New York : Le candidat républicain sortant et sa rivale démocrate se disputent les votes juifs pour la Chambre des représentants
Alors que les sondages donnent les candidats au coude à coude, le républicain Mike Lawler tente d'associer sa rivale Cait Conley à Mamdani, tandis qu'elle l'accuse d'être à la botte de Trump
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New York Jewish Week via JTA — Les deux candidats rivaux engagés dans la course très disputée pour la 17e circonscription de New York tentent activement de séduire l’électorat juif, chacun cherchant à se présenter comme un défenseur d’Israël et un rempart contre l’antisémitisme.
Le représentant républicain sortant Mike Lawler, qui a déjà effectué deux mandats, et sa rivale démocrate Cait Conley sont au coude à coude dans les sondages dans une élection dont l’issue pourrait déterminer quel parti contrôlera la Chambre des représentants au cours des deux dernières années du second mandat du président Donald Trump.
Le maintien de la majorité républicaine au Congrès offrirait à Trump un contexte plus favorable pour faire avancer son programme législatif. Une majorité démocrate à la Chambre donnerait à l’opposition le contrôle des commissions parlementaires et de leurs pouvoirs d’enquête.
La circonscription NY-17 couvre les comtés de Putnam et de Rockland, ainsi que certaines parties des comtés de Westchester et de Dutchess. Selon une étude de 2024 qui avait été commanditée par le Jewish Electorate Institute, près de 19 % des habitants de la circonscription sont juifs.
Chacun des deux candidats tente d’associer l’autre à des figures polarisantes de leur parti respectif. Lawler affirme que Conley refuse de se démarquer du maire de New York, Zohran Mamdani, et de l’aile toujours plus progressiste du Parti démocrate. Conley accuse quant à elle Lawler d’être un simple pion au service des priorités législatives de Trump.
Pour l’emporter, Conley devra non seulement convaincre les électeurs juifs qu’elle est une alliée indéfectible d’Israël et qu’elle est déterminée à protéger la communauté juive contre l’antisémitisme, mais aussi qu’elle est capable de prendre ses distances par rapport à l’aile gauche du Parti démocrate et aux membres des Democratic Socialists of America, à l’instar de Mamdani et d’autres personnalités qui ont largement critiqué Israël.
Cette situation s’explique notamment par le fait que la plupart des juifs orthodoxes, un électorat majeur du comté de Rockland, se déclarent républicains ou penchent en faveur des républicains, ainsi que l’a révélé un sondage national réalisé en 2020 par le Pew Research Center. Une autre raison est liée au résultat d’un sondage mené en septembre par le Jewish Electorate Institute, selon lequel 57 % des électeurs juifs estiment que l’antisémitisme est en hausse au sein du Parti démocrate, même si quelque 70 % d’entre eux soutiennent cette formation. Ce même sondage national a montré que 60 % estimaient que l’antisémitisme gagnait du terrain au sein du Parti républicain.
Lorsque les deux candidats se sont affrontés lors d’un débat télévisé organisé par PIX11 dans la soirée de mercredi, Lawler a évoqué la déclaration du maire de New York pour le 7-Octobre, dans laquelle celui-ci avait rendu hommage aux personnes tuées et enlevées à l’occasion du troisième anniversaire du pogrom perpétré par le groupe terroriste Hamas, pour ensuite accuser Israël de génocide à Gaza et affirmer que l’argent des contribuables américains finançait des crimes de guerre.
Lawler, soulignant que Conley avait refusé à plusieurs reprises de condamner Mamdani lors de leur précédent débat, a affirmé que le maire avait tenu « le 7-Octobre les propos antisémites les plus ignobles, en rendant les Juifs responsables du massacre dont ils ont été victimes ce jour-là ». Se tournant vers Conley, Lawler a lancé : « Condamnez-vous la récente déclaration de Zohran Mamdani du 7-Octobre, qui mettait les Juifs en cause ? »
« Oui, je condamne la déclaration de Mamdani du 7-Octobre, un jour que nous devrions consacrer à rendre hommage aux victimes et à pleurer les pertes humaines, qui sont les plus importantes subies par notre communauté juive depuis la Shoah », a-t-elle répondu. « Je condamne l’antisémitisme, quelle que soit la partie ou la personne qui en est l’auteur. »
Les deux candidats se sont par ailleurs clairement prononcés en faveur d’Israël. Le modérateur du débat, Dan Mannarino, leur a demandé si l’argent des contribuables américains devait continuer à servir « à financer des armes offensives et défensives pour venir en aide à Israël ».
« Israël est notre plus grand allié dans le monde », a répondu Lawler. « Le fait est qu’il s’agit de la seule démocratie du Moyen-Orient. »
Lawler a ensuite accusé le Parti démocrate de faire preuve d’ambivalence à l’égard d’Israël. « Je m’oppose à toute tentative des démocrates et du DSA qui viserait à suspendre le financement du partenariat stratégique entre les États-Unis et Israël. Je m’y opposerai de toutes mes forces », a-t-il déclaré.
Conley a fait écho aux propos de Lawler selon lesquels les États-Unis devaient continuer à financer les armes offensives et défensives destinées à Israël.
« Je crois au droit d’Israël à exister », a-t-elle souligné. « Ce pays est la seule démocratie du Moyen-Orient. C’est un partenaire stratégique pour la sécurité nationale américaine. Je pense que les États-Unis ont la responsabilité de contribuer à garantir la sûreté et la sécurité du peuple israélien. »
Conley a toutefois pris soin de se démarquer de Lawler en affirmant sa volonté de critiquer le gouvernement israélien lorsque cela s’avère justifié. « Je critiquerai également l’administration Netanyahu lorsque j’estimerai que ses actions nuisent aux intérêts d’Israël et des États-Unis », a-t-elle assuré.
Conley a précisé que, malgré le soutien qu’elle a apporté aux frappes militaires menées par l’administration Trump contre des sites liés au programme nucléaire iranien, elle était convaincue que la « conduite irresponsable » de cette guerre avait précipité le pays « dans ce conflit inconsidéré, dépourvu d’objectifs militaires clairs et de stratégie de sortie ».
Lawler a justifié son vote contre les initiatives du Congrès pour mettre fin à la guerre, tout en tentant de lier Conley à la capacité de l’Iran à financer le terrorisme. Il a fait valoir que, pendant que Conley occupait le poste de directrice de la lutte contre le terrorisme au sein du Conseil de sécurité nationale du président Joe Biden, les États-Unis « avaient assoupli les sanctions sur le commerce illicite de pétrole entre la Chine et l’Iran, leur permettant ainsi d’accumuler des centaines de milliards de dollars. C’est cela qui a permis de financer le Hamas, le Hezbollah et les Houthis. C’est cela qui a financé l’attaque terroriste du 7-Octobre. »
Conley, quant à elle, a défendu son bilan. Elle a rappelé que le chef de l’État islamique avait été tué pendant son mandat. Elle a également ajouté que les administrations, tant démocrates que républicaines, envisageaient depuis longtemps de telles attaques contre l’Iran, lesquelles étaient restées sans suite car ces administrations avaient estimé qu’elles menaceraient la sécurité nationale.
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