Otages : Washington aurait communiqué au Hamas les principes d’un accord global
Une proposition d'accord aurait été transmise par Steve Witkoff via le négociateur israélien Gershon Baskin ; les frappes israéliennes se poursuivent, mais l'évacuation de Gaza City reste lente
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Les États-Unis ont communiqué au groupe terroriste Hamas une nouvelle série de principes pour un accord global qui vise à mettre un terme à la guerre à Gaza, a rapporté dimanche la chaîne publique Kan.
Quelques jours plus tôt, Israël avait commencé à frapper des tours résidentielles à Gaza City, des attaques qui ont eu lieu en amont d’une opération majeure qui, selon l’armée israélienne, pourrait durer jusqu’à un an – avec des objectifs qui n’englobent pas une défaite cuisante du Hamas, selon des informations qui ont été diffusées dans la journée de dimanche.
Ce plan de prise de contrôle a suscité des craintes pour les otages qui se trouvent toujours dans la bande. Les familles de deux captifs, apparus vendredi dans une vidéo de propagande du Hamas, ont dit qu’ils pensaient que leurs proches avaient récemment été transférés dans la ville.
Selon le reportage de Kan, les États-Unis ont présenté au Hamas une proposition d’accord ouvrant la porte à la libération des otages qui, si elle n’est pas encore totalement aboutie, définit un ensemble de principes pour les négociations futures.
La chaîne a indiqué que la proposition avait été transmise au groupe terroriste par l’intermédiaire de Gershon Baskin, un négociateur israélien qui a tenu un rôle déterminant dans l’accord qui avait entraîné la libération de Gilad Shalit, un soldat de Tsahal qui avait été capturé par le Hamas en 2011, en échange de 1 027 terroristes palestiniens condamnés pour atteinte à la sécurité nationale.
De son côté, la chaîne d’information N12 a fait savoir que Baskin, qui est en contact avec Ghazi Hamad, haut responsable du Hamas, avait bien reçu la proposition de Steve Witkoff, envoyé spécial du président américain Donald Trump.
Après des mois de négociations en vue d’un accord partiel, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a depuis fait volte-face et il a publiquement annoncé qu’il n’accepterait désormais qu’un accord global prévoyant la libération des 48 otages détenus à Gaza. Netanyahu exige également que le Hamas dépose les armes, que Gaza soit démilitarisée, qu’Israël conserve le contrôle global de la sécurité et que la gouvernance de la bande de Gaza soit confiée à des « forces arabes » non affiliées au Hamas et à l’Autorité palestinienne.
Le groupe terroriste, à la tête de Gaza depuis près de deux décennies, a diffusé samedi une déclaration dans laquelle il « affirme son ouverture à toute idée ou proposition permettant de parvenir à un cessez-le-feu permanent, au retrait complet des forces d’occupation de la bande de Gaza, à l’entrée inconditionnelle de l’aide humanitaire et à un véritable échange de prisonniers grâce à des négociations sérieuses menées par des tiers ».
Des informations antérieures avaient indiqué que le groupe avait envoyé une délégation au Caire pour des pourparlers dans le cadre d’efforts apparemment intensifiés visant à relancer les négociations, et que Witkoff s’était entretenu avec des responsables égyptiens et qataris au sujet d’un éventuel accord.
Après l’annonce qui a été faite par le groupe terroriste, le Forum des familles des otages et des disparus a de nouveau exigé l’envoi immédiat par Netanyahu de négociateurs chargés de discuter d’un accord.
« La déclaration qui a été faite, ce soir, par le Hamas met une fois de plus en évidence la grave myopie du gouvernement israélien. Trois semaines se sont déjà écoulées, et Israël n’a toujours pas répondu à la nouvelle réponse du Hamas aux médiateurs », a noté un communiqué émis par le Forum.
Le groupe terroriste avait expliqué, le mois dernier, qu’il était prêt à accepter une proposition de trêve de 60 jours, avec la libération d’environ la moitié des otages, en conformité avec les conditions qui avaient été précédemment acceptées par Israël – une offre à laquelle Jérusalem n’a toujours pas apporté de réponse, préférant poursuivre ses plans d’offensive militaire à grande échelle à Gaza City. Le Hamas a également dit qu’il était ouvert à un accord global qui mettrait fin à la guerre et qui ouvrirait la porte à la remise en liberté de tous les otages.
Le Forum a accusé Netanyahu de refuser l’accord pour des raisons politiques, perpétuant « une guerre sans fin dont le but est de préserver la coalition ».
« Nous exigeons que le gouvernement israélien accepte l’accord qui se trouve actuellement sur la table — accord auquel le Hamas a déjà répondu positivement — et que le pays entame immédiatement des négociations en vue d’un accord global pour ramener tout le monde, jusqu’au dernier otage », poursuit le communiqué.
Seule une fraction des civils de Gaza City aurait été évacuée
Les nouveaux efforts livrés pour parvenir à un accord ont coïncidé avec le lancement, par les forces israéliennes, des premières phases d’une opération dont l’objectif est de prendre le contrôle de Gaza City, qui se trouve dans le nord de la bande de Gaza – une zone densément peuplée où se sont réfugiés environ un million d’habitants et qui comprend des quartiers où les soldats de Tsahal ont jusqu’à présent évité de combattre, afin de ne pas nuire aux otages qui y seraient détenus.
Au cours du week-end, l’armée de l’air israélienne a pilonné plusieurs immeubles de grande hauteur à Gaza après avoir émis des avertissements d’évacuation, affirmant que les bombardements ont pris pour cible des endroits utilisés pour surveiller ou tirer sur les troupes.
Ces frappes ont également visé à inciter la population locale à prendre au sérieux les avertissements d’évacuation, a rapporté la chaîne N12. Selon les estimations des militaires, seulement environ 90 000 habitants ont quitté la ville jusqu’à présent, a signalé la chaîne – ajoutant que ce nombre n’était pas suffisant aux yeux des responsables de la sécurité, qui pourraient décider d’intensifier les attaques contre les grands bâtiments dans les jours à venir.
Pendant ce temps, dans le sud de la bande de Gaza, où les résidents de Gaza City ont été invités à se réfugier, une nouvelle zone humanitaire où les habitants ont pu trouver de quoi se nourrir et des services médicaux a été ouverte dans la région de Khan Younès.
Si Tsahal a exigé l’évacuation massive des civils afin de pouvoir poursuivre les combats, l’armée israélienne s’attend également, selon le site d’information Ynet, à ce que quelque 10 000 terroristes du Hamas s’échappent de la zone de combat parmi les masses de civils se déplaçant vers le sud, comme cela s’était produit lors des évacuations précédentes.
Selon le reportage de la chaîne, les forces de sécurité ont envisagé de contrôler toutes les personnes qui quittent le secteur afin de pouvoir appréhender le plus grand nombre possible d’hommes armés. Mais en plus des difficultés rencontrées pour parvenir à réellement les identifier, Tsahal craint également d’exposer les soldats, ainsi que les civils gazaouis, à d’éventuelles attaques.
Les familles des otages affirment que les captifs ont récemment été transférés à Gaza
Si les terroristes du Hamas devraient fuir vers le sud, Ynet a fait savoir que les hauts responsables militaires craignaient que le groupe ne fasse passer clandestinement des otages vivants dans la zone de combat, afin de les mettre en danger ou de dissuader Israël de poursuivre son plan de conquête.
Les familles des otages Alon Ohel et Guy Gilboa-Dalal, qui sont apparus dans une vidéo de propagande qui a été diffusée vendredi par le groupe terroriste, pensent que les deux hommes ont récemment été transférés à Gaza City, d’après des informations qui ont été recueillies auprès d’anciens otages détenus avec eux, a affirmé la chaîne N12.
Les responsables de la sécurité ont averti en privé ou sous couvert d’anonymat auprès des médias que l’opération prévue à Gaza mettrait en danger les otages restants. Une vingtaine d’entre eux seulement seraient encore en vie, sur les 48 qui se trouvent toujours dans les geôles des organisations terroristes dans la bande de Gaza.
Le chef d’état-major de l’armée israélienne, le général Eyal Zamir, aurait exhorté Netanyahu et le cabinet de sécurité à accepter l’accord partiel qui est déjà sur la table et que le Hamas a déclaré approuver.
La proposition acceptée par le groupe terroriste prévoit la libération de 10 captifs vivants et la restitution des corps sans vie de 18 otages décédés en échange de la remise en liberté de centaines de prisonniers palestiniens incarcérés en Israël pour atteinte à la sécurité nationale et d’un millier de détenus gazaouis dans le cadre d’un cessez-le-feu de 60 jours – une période pendant laquelle des pourparlers seraient menés en vue de la libération des otages restants et de la fin définitive de la guerre.
L’armée israélienne aurait averti le gouvernement que l’opération mettait en danger les otages
Zamir aurait également averti les hauts responsables politiques que l’armée israélienne ne pouvait prédire avec certitude comment le Hamas se comporterait envers les otages pendant l’offensive menée à Gaza City et qu’il pourrait persister dans sa politique consistant à tuer les otages lorsque les soldats sont à l’approche du lieu où ils sont maintenus en détention – ce qui s’était déjà produit l’été dernier.
Le chef d’état-major aurait également exigé que les dirigeants politiques décident à l’avance de la suite à donner à l’offensive, avertissant qu’Israël s’achemine vers un gouvernement militaire à part entière dans la bande de Gaza sans jamais l’avoir déclaré comme telle.
Zamir a toutefois déterminé que l’ordre de conquérir la ville était légal et qu’il ne s’opposerait donc pas à la décision politique, malgré son opposition personnelle, selon N12.
Alors que ces questions stratégiques se posent avec insistance, des responsables militaires dont les propos ont été cités par les médias israéliens, ce week-end, ont affirmé que l’objectif de l’opération imminente n’est pas de vaincre le Hamas mais simplement de détruire gravement ses infrastructures – comme cela avait été le cas dans le cadre des actions menées dans le nord de Rafah et dans certaines parties de Khan Younès, au cours des derniers mois.
L’offensive pourrait durer un an
Le processus de prise de contrôle de la ville en surface pourrait être rapide, selon les informations, qui ont déterminé que Tsahal avait évalué que ces raids pourraient durer une semaine ou deux. La partie la plus difficile sera toutefois de localiser et de détruire les infrastructures du Hamas, notamment les kilomètres de tunnels qui ont été creusés sous la ville, des souterrains où pourraient se trouver certains otages.
Selon Ynet, Zamir a estimé que ce démantèlement pourrait prendre plusieurs mois, voire environ un an. Après Gaza City, l’armée israélienne pourrait poursuivre son offensive dans certaines parties du centre de la bande où elle ne s’était pas aventurée afin d’éviter de porter atteinte aux otages.
Les médias israéliens ont indiqué que Tsahal se préparait à l’éventualité que le Hamas concentre ses efforts sur les forces moins nombreuses dans le centre et dans le sud de l’enclave – alors que Tsahal, de son côté, va se focaliser sur Gaza City. Des informations ont également fait état de craintes que le Hamas n’attaque le long de la barrière frontalière, dans le but de déjouer, ou tout du moins de perturber, le plan de prise de contrôle.
Deux roquettes tirées sur Israël depuis Gaza ; aucun blessé
Dimanche matin, deux roquettes ont été tirées sur Israël depuis Gaza, le premier incident de ce type depuis environ trois semaines.
Selon l’armée israélienne, une roquette a été interceptée et la seconde est retombée dans un champ. Aucun blessé n’a été signalé.
Le groupe terroriste du Jihad islamique palestinien, allié du Hamas dans la guerre contre Israël, a revendiqué l’attaque.
La guerre à Gaza avait commencé le 7 octobre 2023, lorsque des milliers de terroristes placés sous la direction du Hamas avaient envahi Israël, massacrant plus de 1 200 personnes et prenant 251 otages.
Le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, affirme que plus de 64 000 personnes ont été tuées ou sont présumées mortes dans les combats qui ont déchiré l’enclave côtière jusqu’à présent, un bilan invérifiable et qui ne fait aucune distinction entre civils et hommes armés. De son côté, Israël a fait savoir, en août, que les soldats avaient tué plus de 22 000 terroristes au combat, en plus de 1 600 hommes armés supplémentaires sur le sol israélien au cours du pogrom du 7 octobre.
Israël note chercher à minimiser les pertes civiles et souligne que le Hamas utilise les civils de Gaza comme autant de boucliers humains, lançant ses attaques depuis des zones civiles, notamment depuis des habitations,des hôpitaux, des écoles et des mosquées.
Le bilan israélien de l’offensive terrestre contre le Hamas à Gaza et des opérations militaires le long de la frontière avec la bande de Gaza s’élève à 460 morts.
Les groupes terroristes de la bande de Gaza détiennent 48 otages, dont 47 des 251 personnes qui avaient été kidnappées par les terroristes du Hamas, le 7 octobre 2023. Parmi eux figurent les corps sans vie d’au moins 26 personnes dont la mort a été confirmée par l’armée israélienne. Vingt d’entre eux seraient encore vivants et le sort réservé à deux captifs suscite de vives inquiétudes, ont confié des responsables israéliens.
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