Qatar: l’incapacité du Hamas à rendre les 2 derniers otages ne doit pas « entraver » l’avancée du plan pour Gaza
Le Forum des otages dénonce les propos du porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères : pour eux, "le retour des otages est au cœur de cet accord" formulé par Trump pour Gaza
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Un porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères a déclaré que la question des deux otages décédés dont les corps sans vie se trouvent toujours à Gaza ne devrait pas être considérée comme un motif pour retarder la deuxième phase de l’accord de paix du président américain Donald Trump.
Ces propos de Doha, médiateur clé dans l’élaboration du cessez-le-feu, ont suscité une vive réaction de la part de l’organisation représentant les familles des otages. Ils interviennent alors que les efforts pour localiser les corps des deux otages tués, le policier Ran Gvili et le ressortissant thaïlandais Sudthisak Rinthalak, se poursuivent, près de deux mois après l’entrée en vigueur de l’accord prévoyant leur retour.
Ces sept dernières semaines, les dépouilles de 26 otages décédés ont été progressivement restituées, sans aucune garantie ni calendrier fixe. Dans une interview accordée samedi au podcast Al-Araby Al-Jadeed, le porte-parole qatari Majed al-Ansari a déclaré que la question la plus importante à l’heure actuelle était celle du report potentiel du lancement de la phase suivante du plan en raison des deux corps restant encore à remettre à Israël.
« Israël ne devrait pas être autorisé à faire obstacle à la mise en œuvre de l’accord au motif que ces deux corps n’ont pas été restitués », a-t-il indiqué. « Parallèlement, bien sûr, la partie palestinienne s’efforce de récupérer les corps et d’éviter ainsi tout prétexte pouvant être retenu par Israël. »
La première phase du plan, définie dans l’accord de cessez-le-feu du 9 octobre, prévoit le retour de tous les otages, vivants et décédés. Le reste du plan soutenu par les États-Unis, qui n’a pas encore été officiellement approuvé, prévoit le retrait de l’armée israélienne de Gaza, le désarmement du Hamas, et le transfert du contrôle de la bande à un organe de transition ainsi qu’à une force multinationale de maintien de la paix.
Dans un communiqué en réponse à Ansari, le Forum des familles des otages et des disparus a déclaré que Doha devrait concentrer ses efforts sur la restitution des dépouilles des captifs, conformément à la première phase de l’accord.
« Nous rappelons aux médiateurs, et principalement au ministère des Affaires étrangères du Qatar, que le retour des otages est au cœur de cet accord », a affirmé le forum, qui représente la majorité des familles des captifs. « Au lieu de faire pression sur Israël pour qu’il ne ‘prenne pas ces retards comme excuse’, les médiateurs devraient concentrer tous leurs efforts et exercer toutes les pressions possibles sur le Hamas, l’organisation terroriste qui n’a pas respecté les engagements qui sont les siens en vertu de l’accord. »
Les deux otages assassinés dont les corps sans vie étaient toujours retenus captifs à Gaza au 24 novembre 2025 : Sudthisak Rinthalak ; Ran Gvili. (Crédits : Autorisation)
Les propos d’Ansari sont importants, le Qatar ayant joué un rôle clé de médiateur entre Israël et le Hamas. Les États-Unis ont également exprimé leur volonté de voir progresser la mise en oeuvre de cet accord approuvé par le Conseil de sécurité des Nations unies au début du mois.
Mais le Hamas a jusqu’à présent refusé d’accepter la démilitarisation. Peu de pays, d’autre part, se sont portés volontaires pour faire partie de la force multinationale qui sera chargée de superviser la sécurité dans la bande de Gaza.
Désormais, le territoire est divisé entre zone sous contrôle d’Israël et zone sous contrôle du Hamas. L’État juif insiste sur le fait que la bande de Gaza doit être démilitarisée avant que le plan de Trump puisse passer à la phase suivante.
« L’objectif actuel du Qatar et de ses partenaires dans la région est de passer de la première à la deuxième phase [du plan], et ainsi de parvenir à une paix durable en mesure de mettre fin, de manière globale, à l’état de guerre que connait la bande de Gaza », a expliqué Ansari. « Parvenir à cette trêve nécessitera de relever des défis d’importance. L’objectif est désormais de la maintenir suffisamment longtemps pour parvenir à une solution politique dans laquelle toutes les parties de la région, la communauté internationale et les États-Unis travaillent ensemble, pour faire de ce plan un succès et mettre un terme à la guerre. »
Gvili et Rinthalak ont tous deux été enlevés lors du pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre. Gvili, policier, a été tué en combattant les terroristes du Hamas qui tentaient d’envahir le kibboutz Alumim. Rinthalak a été enlevé au kibboutz Beeri, où il était travailleur agricole.
Al Jazeera a rapporté dimanche que des équipes de la Croix-Rouge et des brigades al-Qassam, la branche armée du Hamas, fouillaient actuellement la zone de Beit Lahiya, au nord de Gaza, à la recherche du corps sans vie d’un « prisonnier israélien ».
Beit Lahiya se trouve du côté de la ligne de cessez-le-feu de Gaza placé sous le contrôle du Hamas. Gvili est le dernier Israélien encore retenu dans l’enclave côtière.
« Le Hamas a prouvé qu’il savait exactement où se trouvaient tous les otages. Il conduit les équipes chargées de récupérer leurs dépouilles sur les lieux, quand il l’a décidé », a ajouté le Forum des familles d’otages et de disparus dans son communiqué.
Durant un rassemblement organisé samedi soir, Itzik Gvili, le père de l’otage Ran Gvili, a souligné qu’il ne devait y avoir « aucune phase suivante » au cessez-le-feu en cours ni de « lendemain » à Gaza tant que le Hamas n’aura pas rendu les deux derniers corps sans vie.
Le plan de cessez-le-feu, a précisé le président Trump, vise à permettre à Israël de normaliser ses relations avec un nombre croissant de ses voisins. Mais Ansari, pour sa part, a indiqué qu’une éventuelle normalisation des relations entre Jérusalem et Doha restait strictement conditionnée à la résolution du conflit israélo-palestinien.
« La normalisation des relations avec Israël ne sera possible que dans le cadre d’une solution à la question palestinienne », a-t-il affirmé. « La région ne pourra connaître la stabilité en l’absence d’un processus de paix favorable aux Palestiniens. »
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