Retour à l’école pour 2,5 millions d’enfants, notamment dans le nord et à la frontière de Gaza
Des lycéens ont manifesté contre la poursuite de la guerre à Gaza et réclamé un accord sur les otages ; les dirigeants ont salué le retour dans les écoles dévastées par la guerre et la résilience des rapatriés
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Lundi, quelque 2,5 millions d’enfants ont repris le chemin de l’école et du jardin d’enfants pour le premier jour de l’année scolaire 2025-2026. Des milliers d’entre eux sont retournés dans les écoles adjacentes à la bande de Gaza et dans celles des communautés frontalières du nord d’Israël pour la première fois depuis leur évacuation après l’attaque du 7 octobre 2023, il y a près de deux ans.
Dans le sud, les responsables locaux ont salué ce retour comme un symbole d’espoir. L’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, a pour sa part rencontré des élèves, publiant ensuite sur le réseau X que les voir revenir à l’école dans les communautés dévastées était une preuve montrant que « le mal n’a pas gagné ! ».
Par ailleurs, les élèves de dizaines de lycées ont organisé une journée de grève et de manifestations. Ils ont demandé la libération des otages toujours retenus à Gaza.
Après avoir rencontré Huckabee, Michal Uziyahu, présidente du Conseil régional d’Eshkol, a salué le retour des enfants dans les communautés ravagées, un retour qui, selon elle, a eu un goût doux-amer.
« Il y a si longtemps que nous attendons ce moment. Nous ne devons toutefois pas oublier que d’autres élèves attendent encore de pouvoir revenir parmi nous, et que 48 otages sont toujours en captivité, dont 15 sont membres de notre communauté », a-t-elle déclaré.
« Les yeux de tout l’État d’Israël sont rivés sur nous. Notre communauté est devenue un symbole d’espoir, de force et de vie. C’est une responsabilité énorme, mais c’est également une force considérable », a-t-elle ajouté, précisant que le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, « m’a même confié, il y a quelques jours, que le simple fait de nous voir commencer l’année était l’un des éléments les plus importants de notre victoire ».
« La journée d’aujourd’hui me rappelle que le mal n’a pas gagné ! », a écrit Huckabee, se réjouissant que « le Hamas soit sur le point d’être anéanti et que ces enfants entrent à l’école » à seulement « quelques centaines de mètres de Gaza ».
My day started at 1st day of school in Eshkol district just a few hundred yards from Gaza. Many of the children had parents or friends murdered or taken hostage. I’m reminded today that evil didn’t win! Hamas is near annihilation and these children are starting school. https://t.co/5oEIjuJsGI
— Ambassador Mike Huckabee (@GovMikeHuckabee) September 1, 2025
De nombreux écoliers ont « des parents ou des amis assassinés ou pris en otage » par le groupe terroriste, a ajouté Huckabee.
Selon les médias israéliens, Huckabee s’est adressé aux enfants : « Des gens très méchants ont essayé de vous empêcher de vivre cette journée. Mais l’une des choses que j’apprécie le plus chez les Israéliens, c’est que peu importe le nombre de fois où on essaie de vous arrêter, vous vous relevez toujours, immédiatement, et vous continuez d’avancer. »
D’après le site d’information Ynet, Eyal Dvori, le directeur de l’école Shachar Eshkol, a déclaré à Huckabee lors de sa visite que la professeure d’art de l’école, Yaffa Rudaeff, « attendait toujours » son compagnon Lior, dont la dépouille est retenue par le Hamas à Gaza, demandant à l’ambassadeur de « faire tout ce qui était en son pouvoir pour ramener les otages et mettre fin à la guerre ».
La direction de Tekuma, chargée de la réhabilitation de la zone située au sud d’Israël, à la frontière avec la bande de Gaza, a fait savoir que 23 522 enfants de la région avaient fait leur rentrée scolaire lundi, indiquant à la fois le retour de nombreux habitants dans la région après l’attaque du Hamas et une certaine croissance démographique.
Si ce chiffre est supérieur de 1 763 (8 %) à celui de l’an dernier, la direction n’a toutefois pas publié les données antérieures à l’attaque du 7 octobre, au cours de laquelle des terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut les communautés frontalières, tuant quelque 1 200 personnes et en enlevant 251 autres pour les prendre en otage à Gaza, déclenchant ainsi la guerre e cours.
Dans la région d’Eshkol, où se trouvent les zones les plus touchées par les attaques du Hamas, on a constaté une augmentation de 22,5 % du nombre total d’élèves entrant à l’école par rapport à l’an dernier, selon la direction. Par tranches d’âges, on dénombre 35 % d’enfants de moins de trois ans en plus, 5,5 % d’enfants de maternelle en plus et 17 % d’enfants d’âge primaire en plus, ce qui reflète le retour des familles dans les communautés.
Résilience dans le nord
Selon le ministère de l’Éducation, 95 % des élèves évacués de 32 communautés du nord ont repris le chemin de l’école lundi, après avoir été déplacés en raison du conflit avec le groupe terroriste libanais du Hezbollah, qui a lancé des tirs de roquettes sur Israël dès le lendemain de l’attaque du Hamas.
En octobre 2023, 30 141 élèves étaient inscrits dans les districts scolaires. Lundi, 28 640 élèves ont réintégré les écoles de la région.
Selon les registres du ministère, 86 % des élèves sont revenus à Kiryat Shmona. Le nombre d’élèves inscrits ans la plus grande école, ORT Danziger, a même dépassé les chiffres d’avant la guerre, a rapporté le ministère.
À Metula, 34 % des élèves sont de retour. Les élèves de l’école primaire Hanadiv de Metula étudieront pendant un an au Mevo Galil, dans le kibboutz Ayelet HaShahar. Le ministère a également annoncé que 97 % des enseignants étaient revenus enseigner dans l’ancienne zone évacuée du nord.
Le président Isaac Herzog est venu rendre visite aux enfants de l’école Rambam à Kiryat Shmona en ce premier jour de l’année scolaire, saluant la persévérance de cette ville du nord tout au long de la lutte menée par Israël contre le groupe terroriste libanais du Hezbollah, depuis le début de la guerre à Gaza.
« Ces deux dernières années, [Kiryat Shmona] s’est retrouvée en première ligne, à la frontière, face à des attaques terribles et incessantes », a déclaré Herzog aux élèves de l’école. Endommagé pendant la guerre, l’établissement a repris ses activités il y a environ six mois, selon un communiqué publié par son bureau.
Herzog était accompagné par le maire de Kiryat Shmona, Avichai Stern, a précisé le communiqué.
« Vous avez quitté vos foyers. Certains d’entre vous sont restés pour défendre la ville. Et aujourd’hui, nous voilà, symboles de courage, symboles de victoire », a-t-il poursuivi.
Herzog s’est joint aux élèves et aux enseignants de l’école pour un lâcher de ballons jaunes, en signe de solidarité avec les otages encore retenus à Gaza.
« Puissions-nous connaître des jours meilleurs. Que nos prières soient exaucées, afin que tous les otages puissent rentrer chez eux le plus rapidement possible », a ajouté le président.
Pénurie d’enseignants
D’après le ministère de l’Éducation, dans tout le pays, environ 180 600 élèves entraient en première année cette année, et 149 000 en douzième année.
Le ministère a également précisé que 488 postes d’enseignants n’étaient pas pourvus, des chiffres moins alarmants que ceux révélés dans les informations publiées il y a deux semaines par le site d’informations Ynet, qui évoquaient un manque de 4 254 enseignants.
Ce ministère dirigé par le ministre de l’Éducation Yoav Kisch a connu une année tumultueuse, secouée par plusieurs grèves et pénuries d’enseignants, marquée par d’importants problèmes budgétaires et par une modification controversée du programme scolaire public, imposant une heure d’étude de la Bible par semaine à tous les élèves de la première à la douzième année, ainsi que des cours obligatoires supplémentaires sur le sionisme et sur « les guerres et la renaissance d’Israël ».
Selon les données fournies par le ministère de l’Éducation au Times of Israel, cette année, pour la première fois dans l’histoire d’Israël, le nombre d’enfants ayant fait leur rentrée dans des écoles juives religieuses dépasse de plusieurs milliers le nombre des élèves inscrits dans des écoles laïques. D’après les experts, ce changement pourrait être le signe avant-coureur d’une évolution à grande échelle au sein de la société israélienne.
Les élèves en grève pour les otages
Ce premier jour de l’année scolaire a également été le théâtre de manifestations et de grèves organisées par des lycéens de dizaines d’établissements de tout le pays, qui réclament la libération immédiate des otages et un accord de cessez-le-feu pour mettre fin à la guerre en cours à Gaza.
Les élèves ont indiqué qu’ils refusaient de retourner en cours compte tenu de la poursuite de la guerre à Gaza et de ce qu’ils percevaient comme des manoeuvres dilatoires du gouvernement dans les négociations sur un accord de cessez-le-feu.
« Nous refusons d’apprendre à vivre dans un monde où des otages sont assassinés dans les tunnels du Hamas et où le gouvernement israélien ne prend même pas la peine de discuter d’un accord proposé. Nous ne laisserons donc pas l’année scolaire débuter comme d’habitude », ont fait savoir les étudiants dans un communiqué.
גבעתיים pic.twitter.com/X8UndAavlq
— Ella Kône'???????????????????? (@EllaKone) September 1, 2025
« Aujourd’hui, nous sommes encore lycéens. Mais dans un an ou deux, nous porterons tous l’uniforme [militaire] », ont poursuivi les adolescents. « Nous voulons et nous avons besoin de savoir que, quand nous partirons au front, notre pays nous soutiendra, et qu’il respectera le contrat moral et éthique sur la base duquel nous avons été éduqués. »
Selon le journal Haaretz, les élèves de 45 lycées de tout le pays ont choisi de faire grève en ce jour de rentrée scolaire.
Dimanche, plusieurs dizaines d’adolescents ont manifesté, réclamant une grève générale avant la rentrée scolaire. Ils ont bloqué la circulation sur l’autoroute Ayalon à Tel Aviv et mis le feu à des bureaux d’écolier.
La police a arrêté deux manifestants, un garçon de 17 ans et une femme de 35 ans, tous deux soupçonnés de trouble à l’ordre public. Une vingtaine d’autres personnes ont été placées en garde à vue puis relâchées.
la Communauté du Times of Israël !







