Les Nations unies annoncent avoir « collecté et expédié » 90 camions d’aide à Gaza
Cette annonce fait suite à propos accusant Israël d'empêcher la collecte d'aide ; 3 roquettes tirées depuis Gaza sont retombées dans l'enclave
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Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Les Nations unies ont confirmé, dans la soirée de mercredi, qu’elles avaient collecté et commencé à distribuer environ 90 camions d’assistance humanitaire à Gaza. Il s’agit de la première distribution de ces aides au sein de l’enclave côtière ravagée par la guerre depuis le début du mois de mars, après que des responsables de l’ONU ont affirmé qu’ils étaient dans l’incapacité de récupérer les approvisionnements à la frontière avec Israël.
Trois jours après l’annonce, par Israël, qu’il autoriserait l’entrée d’une assistance humanitaire limitée, les Nations Unies ont collecté mercredi « environ 90 camions de marchandises au poste-frontière de Kerem Shalom, des camions qui ont ensuite été envoyés à Gaza », a déclaré Stéphane Dujarric, le porte-parole du Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, dans un communiqué.
Le Coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT), au sein du ministère de la Défense, avait déjà annoncé dans la journée que cent poids-lourds transportant des aides étaient entrés dans la bande de Gaza mercredi. Le COGAT avait expliqué que l’acheminement de ces produits avait été effectué « sur la recommandation de responsables de Tsahal et conformément à la directive de la hiérarchie politique ».
Les camions contenaient de la farine, des aliments pour bébés et du matériel médical, a précisé le COGAT.
L’aide a d’abord été inspectée par les autorités israéliennes avant d’entrer dans la bande de Gaza via le poste-frontière de Kerem Shalom.
Le COGAT n’a pas répondu aux accusations lancées par les Nations unies, qui avaient affirmé que les soldats avaient empêché la collecte des aides humanitaires du côté gazaoui de la frontière.
Nahid Shahaiber, propriétaire d’une société de transport majeure, a fait savoir que 75 camions de farine et plus d’une dizaine d’autres qui transportaient des compléments alimentaires et du sucre se trouvaient au sud de Rafah, et des témoins ont déclaré que des camions transportant de la farine avaient été aperçus à Deir al-Balah, dans le centre de l’enclave.
Israël a empêché toutes les aides de pénétrer sur le territoire palestinien depuis le 2 mars, au motif que l’assistance était entrée en quantité suffisante dans l’enclave palestinienne pendant le cessez-le-feu de six semaines qui venait de s’effondrer. L’État juif a aussi fait savoir que les aides étaient détournées et volées par le Hamas et que le blocus était nécessaire pour contraindre le groupe terroriste à céder aux pressions et à remettre en liberté les otages qui sont encore en captivité.
Néanmoins, ces dernières semaines, certains responsables de Tsahal ont commencé à avertir les leaders politiques que l’enclave était au bord de la famine.
Soumis à des pressions croissantes à l’international, Israël a finalement autorisé la reprise de l’acheminement des aides par le biais de l’ONU et par le biais d’autres groupes humanitaires – et ce jusqu’à ce qu’un nouveau modèle de distribution soutenu par les États-Unis soit opérationnel, d’ici à la fin du mois. Il fera appel à des sous-traitants privés qui mèneront leurs opérations par le biais de « centres sécurisés ». Les Nations unies, qui ont critiqué ce plan pour son manque d’impartialité et de neutralité, ne seront pas impliquées.
Mercredi également, l’armée israélienne a annoncé que quatre roquettes avaient été lancées en direction d’Israël depuis le nord de la bande.
La première a entraîné l’activation des sirènes dans la ville côtière d’Ashkelon et elle a été interceptée par les systèmes de défense antiaérienne. Les trois autres ont déclenché des alertes dans les communautés frontalières de Zikim et Netiv Haasara, mais elles sont toutes retombées sur le territoire de Gaza.
Ces attaques n’ont pas fait de blessés. Après le premier projectile, le porte-parole arabophone de l’armée israélienne a donné l’ordre aux habitants de certaines parties du nord de la bande d’évacuer.
Pendant le week-end, Tsahal a lancé une nouvelle offensive de grande envergure, baptisée « Chariots de Gédéon », destinée, selon Israël, à détruire le Hamas et à s’emparer de l’ensemble du territoire, tout en déplaçant les Palestiniens à travers l’enclave.
Mardi, le chef d’état-major de l’armée, le lieutenant-général Eyal Zamir, a menacé d’intensifier encore la campagne si le Hamas n’acceptait pas les exigences d’Israël, qui demande au groupe terroriste de libérer les otages et de renoncer au pouvoir.
« Il sera confronté à une puissance de feu intense », a-t-il indiqué. « Nous allons étendre les manœuvres au sol, conquérir de nouveaux territoires, nettoyer et détruire les infrastructures terroristes jusqu’à ce qu’il soit vaincu ».
Israël cherche à exercer des pressions sur le Hamas en faveur de la remise en liberté des 58 otages qui sont encore à Gaza. Seulement environ un-tiers des captifs seraient en vie. L’État juif exige également que le groupe terroriste abandonne le pouvoir avant de mettre un terme à la guerre.
Mardi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a rappelé une équipe de négociateurs de haut niveau qui se trouvaient à Doha, où les pourparlers sur un cessez-le-feu – dans le cadre d’un accord qui ouvrirait la porte à la libération des otages – semblaient dans l’impasse.
L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.
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