L’Université George Washington « se désintéresse » de l’antisémitisme – autorités US
Selon le ministère de la Justice, l'université a laissé faire des discriminations à l'encontre des Juifs contrairement aux droits civils
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées
Luke Tress est le correspondant du Times of Israel à New York.

Le ministère américain de la Justice a déclaré mardi que l’Université George Washington de Washington avait fermé les yeux sur des cas d’antisémitisme sur les campus, en violation des protections fédérales des droits civils. Il s’agit de la dernière initiative en date des autorités fédérales contre l’activisme sur les campus.
C’est par une lettre à la présidente de l’université, Ellen M. Granberg Harmeet K. Dhillon, que le procureur général adjoint pour les droits civils du ministère de la Justice a informé l’université des conclusions du département.
« Chaque étudiant a droit à l’égalité des chances en matière d’éducation sans avoir à craindre le harcèlement ou les mauvais traitements », explique Dhillon dans un communiqué. « Personne n’est au-dessus des lois et les universités qui encouragent l’antisémitisme feront face à des sanctions. »
La lettre précise que l’université était au courant des discriminations à l’encontre des étudiants juifs et israéliens et qu’elle avait « fermé les yeux devant les plaintes, les mauvais comportements et les préjudices subis par les étudiants et professeurs ».
L’université « n’a pris aucune mesure significative » pour lutter contre l’antisémitisme sur le campus, estime la lettre.
La façon dont l’université a réagi aux faits de harcèlement contrevient au titre VI de la loi sur les droits civils de 1964, qui interdit les discriminations au sein des entités bénéficiaires de fonds fédéraux, telles que les universités et notamment l’Université George Washington, peut-on lire dans la lettre.
Dans cette même lettre, il est rappelé que les étudiants de l’Université George Washington ont installé un campement anti-Israël sur le campus au printemps 2024. L’enquête du ministère a révélé que les étudiants juifs ont été harcelés, intimidés et agressés par des manifestants, raisons pour lesquelles ils craignaient de se rendre en cours.
Un étudiant juif s’est plaint d’avoir été encerclé par des manifestants, menacé et sommé de quitter les lieux. L’un des adjoints du doyen a dit à l’étudiant juif de partir parce qu’il « contrariait et provoquait la foule », poursuit la lettre.
Les manifestants ont également crié des insultes antisémites à d’autres étudiants juifs qui se trouvaient sur le campus, ce qui les a forcés à quitter les lieux. Des manifestants ont encerclé un contre-manifestant juif qui brandissait un drapeau israélien de façon à l’empêcher de bouger, et un policier du campus a dit à l’étudiant juif de partir pour se protéger. Des manifestants ont crié « Sionistes, vous pouvez crever », « Sionistes, allez en enfer » ou encore « Le Hamas est un combattant de la liberté » à un autre étudiant juif, peut-on lire dans la lettre.
Le ministère de la Justice a fait part de son intention de faire appliquer la loi sur les droits civils à l’encontre de l’Université George Washington, sans plus de détails sur de possibles sanctions. Il a proposé de négocier avec l’université dans le but de parvenir à une « règlement agréé » et fixé au 22 août la date butoit pour initier un dialogue.
L’université a accusé réception de la lettre dont elle examinera le contenu avant d’y répondre.
L’université « condamne l’antisémitisme, qui n’a absolument pas sa place sur nos campus ou dans une société civile et humaine », a déclaré au Times of Israel le porte-parole de l’université.
« Nos actions témoignent sans ambiguïtés de notre volonté de lutter contre les actes antisémites et promouvoir un environnement inclusif en maintenant un environnement sûr, respectueux et responsable », a déclaré le porte-parole en ajoutant que l’université travaillait avec la communauté juive du campus, les organisations juives et les autorités pour lutter contre l’antisémitisme.
Ce courrier est la dernière illustration en date des actions de l’administration Trump contre l’antisémitisme et l’activisme anti-Israël sur les campus.
L’administration exerce de fortes pressions sur les universités, en particulier sur celles de l’Ivy League comme Harvard ou Columbia.
Des dirigeants de la communauté juive ont fait part de leurs inquiétudes face à cette répression qui donne lieu à l’arrestation de manifestants et menace les libertés civiles qui protègent également les Juifs.
Selon des opposants à l’administration Trump, comme par exemple le sénateur démocrate de New York Chuck Schumer, Trump instrumentalise l’antisémitisme pour s’en prendre à ses opposants au sein de l’enseignement supérieur.
L’administration et les groupes de la communauté juive utilisent le droit pour faire pression sur les universités au nom des étudiants juifs. Des groupes pro-palestiniens ont également saisi les tribunaux pour le compte d’étudiants et professeurs militants. Certaines universités, comme George Washington ou Columbia, sont malmenées.
L’Université George Washington est une université privée qui compte 25 000 étudiants et est implantée à un kilomètre environ de la Maison Blanche.
la Communauté du Times of Israël !







