Municipales : au RN, encore des « brebis galeuses » et toujours pas de remède
Sébastien Chenu, vice-président du parti, a toutefois affirmé que si un candidat "n'est pas sur notre ligne, on en tire les conséquences et on l'exclut", estimant que sa formation politique "n'attire pas plus de dingues que d'autres"
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Épinglé pour ses « brebis galeuses » aux dernières législatives, le Rassemblement national se savait scruté à la loupe pour les municipales. Pourtant des profils problématiques sont à nouveau pointés, et certains écartés au nom d’une doctrine se voulant intransigeante, mais appliquée au cas par cas.
Dernier exemple en date : la tête de liste désignée à Carpentras, Christian Richaud-Simoni, s’est vu retirer son investiture mercredi pour une série de tweets sexistes et racistes remontant à 2017, exhumés par le journal Libération.
Entre autres : la députée LFI Danièle Obono invitée à « retourne(r) avec les bonobos de son pays », l’acteur Omar Sy à « la bouche plus grande que la tête » intimé de « s’occupe(r) de ses chèvres », ou encore « les musulmans » qualifiés de « moutons soldats qui attendent leur heure ».
Des messages « en totale contradiction avec les valeurs et le projet portés par le RN », a souligné la fédération du Vaucluse dans un communiqué, ajoutant que le fautif a été « suspendu dans l’attente d’être convoqué devant (les) instances disciplinaires du parti ».
A moins de six semaines du premier tour des municipales, l’affaire est du plus mauvais effet, surtout dans cette ville emblématique de la diabolisation du parti à la flamme – accusé à tort d’avoir inspiré par ses discours la profanation du cimetière juif en 1990.
Mais pour son actuel vice-président Sébastien Chenu, la sanction immédiate démontre que le RN « est un parti politique responsable », qui sait réagir « quand le problème est détecté ».
Si un candidat « n’est pas sur notre ligne, on en tire les conséquences et on l’exclut », a insisté le député du Nord jeudi sur France Inter, tout en assurant que sa formation politique « n’attire pas plus de dingues que d’autres ».
Certains se distinguent toutefois, à l’instar de Jean-René Garinaud, déchu mi-janvier de son investiture à Condat-sur-Vienne après la révélation par Libération d’un tweet de 2022 attribuant le massacre d’Oradour-sur-Glane (en 1944) à des « Ukrainiens nazifiés » – contre toute évidence historique.
Parfois, le parti n’a même pas à sévir : mis en cause par Mediapart pour un selfie datant de 2024 avec le polémiste Dieudonné – multicondamné pour injures antisémites et incitation à la haine – Romain Le Goaster a décidé de lui-même de se retirer de la course à Saint-Malo fin décembre.
« Épluchés, lasérisés »
A l’inverse, quelques candidats font fi de la pression médiatique. Comme Quentin Macullo à Belfort, en dépit de la divulgation (par Mediapart) de son décompte en 2022 des « 72% de prénoms à consonance étrangère » parmi les naissances dans sa commune, alors qu’il n’avait « même pas compté Elie et Samuel, d’origine hébraïque ».
Pour défendre le jeune assistant parlementaire de son collègue Guillaume Bigot, le député Jean-Philippe Tanguy a affirmé la semaine dernière sur franceinfo que « en soi, ce message n’est pas raciste ou antisémite », et qu’après vérification « il s’est avéré que c’était pas l’intention ».
« Une maladresse ou une connerie, ça existe aussi », a justifié le bras droit de Marine Le Pen à l’Assemblée, pour qui « à partir du moment où il s’excuse (…) on considère que ça va dans le bon sens ». En revanche, « quand il y a des erreurs de casting, ça dégage tout de suite », a assuré l’élu de la Somme.
Cette fermeté affichée devait en principe désamorcer les polémiques, après les dizaines de « brebis galeuses » dont les propos racistes et antisémites avaient coûté cher au RN lors des législatives anticipées de l’été 2024. Depuis, son état-major assurait s’être organisé pour passer au crible les réseaux sociaux.
Mais le tamis n’est pas infaillible, surtout quand il faut « accueill(ir) en l’espace de quelques semaines 20 000 à 30 000 candidats » aux municipales, une aubaine pour « des gens qui viennent se greffer de manière ultra-minoritaire », faisait valoir Jordan Bardella en début d’année.
Exprimant son « sentiment d’être les seuls à faire ce ménage », le président du RN avait profité de ses voeux à la presse pour déplorer que les autres mouvements ne soient pas pareillement « épluchés, lasérisés, mis à nu sur la place publique ». Des candidats PS en Dordogne et LFI dans l’Aube avaient alors déjà été épinglés pour des messages antisémites.
Aux médias qui ont fait profession de le surveiller, Bardella avait aussi reproché d’inclure dans les « brebis galeuses » tout « candidat opposé à l’immigration massive », au risque de se retrouver avec « un très grand troupeau ».
la Communauté du Times of Israël !







