L’Iran améliorerait constamment ses missiles balistiques pour mieux contourner les défenses aériennes
Selon le Wall Street Journal, le missile Kheibar, capable d'atteindre Israël, bénéficie d'améliorations constantes et recourt à des techniques complexes pour échapper aux intercepteurs
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L’Iran recourt de plus en plus à son missile balistique Kheibar Shekan dans le cadre de ses attaques régionales ; il continue parallèlement d’adapter et d’améliorer ses capacités à contourner les défenses antiaériennes, a rapporté le Wall Street Journal dans un article paru samedi.
Le Kheibar Shekan, ou Kheibar-buster, tire son nom d’une forteresse juive conquise par les guerriers musulmans aux débuts de l’islam.
Avec une portée de 1 450 kilomètres, il est parfaitement capable d’atteindre les États du Golfe et Israël. Sa capacité à être rapidement déployé et lancé a permis aux Iraniens d’échapper aux frappes aériennes menées par les armées israéliennes et américaines, qui cherchaient à débusquer et à détruire les sites de lancement.
Selon l’article, les forces iraniennes utilisent ce missile dans le cadre d’attaques récentes contre des cibles américaines dans la région depuis la reprise des combats, faisant souvent varier sa trajectoire, sa vitesse et ses manœuvres afin de rendre son interception plus difficile. Certains modèles de ce missile sont capables d’effectuer des manœuvres de dernière minute, lors de la phase finale de leur vol, ce qui leur permet d’échapper aux intercepteurs.
Un responsable américain interrogé par le journal a expliqué que la majorité des missiles Kheibar Shekan tirés sur la région avaient été abattus avec succès, mais que certains avaient réussi à percer les défenses grâce à ces procédés sophistiqués – signe que les Iraniens étudient les systèmes d’interception et apprennent à mieux les contourner.
Fabian Hinz, spécialiste des missiles, a précisé au Journal que Téhéran « a identifié les types de manœuvres les plus efficaces pour contourner la défense antimissile. Chaque utilisation au combat permet de récolter des données, et cela s’avère très utile pour les Iraniens. »
Selon des estimations, malgré les efforts intenses déployés par Israël et les États-Unis pour démanteler les capacités balistiques de l’Iran pendant la guerre actuelle, Téhéran disposerait encore de capacités importantes.
En avril, peu avant l’annonce d’un cessez-le-feu temporaire, la chaîne d’information N12 a rapporté que l’armée israélienne évaluait à plus de 1 000 le nombre de missiles balistiques iraniens capables d’atteindre l’État juif, citant un officier du renseignement de l’armée de l’air israélienne.
Fin mai, la chaîne a annoncé que l’Iran avait relancé sa production de missiles balistiques, de lanceurs et d’autres systèmes d’armes critiques à un rythme bien plus rapide que prévu initialement, faisant état d’évaluations actualisées des services de renseignement américains et d’un haut responsable israélien.
Selon le média, l’Iran aurait repris la fabrication en exploitant les composants subsistants, des installations souterraines improvisées et des chaînes de production partiellement remises en état, avec l’aide de la Russie et de la Chine.
D’après la chaîne, des responsables israéliens de la défense ont estimé que l’Iran pourrait augmenter considérablement sa production de missiles balistiques d’ici environ un an, voire plus tôt. Des évaluations récentes des services de renseignement, rapportées par N12, ont également indiqué que près des deux tiers des lanceurs de missiles iraniens sont encore opérationnels – un chiffre qui contredit les estimations antérieures, établies en temps de guerre, selon lesquelles environ la moitié de ces lanceurs avaient été détruits.
Pendant la majeure partie de la guerre, l’Iran a tiré entre 10 et 15 missiles par jour sur Israël. Si cette stratégie a permis aux défenses aériennes israéliennes d’intercepter la plupart des missiles, limitant ainsi les dégâts et les pertes humaines, elle a également préservé les capacités de l’Iran à long terme, tout en contraignant les Israéliens à rejoindre les abris chaque jour, à plusieurs reprises, pendant des semaines, épuisant ainsi le front intérieur.
Le cessez-le-feu conclu en avril a mis un terme aux salves iraniennes. Toutefois, ces dernières semaines, alors que le conflit a repris de plus belle, Téhéran a multiplié les attaques contre les pays du Golfe. Israël doit désormais se préparer davantage à la possibilité d’être entraîné dans les combats.
L’AP et Stav Levaton ont contribué à cet article.
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