Municipales : Pour Carole Delga, toute alliance avec LFI serait un « déshonneur »
Pour la cheffe socialiste, sans rupture claire et définitive avec La France insoumise, "c'est le reniement de notre histoire, de Jaurès, de Blum, de Mitterrand, de nos engagements"
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Dans un entretien accordé à La Tribune dimanche, la présidente socialiste de la région Occitanie, Carole Delga, estime qu’une alliance avec le parti d’extrême-gauche La France insoumise aux élections municipales serait un « déshonneur » et un « reniement ».
« Je demande une fois de plus à la direction du Parti socialiste une rupture claire et définitive avec La France insoumise. Sinon, c’est le reniement de notre histoire, de Jaurès, de Blum, de Mitterrand, de nos engagements », affirme Delga.
Pour cette opposante de longue date à tout accord avec le parti de Jean-Luc Mélenchon, « si, au soir du premier tour des municipales, il y a une union avec La France insoumise, dans quelque ville que ce soit, je rappellerai aux socialistes le reniement que cela signifie ».
« Nous ne partageons pas la vision de LFI sur le vivre-ensemble, sur la République, sur la laïcité… , etc. Je suis une femme de gauche qui pense qu’il faut réparer les injustices en rassemblant, pas en déclamant ou en antagonisant davantage la société », a-t-elle poursuivi.
Les Insoumis, et Jean-Luc Mélenchon en particulier, sont dans l’œil du cyclone depuis deux semaines, après la mort du militant d’extrême droite radicale Quentin Ranque. Plusieurs membres du mouvement antifasciste Jeune Garde, proche de LFI, sont mis en examen dans cette affaire. Parallèlement, Mélenchon est de nouveau accusé d’antisémitisme après avoir ironisé sur la prononciation du nom du criminel sexuel américain Jeffrey Epstein.
Dans ce contexte, les partenaires politiques de LFI affichent leurs distances, même si le PS n’exclut pas des alliances « au cas par cas » dans certaines villes.
La question se pose notamment à Toulouse, où le candidat socialiste François Briançon pourrait faire basculer la ville au second tour, à condition de rallier les voix du candidat insoumis François Piquemal.
Un scénario que Delga écarte : « J’ai trop de respect pour les Français, les électeurs et les militants. Je ne gagnerai jamais au prix du déshonneur. Ce sera sans moi », a-t-elle promis.
Pour autant, elle ne balaye pas l’hypothèse de désistements, y compris en faveur de LFI, si des municipalités pouvaient être emportées par le Rassemblement national.
« S’il existe un risque de victoire du RN, alors il faudra se retirer, mais sans fusion. Je ne cesserai jamais de lutter contre l’extrême droite, mais je n’accepterai pas non plus que mon parti s’allie à La France insoumise », a-t-elle précisé.
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