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Mandelblit dit ne pas se souvenir s’il avait averti Netanyahu des soupçons de corruption

L’ex-procureur général admet une formulation "ambiguë" pour élargir l’enquête ; la défense l’accuse d’avoir voulu inculper le Premier ministre pour "sauver la démocratie"

Jeremy Sharon est le correspondant du Times of Israel chargé des affaires juridiques et des implantations.

L’ancien procureur général Avichai Mandelblit témoigne lors du procès pour corruption du Premier ministre Benjamin Netanyahu devant le tribunal de district de Jérusalem, le 20 octobre 2026. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)
L’ancien procureur général Avichai Mandelblit témoigne lors du procès pour corruption du Premier ministre Benjamin Netanyahu devant le tribunal de district de Jérusalem, le 20 octobre 2026. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

L’ancien procureur général Avichai Mandelblit a déclaré mardi qu’il ne se souvenait pas si, avant son interrogatoire dans le cadre des enquêtes pénales le visant, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait été informé qu’il était soupçonné de corruption, alors qu’il poursuivait son témoignage lors d’une troisième audience dans le cadre du procès pour corruption du Premier ministre.

Mandelblit, qui a inculpé Netanyahu en 2020, a reconnu mardi, devant le tribunal de district de Jérusalem, que l’avertissement adressé au Premier ministre en 2018 avait été formulé de manière « ambiguë » afin de permettre aux enquêteurs de mener des investigations plus larges.

Interrogé par Amit Hadad, l’avocat de Netanyahu, sur la nature précise de l’infraction pour laquelle il avait autorisé le ministère public à enquêter dans l’affaire 4000, au regard des termes de l’avertissement adressé au Premier ministre, Mandelblit a reconnu ne pas se souvenir « si l’avertissement portait sur des faits de corruption ».

« Selon vous, sur quoi le parquet enquêtait-il ? », lui a alors demandé le juge Moshe Bar Am.

Mandelblit a répondu qu’il avait peut-être « demandé d’enquêter sur lui pour des infractions relevant de manquements à la déontologie ».

Hadad a contesté cette affirmation, précisant que l’expression « infractions relevant de manquements à la déontologie » ne figurait dans aucun des procès-verbaux des réunions entre Mandelblit et le parquet.

Interrogé plus en détail sur la question, Mandelblit a déclaré que le texte de l’avertissement adressé à Netanyahu avait été rédigé en des termes « ambigus », ce qui a conduit le juge Bar Am à lui demander s’il estimait « approprié de recourir à une formulation ambiguë dans des affaires concernant le Premier ministre ».

Les avocats Jack Chen et Amit Hadad arrivent pour une audience du procès pour corruption du Premier ministre Benjamin Netanyahu devant le tribunal de district de Jérusalem, le 20 octobre 2026. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

Mandelblit a répondu qu’il avait voulu que les termes de l’avertissement se situent « quelque part entre la corruption et l’abus de confiance », ajoutant qu’ils correspondaient davantage à l’abus de confiance, tout en restant suffisamment ambigus pour permettre d’enquêter sur d’autres infractions.

Les termes de cet avertissement revêtent une importance particulière. Si Netanyahu n’a jamais été informé qu’il était soupçonné de corruption avant d’être poursuivi de ce chef, il n’a pas eu la possibilité de se défendre équitablement contre cette accusation au cours de l’enquête, avant son inculpation.

Dans l’affaire 4000, Netanyahu est accusé d’avoir accepté un pot-de-vin sous la forme d’une modification de la couverture médiatique en sa faveur sur le site d’information Walla, en contrepartie de décisions réglementaires bénéficiant à Shaul Elovitch, propriétaire de Walla et actionnaire majoritaire de Bezeq. L’acte d’accusation fait état de 315 cas présumés d’ingérence dans la couverture médiatique, bien que nombre d’entre eux aient été discrédités lors du témoignage de Netanyahu.

Mandelblit a également inculpé Netanyahu de fraude et d’abus de confiance dans les affaires distinctes 1000 et 2000.

Netanyahu nie catégoriquement avoir commis la moindre infraction et affirme que les accusations portées contre lui ont été fabriquées de toutes pièces par ses adversaires politiques dans le cadre d’une tentative de coup d’État.

La défense accuse Mandelblit d’avoir voulu inculper Netanyahu pour « sauver la démocratie »

Hadad a également interrogé Mandelblit sur des propos qu’il aurait tenus à la procureure Yehudit Tirosh, laissant entendre qu’il accordait une importance politique à l’inculpation du Premier ministre.

La procureure Yehudit Tirosh arrive pour une audience du procès pour corruption du Premier ministre Benjamin Netanyahu devant le tribunal de district de Jérusalem, le 20 octobre 2026. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

« Avez-vous dit à la procureure Yehudit Tirosh que Netanyahu allait provoquer un changement de régime, comme en Hongrie et en Pologne, et lui avez-vous demandé si elle préférait participer à une affaire qui sauverait la démocratie ou être procureure sous une dictature ? », a demandé Hadad à Mandelblit.

Tirosh, présente à l’audience en qualité de procureure, s’est vivement opposée à cette question, soutenant que les motivations du procureur général n’entraient pas dans le champ du procès de Netanyahu et que cette procédure n’était ni « une procédure administrative » ni une « commission d’enquête sur le ministère public ».

À l’issue d’un long délibéré à huis clos, les juges ont demandé à Hadad de préciser l’origine de la citation, avant de décider que Mandelblit n’était pas tenu d’y répondre dans l’immédiat. Ils se prononceront ultérieurement sur la recevabilité de la question.

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