Montpellier inaugure une stèle en mémoire des juifs de l’Hérault victimes de la Shoah
Pour la première fois dans l’espace public de Montpellier, une stèle a été dévoilée sur la place de la Légion d’Honneur, rendant hommage aux juifs de l’Hérault persécutés et assassinés par le régime nazi
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées
Le 30 novembre, Montpellier a inauguré une stèle en bordure de la place de la Légion d’Honneur, un hommage qui répare une absence historique dans l’espace public de la ville.
Michaël Iancu, de l’Institut Maïmonide, a salué l’événement : « Montpellier au rendez-vous de l’Histoire avec la grande Histoire », tandis que Haïm Korsia, grand rabbin de France, rappelait que « le nom est une trace qui ne s’efface pas » cité par Midi-Libre.
Le maire, Michaël Delafosse, avait quant à lui insisté sur la nécessité de « rappeler l’indicible », et Véronique Martin Saint-Léon, secrétaire générale de la préfecture, a souligné « l’engagement de notre République à ne jamais oublier ».
L’inauguration a été marquée par un moment solennel et unanime, offrant pour la première fois un éclairage direct sur les juifs de l’Hérault, « des femmes, des hommes, des bébés », persécutés, « ramassés » puis brisés et annihilés par le système concentrationnaire nazi. Michaël Iancu a rappelé le courage de nombreux Héraultais et Montpelliérains qui ont tout fait pour protéger le plus grand nombre de la barbarie de l’occupant. Cinquante-quatre d’entre eux ont été reconnus comme Justes parmi les nations par Israël, mais combien d’autres ont œuvré dans l’ombre, refusant de se plier à l’influence vichyste ?
La stèle permet désormais de garder en mémoire chacun des noms gravés : « Quand nous passerons devant, ils nous interrogeront : ‘Qu’est-ce que vous avez fait de nos rêves ?’ », a souligné Michaël Iancu. Pour la ville, ce monument incarne « une ville qui se souvient de sa part d‘ombre », rappelant à tous l’importance de la mémoire collective et du devoir de vigilance.
Depuis décembre 2024, le parvis de l’université Paul-Valéry de Montpellier porte également le nom de l’historien et résistant juif Marc Bloch, une décision qui permet à la mairie de réparer l’injustice antisémite dont l’homme avait été victime dans cette même université. En 1941, alors qu’il était enseignant à la faculté d’histoire de l’université de Strasbourg, Marc Bloch avait demandé sa mutation à Montpellier pour accompagner son épouse malade. Il dut d’abord se confronter à l’antisémitisme du doyen de la faculté de Lettres, qui tenta d’empêcher sa nomination. Bloch intégra finalement l’université, mais l’accès à la bibliothèque lui fut interdit parce que juif. Il quitta Montpellier pour s’engager dans la Résistance avant d’être arrêté et fusillé par la Gestapo le 16 juin 1944.
« Le passage de Marc Bloch à Montpellier n’est pas un épisode si glorieux dans notre histoire », a admis Anne Fraïsse, présidente de l’université Paul-Valéry. « Il est finalement bon que nous ayons cette mémoire-là pour montrer que quand on cède à une pensée comme l’antisémitisme, le racisme… ce n’est jamais bon ».
Le maire socialiste Michaël Delafosse a ajouté : « La mémoire doit aussi s’apaiser. Ce n’est finalement que justice que ce parvis porte son nom ». L’université considère aujourd’hui le combat de Marc Bloch comme incarnant des « valeurs fondamentales pour notre université : humanisme, engagement et transmission des savoirs ».
Le 23 novembre 2024, le président Emmanuel Macron a annoncé que Marc Bloch entrera le 16 juin prochain au Panthéon pour honorer son « courage » et sa « lucidité » durant l’occupation nazie.
Quelques jours avant l’inauguration du parvis Marc Bloch, le 25 novembre, le maire avait également présidé l’inauguration d’un nouveau centre dans le quartier populaire de Mosson, portant le nom de Gisèle Halimi. L’avocate juive est une référence des luttes féministes, notamment pour la légalisation de l’avortement, et des droits humains. Ce nouvel espace comprend un incubateur d’entreprises, un centre d’examen de santé, un fablab solidaire, un restaurant d’insertion, une mission locale jeune et un centre de formation.
Avec ces initiatives, Montpellier poursuit sa démarche de reconnaissance et de mémoire, associant hommage aux victimes, valorisation de figures historiques et engagement citoyen pour les générations futures.
la Communauté du Times of Israël !








