L’Irak va « corriger » sa liste des groupes terroristes après l’ajout du Hezbollah et des Houthis
Après la levée de boucliers des voix pro-Iran, le gouvernement assure qu'il s'agit d'une erreur, la liste ayant été publiée avant révision
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L’inscription du Hezbollah libanais et des Houthis du Yémen sur la liste des avoirs gelés pour « terrorisme » de l’Irak, qui avait provoqué une la levée de boucliers des voix pro-iraniennes dans le pays, est une « erreur » selon un document confidentiel de la Banque centrale consulté jeudi par l’AFP.
Ces deux groupes terroristes, basés respectivement au Liban et au Yémen, sont soutenus par l’Iran et cherchent ouvertement à détruire Israël.
Dans un communiqué publié par l’agence de presse officielle irakienne, la commission indique que l’Irak a approuvé une liste « d’entités et d’individus associés à Daech et Al-Qaïda » dont les fonds seront gelés à la demande du gouvernement malaisien. La plupart des groupes et des personnes figurant sur la liste sont originaires d’Asie du Sud-Est.
« Le comité n’a pas approuvé le gel de ces avoirs », et leur présence sur cette liste « semble être le résultat d’une erreur », est-il écrit dans le document de la Banque centrale irakienne, qui ordonne le retrait de la liste des deux groupes soutenus par l’Iran.
« Les noms d’autres entités ont été inclus car la liste a été publiée avant d’être révisée », indique le communiqué, sans nommer le Hezbollah ni les Houthis. « La Gazette irakienne sera corrigée et les entités et parties associées aux organisations terroristes Daech et Al-Qaïda seront retirées de la liste. »
La publication au journal officiel le 17 novembre avait été largement critiquée, surtout par les personnalités politiques pro-Iran, dans un pays qui maintient depuis des années un équilibre délicat avec ses alliés iraniens et américains, eux-mêmes ennemis.
Hussein Mounes, à la tête du groupe parlementaire proche du puissant mouvement terroriste Kataeb Hezbollah, avait accusé le gouvernement d’être « faible » et de « manquer de dignité ».
Par la suite, le bureau du Premier ministre irakien Mohammed Shia al-Sudani a réitéré ces affirmations dans son propre communiqué relayé par l’agence de presse officielle. Le bureau du Premier ministre a également annoncé l’ouverture d’une enquête « afin de déterminer les responsabilités et de demander des comptes aux personnes responsables de l’erreur contenue dans la décision » et incluse dans le journal officiel irakien n° 4848, publié le 17 novembre.
La déclaration du Premier ministre a également affirmé que la position de l’Irak « sur l’agression contre notre peuple au Liban ou en Palestine est une question de principe qui n’est pas négociable et qui reflète la volonté du peuple irakien ».
La déclaration de Sudani intervient alors que les médias arabes rapportent qu’il doit mener un combat difficile pour conserver la direction de son bloc parlementaire — qui comprend des éléments pro-iraniens — malgré sa victoire aux élections du mois dernier.
La liste a fait l’objet d’une large couverture médiatique en Irak jeudi matin après que le député pro-iranien Mustafa Sanad a souligné sur Facebook que le Hezbollah et les Houthis figuraient sur la liste des groupes dont les fonds devaient être gelés.
Il a déploré que ces deux groupes soutenus par l’Iran « soient classés comme organisations terroristes » alors que le président américain Donald Trump « est nominé pour le prix Nobel de la paix ».
« Honte à vous », a-t-il ajouté à l’adresse du gouvernement irakien, qui, selon lui, a adopté « une position honteuse » que les autres gouvernements arabes n’ont pas prise.
Un conseiller du gouvernement irakien cité par le journal qatari Al-Araby Al-Jadeed affirme que le Hezbollah et les Houthis ont été désignés comme groupes terroristes dans le cadre des engagements pris par l’Irak envers le Trésor américain. Les États-Unis désignent ces deux groupes comme terroristes. Ces engagements ont été pris afin d’éviter des sanctions contre les institutions irakiennes, notamment la banque centrale et la compagnie pétrolière nationale, explique le conseiller.
Une autre source politique citée par le média éloigne le gouvernement irakien de cette décision, qu’elle attribue au pouvoir judiciaire du pays.
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