Médecins Sans Frontières « indignée » après la mort d’un 15e membre de son personnel à Gaza
L'armée enquête sur l'incident et dit que la frappe visait un membre du Hamas ; 4 personnes tuées sur une distribution d'aide dans le sud de Gaza, au moins 8 morts lors d'une frappe à Gaza-City
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Dimanche, l’organisation humanitaire Médecins Sans Frontières (MSF) a fait part de sa tristesse et de son indignation après la mort de l’un de ses collègues à Gaza, alors que les frappes israéliennes continuaient de s’abattre sur l’enclave, et alors même que les négociateurs s’apprêtaient à entamer des pourparlers sur le plan du président américain Donald Trump visant à mettre fin à la guerre.
Abed El Hameed Qaradaya, 43 ans, a succombé jeudi à ses blessures, des blessures causées par des éclats d’obus au cours d’une attaque qui a coûté la vie à son collègue de MSF, Omar Hayek, et blessé plusieurs autres personnes, a fait savoir l’organisation.
Cette attaque avait été menée par l’armée israélienne, a affirmé MSF, précisant que ses personnels attendaient le bus qui les emmènerait à l’hôpital de campagne qui était alors celui de l’organisation, et que tous portaient des gilets MSF.
Interrogée par le Times of Israel, l’armée israélienne a déclaré que la frappe du 2 octobre visait un membre du Hamas qui se trouvait dans le centre de Gaza.
« Nous avons reçu des informations selon lesquelles un employé palestinien d’une organisation internationale aurait été tué et plusieurs autres employés locaux blessés », a rapporté l’armée, ajoutant que « les détails de l’incident font actuellement l’objet d’une enquête ».
L’armée israélienne a dit avoir pris des mesures pour limiter les dommages causés aux civils lors de cette frappe, tout en soulignant que le Hamas « s’intègre parmi les civils, et les utilise comme autant de boucliers humains, à des fins terroristes ».
It is with profound sorrow and outrage that we confirm the death of our colleague Abed El Hameed Qaradaya. https://t.co/XxUOPKHr3I
— MSF International (@MSF) October 5, 2025
El Hameed est le 15e membre du personnel de MSF – et le troisième en moins de 20 jours – tué au cours de ce conflit qui dure depuis près de deux ans.
« Il laisse un vide immense. Sa perte a un impact tragique sur ses proches, MSF et le système de santé à Gaza », a indiqué cette ONG basée à Genève dans un communiqué.
« Abed El Hameed, 18 ans durant, a été un pilier du service de kinésithérapie de MSF à Gaza. C’était un spécialiste unique, aux compétences inestimables, tant en kinésithérapie qu’en ergothérapie. »
Selon MSF, Abed El Hameed avait en outre utilisé son esprit novateur, adaptant des outils et pilotant notamment la création d’un service de kinésithérapie 3D.
« Nous sommes profondément attristés et indignés par la perte de nos collègues – qui nous rappelle cruellement le mépris total pour la vie des civils et la dignité humaine », a déploré le communiqué.
En juin 2024, un autre membre du personnel de MSF, Fadi al-Wadiya, avait été tué lors d’une frappe de l’armée israélienne, qui avait alors déclaré que l’homme était un membre du Jihad islamique, impliqué dans le développement des missiles du groupe terroriste. MSF avait nié cette accusation. L’armée israélienne avait alors publié une photo de Wadiya vêtu d’un uniforme du JIP.
Dimanche, par ailleurs, l’armée israélienne a publié des images montrant des armes qui, selon elle, auraient été abandonnées par des membres du Hamas dans un jardin d’enfants et dans une école de Gaza-City.
« La semaine dernière, des soldats israéliens ont repéré des terroristes du Hamas qui s’enfuyaient d’un jardin d’enfants à al-Shati, à Gaza-City. Les soldats ont ensuite trouvé un engin explosif et un fusil AK-47 à l’intérieur des locaux du jardin d’enfants », a fait savoir l’armée dans un message en anglais sur son compte X.
Dans une autre publication, le porte-parole international de l’armée israélienne, le lieutenant-colonel Nadav Shoshani, a posté une photo montrant des uniformes, du matériel militaire et un drapeau du Hamas dans une salle de classe, accompagnée de la légende suivante : « Ces armes ont été découvertes il y a quelques jours dans une école de Gaza, un lieu destiné à l’apprentissage et non à la terreur. »
Aucun de ces deux établissements n’a probablement été actif pendant la guerre.
❗️These weapons were discovered in a school in Gaza a few days ago ; a place meant for learning, not terror.
Once again, Hamas weaponizes civilian infrastructure, turning schools meant to protect children into tools of terror. pic.twitter.com/7L8Q5SBAqJ
— LTC Nadav Shoshani (@LTC_Shoshani) October 5, 2025
L’armée israélienne a accusé à plusieurs reprises le Hamas d’utiliser des sites civils, notamment des écoles, des mosquées et des hôpitaux, à des fins terroristes. Elle a relayé de nombreuses images illustrant comment le groupe terroriste a creusé des tunnels et installé des dépôts d’armes dans ces installations.
Pendant la guerre, l’armée israélienne a également utilisé des écoles à Gaza comme camps temporaires pour ses soldats.
Dimanche toujours, des avions et des chars ont pilonné plusieurs zones de la bande de Gaza, alors que l’armée israélienne avait, la veille, limité ses opérations à des actions purement défensives.
Samedi, Tsahal a en effet reçu l’ordre de suspendre ses opérations offensives à Gaza-City, alors que Trump faisait pression pour mettre fin à la guerre dans l’enclave. L’armée s’est donc cantonnée à des opérations défensives, agissant uniquement contre ceux qu’elle considérait comme une menace pour ses soldats.
Selon les autorités de santé locales liées au Hamas, au moins 19 personnes ont été tuées dimanche dans toute la bande de Gaza.
Quatre de ces victimes ont été abattues près d’un site de distribution d’aide humanitaire, dans la ville méridionale de Rafah, a fait savoir l’hôpital Nasser. L’armée israélienne a affirmé ne pas être impliquée.
Au moins huit autres personnes ont été tuées lors de frappes distinctes à Gaza-City, selon l’hôpital Shifa, qui a accueilli les victimes. Un responsable de la sécurité, qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat, n’étant pas autorisé à parler aux médias, a indiqué que les frappes visaient des tireurs du Hamas, qui constituaient une menace pour les soldats.
Ces chiffres n’ont pas pu faire l’objet d’une vérification indépendante.
D’après le ministère de la Santé de Gaza administré par le Hamas, plus de 67 000 personnes ont été tuées ou sont présumées mortes dans les combats jusqu’à présent. Ces chiffres sont toutefois invérifiables, et ne font pas la distinction entre civils et hommes armés. Israël a annoncé en août avoir tué plus de 22 000 terroristes au combat, auxquels viennent s’ajouter les 1 600 autres abattus sur le sol israélien lors de l’attaque du 7 octobre.
Côté israélien, le bilan de l’offensive terrestre contre le Hamas à Gaza et des opérations militaires le long de la frontière avec l’enclave côtière s’élève à 471 morts, parmi lesquels deux policiers et trois contractuels civils du ministère de la Défense.
la Communauté du Times of Israël !







