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Les violences des extrémistes juifs menacent les luttes menées par Israël – Zamir

Pour le chef de l'armée israélienne, ces troubles pourraient détourner les troupes de Gaza, du Liban et de la Syrie ; l'armée tue un Palestinien qui avait tiré sur un réserviste en Cisjordanie

Le chef d'état-major de l'armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, parle avec des officiers à Rafah, dans le sud de Gaza, le 16 novembre 2025. (Crédit : Tsahal)
Le chef d'état-major de l'armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, parle avec des officiers à Rafah, dans le sud de Gaza, le 16 novembre 2025. (Crédit : Tsahal)

Le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, aurait averti que l’incapacité d’Israël à freiner la récente recrudescence des violences des partisans du mouvement pro-implantation en Cisjordanie risquait de compromettre les capacités de l’armée israélienne à gérer les fronts critiques à Gaza, au Liban et en Syrie.

Selon un reportage qui a été diffusé vendredi sur la chaîne d’information N12, Zamir aurait dit, lors d’une réunion en interne, que « si nous n’arrêtons pas les émeutiers juifs », Israël pourrait être dans l’obligation de détourner d’importantes ressources militaires des frontières nord et sud pour faire face au chaos qui ne cesse de se propager en Cisjordanie.

« Ces anarchistes sont susceptibles de mettre le feu à la région en un instant », aurait-il expliqué. Les forces israéliennes, dans cette situation, devront être « immédiatement détournées des frontières de Gaza et du Liban… sans qu’il y ait, pour l’instant, aucun intérêt à le faire en matière de sécurité ».

« Si ce problème n’est pas réglé, il pourrait tout perturber. Nous sommes dans une période critique et nous devons nous concentrer sur Gaza et sur le Liban », aurait-il noté.

Ces propos ont été rapportés par la chaîne alors qu’Israël continue de mener des combats actifs sur les deux fronts. À Gaza, les soldats israéliens sont restés déployés dans le cadre d’un fragile cessez-le-feu négocié par les États-Unis, avec 100 à 200 terroristes du Hamas qui se trouveraient piégés dans des tunnels, sous Rafah, et avec des hommes armés qui traversent la « Ligne jaune » dans le but de commettre des attaques quasi quotidiennes contre les militaires israéliens. De surcroît, trois corps sans vie d’otages sont encore aujourd’hui retenus dans la bande de Gaza.

Sur le front nord, Tsahal a intensifié ses frappes aériennes contre les infrastructures du Hezbollah dans le sud du Liban, alors que les craintes d’une nouvelle escalade s’intensifient.

Un Palestinien examine les dégâts après qu’une maison en construction aété incendiée par des partisans du mouvement pro-implantation israéliens dans le village d’Amuria, près de Naplouse, en Cisjordanie, le 21 novembre 2025. (Crédit : Jaafar Ashtiyeh/AFP)

L’avertissement qui a été lancé par le chef d’état-major a suivi une vague d’attaques de partisans du mouvement pro-implantation, dans la nuit de jeudi à vendredi. Des communautés palestiniennes de Cisjordanie ont expliqué que des résidents d’implantations avaient incendié des bâtiments, vandalisé des biens, agressé des habitants et brûlé plus d’une dizaine de véhicules lors de sept attaques distinctes. Aucune arrestation n’a été signalée.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche qu’Israël « prendrait des mesures très énergiques » contre les « émeutes » en Cisjordanie, qualifiant le pays de « nation de droit ». Cela a été sa toute première déclaration publique sur les récentes violences, après des mois de critiques internationales et des appels répétés de la part de Washington en faveur d’un passage à l’action pour mettre un terme à ces agressions commises par les extrémistes israéliens.

Au début de la semaine, les services de sécurité auraient rédigé de nouvelles recommandations pour lutter contre la criminalité des nationalistes juifs en Cisjordanie, alors que les officiels ont évoqué une forte augmentation des incidents graves au cours des douze derniers mois.

Par ailleurs, l’armée israélienne et le Shin Bet ont expliqué vendredi que les soldats avaient lancé plusieurs raids antiterroristes pendant 35 heures, abattant le tireur palestinien qui avait blessé modérément un réserviste et arrêtant plusieurs autres suspects.

Les forces de sécurité israéliennes affrontent des partisans du mouvement pro-implantation lors de l’évacuation de l’avant-poste illégal de Tzur Misgavi, dans la région du Gush Etzion, en Cisjordanie, le 17 novembre 2025. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

Selon les deux agences, les hommes de l’unité Yamam ont lancé un raid dans le village de Tell, à proximité de Naplouse, où l’agresseur, qui, selon les Israéliens, « était actif dans la police palestinienne », avait ouvert le feu avec un fusil à longue portée avant d’être abattu.

Les soldats de la brigade Givati ont arrêté un autre suspect sur les lieux – il s’agirait d’un policier de l’Autorité palestinienne.

Au cours d’autres raids, les commandos Duvdevan ont arrêté un terroriste qui avait ouvert le feu en direction des soldats à Burqin. Les hommes des forces Yamam ont appréhendé un autre suspect dans le camp de réfugiés de Faraa.

Toutes les personnes arrêtées ont été transférées aux mains du Shin Bet, qui va les interroger. Aucun soldat israélien n’a été blessé lors de ces opérations.

Un fusil saisi par l’armée israélienne qui avait été utilisé par un tireur palestinien pour blesser un réserviste en Cisjordanie, le 21 novembre 2025. (Crédit : Tsahal)

Au cours d’une autre opération qui a été menée pendant la nuit dans le quartier de Kafr Aqab, à Jérusalem-Est, des agents de la police des frontières ont abattu deux adolescents palestiniens. Les deux individus ont été identifiés par le ministère de la Santé de l’Autorité palestinienne : ils s’appelaient Amr Marboua, âgé de 18 ans, et Sami Mashaikha, âgé de 16 ans.

La police a déclaré que l’opération a visé « des éléments hostiles qui agissaient pour porter atteinte aux forces de sécurité et provoquer des émeutes violentes » dans le secteur.

Des dizaines de Palestiniens auraient participé à des échauffourées pendant le raid, jetant des pierres et tirant des feux d’artifice. De plus, la police a déclaré avoir « entendu des tirs nourris, dont la source n’a pas été identifiée ».

Les forces de l’ordre ont fait savoir que les soldats avaient tiré en direction de quatre suspects qui représentaient une « menace réelle », et que les blessés avaient été évacués par des médecins.

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