L’Iran refuse de mettre fin à ses activités d’enrichissement ; la question balistique non abordée
Les US attendent des concessions tangibles de Téhéran lors de la prochaine réunion ; un accord est peu probable, selon un responsable israélien
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

L’Iran a rejeté, lors des négociations à Oman qui ont eu lieu vendredi, les appels lancés par les États-Unis en faveur de l’arrêt définitif des activités d’enrichissement d’uranium sur le territoire de la république islamique, alors que les efforts qui visent à résoudre la problématique sur le programme nucléaire de Téhéran ont repris.
Un diplomate de la région, proche de Téhéran, a expliqué vendredi à Reuters que si l’Iran n’entendait pas céder sur son droit à enrichir de l’uranium, le pays était toutefois disposé à discuter du « niveau et de la pureté » de l’enrichissement.
Le diplomate a ajouté que Téhéran estimait que les négociateurs américains « semblent comprendre le positionnement iranien sur la question de l’enrichissement… et ils font preuve de souplesse face aux demandes qui sont formulées. »
Il a ajouté que la question des capacités balistiques de l’Iran n’avait pas été abordée lors des pourparlers à Mascate.
Des responsables iraniens et américains ont confié au site d’information Axios qu’ils s’attendaient à de nouvelles discussions dans les jours à venir.
Les négociateurs américains ont fait savoir, de leur côté, à leurs homologues iraniens qu’ils s’attendaient à ce que Téhéran se présente à la prochaine réunion avec des concessions tangibles et significatives concernant le dossier du nucléaire, a rapporté la chaîne d’information N12.
Les pourparlers ont donné lieu à des entretiens directs entre les deux conseillers les plus proches du président américain Donald Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, et le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Aragchi, a signalé N12, citant deux sources proches du dossier.
Le reste des pourparlers s’est déroulé de manière indirecte, avec Oman comme médiateur.
Le commandant du CENTCOM, le général Brad Cooper, s’est également joint aux discussions – une présence qui a entraîné la fureur de la délégation iranienne, qui y a vu une démarche dont l’objectif était probablement d’intimider Téhéran. Les Iraniens auraient ainsi eu l’impression de « mener des négociations avec une arme posée sur la table ».
La chaîne a indiqué que les États-Unis prendraient sans doute des mesures supplémentaires, samedi, pour renforcer leur déploiement militaire dans la région, améliorant ainsi le statut de Washington s’agissant d’une éventuelle frappe si les discussions devaient échouer.
La chaîne N12 a cité les propos tenus par un haut responsable israélien qui, sous couvert d’anonymat, a mis en garde l’Iran contre toute attaque susceptible de prendre pour cible l’État juif, affirmant que la réponse à de telles frappes serait « une opération Rising Lion sous stéroïdes » – en référence au nom qui a été donné par Israël à sa guerre de douze jours contre le programme nucléaire de la république islamique, au mois de juin dernier, un conflit durant leque Tsahal a décimé les systèmes de défense aérienne de Téhéran.
La chaîne, par ailleurs, a cité les paroles prononcées par un autre officiel israélien qui a émis l’hypothèse que les négociations qui se sont tenues vendredi entre les États-Unis et l’Iran à Oman ne déboucheraient pas sur un accord, les divergences entre les deux parties étant trop importantes.
Plusieurs cycles de négociations avec l’Iran avaient eu lieu avant qu’Israël ne lance sa guerre de douze jours contre l’Iran. Les États-Unis s’étaient également joints aux bombardements, ciblant des installations nucléaires souterraines.
Avant la guerre du mois de juin, l’Iran enrichissait de l’uranium à un degré de pureté de 60 %, soit à un seul pas technique du niveau requis pour la fabrication d’une arme atomique. L’instance de veille nucléaire de l’ONU, l’Agence internationale de l’énergie atomique, a estimé que l’Iran était le seul pays au monde à enrichir de l’uranium à ce niveau sans être équipé de la bombe.
L’Iran a refusé les demandes formulées par l’AIEA, qui souhaitait que ses inspecteurs puissent se rendre sur les sites bombardés pendant la guerre du mois de juin dernier, suscitant l’inquiétude des experts en non-prolifération. L’Iran avait d’ores et déjà restreint les inspections de l’AIEA depuis la décision prise en 2018 par Trump de retirer unilatéralement les États-Unis de l’accord sur le nucléaire qui avait été conclu en 2015 entre l’Iran et les puissances mondiales.
Trump a menacé à plusieurs reprises de recourir à la force pour contraindre l’Iran à conclure un accord sur le programme après avoir envoyé un porte-avions dans la région dans le sillage des actes de répression sanglants, par Téhéran, des manifestations qui ont fait des milliers de morts dans le pays, entraînant aussi le placement en détention de dizaines de milliers d’autres personnes au sein de la république islamique.
Au cours des négociations, les États-Unis ont achevé la phase initiale de leur renforcement militaire dans la région et ils devraient terminer la deuxième phase dans les semaines à venir, avec toutes les forces en place, a rapporté N12.
Dans ce contexte, le Commandement central américain a également diffusé de nouvelles images du porte-avions USS Abraham Lincoln, arrivé dans la région la semaine dernière.
« Le groupe aéronaval Abraham Lincoln, accompagné de deux navires de ravitaillement militaire et de deux garde-côtes américains, a navigué aujourd’hui dans la mer d’Oman, tandis que des avions du Carrier Air Wing 9 survolaient la zone », a écrit le CENTCOM dans un post publié sur le réseau social X.
Le porte-avions a été déplacé vers la mer d’Oman après les premières menaces qui avaient été proférées par Trump, le mois dernier.
The Abraham Lincoln Carrier Strike Group, accompanied by two military supply ships, and two U.S. Coast Guard cutters, sailed together in the Arabian Sea today as aircraft from Carrier Air Wing 9 flew overhead. Peace through Strength! ⚓️ pic.twitter.com/xkiCk8qymB
— U.S. Central Command (@CENTCOM) February 6, 2026
Alors que le ministre iranien des Affaires étrangères a décrit une « atmosphère positive » lors des pourparlers de vendredi, il est difficile de dire quelles conditions l’Iran serait prêt à réellement négocier.
Toutefois, la chaîne d’information par satellite Al Jazeera a annoncé que des diplomates égyptiens, turcs et qataris avaient proposé à l’Iran de suspendre ses activités d’enrichissement pendant trois ans, d’expédier son uranium hautement enrichi hors du pays et de s’engager à « ne pas utiliser de missiles balistiques ».
La Russie avait indiqué qu’elle accepterait de prendre l’uranium – mais l’Iran a indiqué que mettre un terme au programme ou expédier l’uranium hors des frontières de la répubique islamique était hors de question.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a dit mercredi que les négociations devaient porter sur le programme nucléaire de Téhéran, sur ses missiles balistiques, sur le soutien apporté par l’Iran aux groupes terroristes dans la région et sur « sa manière de traiter sa propre population ».
« Je ne suis pas sûr que vous puissiez parvenir à un accord avec ces gens, mais nous allons essayer de voir si on peut le faire », a expliqué Rubio.
Les pays arabes du Golfe craignent qu’une attaque américaine contre l’Iran ne déclenche une guerre régionale qui les entraînerait également.
L’Iran a promis de répondre sévèrement à toute attaque potentielle et, en plus de menacer Israël, le régime des mollahs a averti les pays voisins qui abritent des bases américaines qu’ils pourraient se retrouver, eux aussi, dans la ligne de mire.
Quelques jours avant les pourparlers de vendredi, les forces américaines ont abattu un drone iranien à proximité de l’USS Abraham Lincoln, et l’Iran a tenté d’arrêter un navire battant pavillon américain dans le détroit d’Ormuz.
la Communauté du Times of Israël !







