Retours massifs à Gaza-City à mesure que Tsahal se retire et ouvre une route côtière
Les gens scandent « Dieu est grand » en revenant chez eux, là où l'offensive de Tsahal a eu lieu ; les Gazaouis nettoient les décombres des bâtiments détruits dans Khan Younès
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Après deux années de guerre, c’est à la fois le coeur lourd et heureux à l’idée de rentrer chez eux que des milliers de Palestiniens évacués ont traversé la bande de Gaza vendredi, à la faveur de la trêve conclue entre Israël et le Hamas.
C’est dans un premier temps de manière timide puis par colonnes entières que des milliers de personnes ont mis le cap au nord sur plus d’un kilomètre de long, en direction de zones plus sûres de l’enclave, non loin de Gaza-City, théâtre d’une offensive israélienne sans répit avant le cessez-le-feu entré en vigueur ce vendredi.
Les foules scandaient « Dieu est grand », acclamant et sifflant de joie tout en marchant sur la route récemment ouverte en bord de Méditerranée, ont constaté des journalistes de l’AFP.
Ibrahim al-Helou, un homme de 40 ans évacué de Gaza-City dans le camp de réfugiés d’Al-Maghazi, a déclaré à l’AFP qu’il était heureux mais qu’il restait prudent, évoquant « une situation dangereuse, avec des coups de feu » qui l’ont forcé à « attendre un peu ».
« Désormais, la route est ouverte, ce qui nous permet de revenir à Gaza, pour voir comment sont les logements et évaluer la situation. »
Ahmad Azzam, un homme de 35 ans lui aussi évacué de Gaza-City vers le centre de Gaza, a déclaré avoir repris la route dès la nouvelle du retrait des soldats.
« Quand j’ai appris la nouvelle du retrait israélien et de la réouverture de la route dans les heures qui venaient, ma famille et moi nous sommes immédiatement dirigés vers la route Al-Rashid pour revenir à Gaza-City », a-t-il déclaré à l’AFP en ajoutant que, comme Helou, la situation lui avait paru dangereuse, dans les premiers temps, raison pour laquelle ils avaient attendu sur une colline, en surplomb de la route côtière.
« Seules quelques personnes s’y sont aventurées », déclarait-il à midi, au moment où le retrait des soldats a officiellement pris fin.
Ce vendredi, l’armée [îsraélienne] a fait savoir que ses soldats s’étaient retirées dans la bande de Gaza, derrière les lignes convenues le vendredi à midi, heure officielle de début du cessez-le-feu.
Elle a ajouté dans un communiqué en arabe que le principal axe nord-sud de Gaza, la route Salah Al-Din, avait été rouverte, tout en avertissant les Gazaouis de ne pas s’approcher des soldats israéliens stationnés à l’intérieur du territoire palestinien.
En application du plan du président américain Donald Trump, l’armée devait se retirer jusqu’à la ligne jaune, ce qui lui laisse le contrôle sur près de 53% du territoire de la bande de Gaza.
« La course »
Dans la ville de Khan Younès, dans le sud du pays, des dizaines de personnes sont rentrées chez elles à pied en empruntant des chemins dégagés entre les décombres de plus de deux années de guerre et de frappes aériennes, a rapporté un journaliste de l’AFP.
Tout autour des rapatriés qui marchaient sous un soleil matinal se dressaient des bâtiments détruits ou endommagés, aux façades éventrées par les explosions ou totalement effondrées ; ils avaient pris la route dès que la nouvelle s’était répandue que les forces israéliennes s’étaient retirées de certaines parties de Khan Younès.
« Nous sommes heureux. Même s’il ne reste que des ruines sans vie, au moins c’est chez nous », a déclaré à l’AFP Ameer Abu Iyadeh, un rapatrié.
« Nous retournons chez nous, meurtris et le coeur lourd, mais nous remercions Dieu pour ce qui se passe en ce moment », a-t-il déclaré en souriant, un sac d’école rose collé à la poitrine, un jerrycan d’eau dans une main et sa petite fille dans l’autre.
« Si Dieu le veut, tout le monde retournera chez soi », a déclaré le jeune homme de 32 ans, tandis que ses deux autres filles marchaient à ses côtés en se tenant par la main.
Areej Abu Saadeh, une Palestinienne qui a perdu une fille et un fils lors de la guerre, a déclaré qu’elle avait hâte de rentrer chez elle.
« Cela faisait deux ans que nous avions été évacués et que nous vivons sur les trottoirs, sans abri, sans nulle part où aller », a-t-elle déclaré à l’AFP.
« Nous sommes maintenant en route pour Bani Suheila, nous courons presque – je suis tellement impatiente de rentrer chez moi », a-t-elle dit en parlant de sa ville, située à l’est de Khan Younès.
Tôt dans la journée de vendredi, le Conseil des ministres a voté une résolution prévoyant la libération de tous les otages dans les trois à quatre jours à venir en échange de prisonniers palestiniens et de la fin de la guerre à Gaza.
La libération de tous les otages – une vingtaine de personnes vivantes et 26 morts au moins – est attendue dans les 72 prochaines heures suivant la finalisation du retrait convenu de Tsahal.
Par le passé, le groupe terroriste a laissé entendre aux médiateurs qu’il ignorait où se trouvaient certains corps des otages tués, ce qui pourrait retarder leur restitution.
Israël doit, pour sa part, libérer 250 prisonniers palestiniens condamnés à perpétuité plus 1 700 Gazaouis incarcérés depuis le pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023, à l’origine de la guerre.
la Communauté du Times of Israël !







