : 56 % des sondés ont dit considérer Londres comme hostile ; 21 % ont indiqué que le pays n’était ni amical, ni hostile et 19,5 % ont affirmé qu’il était amical.
Les Israéliens ont exprimé une meilleure opinion de l’Arabie saoudite : seuls 41 % ont évoqué une possible hostilité de sa part, 34% ont jugé qu’elle n’était ni hostile, ni amicale et 20 % ont dit qu’elle se montrait amicale.
Presque autant de personnes interrogées ont dit considérer que la France (68 %) était quasiment aussi hostile que le Qatar (69 %).
Dans un contexte de sanctions qui ont été imposées par certains pays, dont le Royaume-Uni, à l’encontre des implantations israéliennes en Cisjordanie, 63 % des personnes interrogées ont fait savoir qu’Israël devait réagir avec sévérité à de telles mesures et que le pays devait insister pour que les produits issus des implantations soient traités comme ceux fabriqués n’importe où ailleurs en Israël.
Cependant, 21 % ont estimé qu’Israël devait reconnaître le droit des autres pays à restreindre les importations en provenance des implantations.
L’IDI a également sondé les opinions sur les mesures à prendre contre les attaques qui sont menées par des groupes d’extrémistes juifs à l’encontre des Palestiniens en Cisjordanie – un sujet sur lequel les critiques reprochent au gouvernement de ne pas en faire assez.
L’enquête a révélé que la majorité des Juifs (58,5 %) et la plupart des Arabes (53 %) soutenaient une action résolue contre les auteurs de ces actes.
Les personnes interrogées ont également été invitées à s’exprimer sur la possibilité de négocier avec les Palestiniens. Alors que seuls 25 % des Juifs se sont déclarés favorables à une telle initiative, 58 % des arabes israéliens ont appelé à des pourparlers.
Dans l’ensemble, l’IDI a constaté que l’optimisme s’agissant de l’avenir démocratique du pays avait augmenté, atteignant 45,5 % – ce qui représente une hausse de 9,5 points de pourcentage par rapport au sondage qui avait été effectué le mois précédent.
Cet « Israeli Voice Index » a été élaboré par le Centre Viterbi pour l’opinion publique et la recherche politique de l’IDI. Il a été réalisé auprès d’un échantillon de 602 adultes en hébreu et de 149 en arabe, par téléphone et sur Internet, entre le 5 et le 8 octobre.
La marge d’erreur maximale a été estimée à ±3,58 %.
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