Quatre soldats de Tsahal accusés de trafic d’armes de la Syrie vers Israël
Des soldats arrêtés dans le cadre d'une vaste opération de lutte contre le trafic d'armes liée à la criminalité dans le nord d'Israël ; le trafic d'armes a eu lieu pendant les affrontements avec les Druzes syriens cet été
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Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Les procureurs militaires ont déposé vendredi des actes d’accusation visant quatre soldats, qui sont soupçonnés de trafic d’armes de la Syrie vers Israël. Deux autres devraient être inculpés au début de la semaine prochaine, a confirmé l’armée israélienne.
Au début de la semaine, l’agence de sécurité du Shin Bet, l’armée israélienne et la police ont annoncé le démantèlement d’un réseau de trafic d’armes dans le nord d’Israël, arrêtant 12 suspects – cinq soldats de l’armée régulière et de la réserve, quatre civils israéliens et trois ressortissants syriens. Les suspects ont été placés en détention le mois dernier à l’issue d’une enquête sur un réseau de contrebande d’armes diverses depuis la Syrie vers Israël.
Jeudi, des actes d’accusation ont été déposés contre les trois Syriens et les quatre civils israéliens, tous membres de la communauté druze, devant le tribunal de Nazareth.
L’armée israélienne, interrogée par le Times of Israel, a confirmé que quatre des cinq soldats détenus ont été inculpés vendredi par le parquet militaire devant un tribunal militaire.
Deux autres soldats devraient être inculpés au début de la semaine prochaine, a indiqué l’armée israélienne. L’un d’entre eux est placé en détention. L’autre, assigné à résidence, ne fait pas partie des 12 personnes initialement arrêtées dans cette affaire.
L’enquête visant le réseau de contrebande a été menée conjointement par le Shin Bet, l’unité d’enquête sur la criminalité internationale de la police et l’unité d’enquête de la police militaire de l’armée israélienne, en coordination avec le bureau de la procureure générale et le parquet militaire.
Selon le Shin Bet, les soldats ont franchi à plusieurs reprises la frontière syrienne à proximité de la ville druze de Hader, rapportant des armes qui ont ensuite été remises à des éléments criminels dans le nord d’Israël. Avant leur arrestation, a rapporté l’agence de sécurité, ils « s’étaient efforcés d’introduire le contenu d’une cache d’armes exceptionnellement importante et inhabituelle, comprenant des explosifs, des lance-roquettes, des fusils d’assaut et une importante quantité de munitions supplémentaires ».
Selon les procureurs, les opérations de contrebande ont eu lieu pendant les affrontements qui ont opposé cet été les forces du régime syrien et les Druzes dans le sud du pays, lorsque de très nombreux d’Israéliens druzes, principalement des jeunes hommes, ont afflué dans le sud de la Syrie pour protéger leurs frères.
Les procureurs ont accusé les quatre Israéliens druzes et les trois ressortissants syriens qui ont été inculpés jeudi d’avoir « tiré profit du conflit en Syrie pour faire passer des armes en Israël », parfois sous le couvert « d’activités humanitaires ».
Le trafic d’armes présumé s’est poursuivi même après que les autorités ont renforcé la frontière nord d’Israël et arrêté des dizaines de personnes qui la franchissaient illégalement, s’appuyant sur les cinq soldats arrêtés cette semaine pour faire clandestinement passer les armes à la frontière.
Les soldats ont à plusieurs reprises aidé à faire passer des marchandises de contrebande depuis le territoire syrien à destination de criminels dans le nord d’Israël, ont indiqué les procureurs.
Selon les actes d’accusation initiaux, les suspects israéliens auraient conspiré pour importer une cache d’armes de guerre en Israël, transférant de l’argent aux accusés syriens afin que ceux-ci achètent deux lance-roquettes RPG, dix grenades RPG, deux fusils d’assaut et deux caisses de munitions.
Les accusés syriens ont tenté de trouver quelqu’un qui transporterait les armes. Ils ont toutefois été arrêtés avant de pouvoir mener à bien leur plan.
L’autre acte d’accusation a été déposé contre trois Israéliens druzes de Yarka. Il affirme que les accusés auraient conspiré avec deux soldats et avec les mêmes ressortissants syriens dans le but de faire entrer clandestinement des armes en Israël.
L’échange aurait été effectué par l’intermédiaire d’un chauffeur de camion de l’armée qui a acheminé les armes, notamment sept fusils d’assaut et deux pistolets, jusqu’à une base de l’armée israélienne sur le plateau du Golan, où elles ont été récupérées par les accusés.
Depuis la chute du régime de Bachar al-Assad en décembre 2024, l’armée israélienne a été déployée sur neuf postes dans le sud de la Syrie, principalement dans une zone tampon patrouillée par l’ONU, à la frontière entre les deux pays.
Deux postes se trouvent sur le versant syrien du mont Hermon. Les soldats opèrent dans des zones couvrant jusqu’à environ 15 kilomètres à l’intérieur du territoire syrien, dans le but de saisir des armes qui, selon Israël, feraient peser une menace sur le pays si elles tombaient entre les mains de « forces hostiles », notamment le Hezbollah libanais.
En octobre, l’armée israélienne a annoncé avoir déjoué deux tentatives de contrebande d’armes de la Syrie vers le Liban.
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