Saar à l’ONU : Les projets de reconnaissance d’un État palestinien ont enterré l’accord sur les otages
Le ministre des Affaires étrangères a déclaré que les pressions sur Israël étaient un « cadeau pour le Hamas », pour prolonger la guerre ; Le frère de l'otage Evyatar David a dit au Conseil de sécurité « Votre silence est complice »
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Luke Tress est le correspondant du Times of Israel à New York.

NEW YORK – Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar, a déclaré mardi que les pays qui avaient annoncé, ces dernières semaine, leur intention de reconnaître un État palestinien avaient saboté les chances d’un cessez-le-feu avec l’organisation terroriste du Hamas.
« Il y a des pays qui ont pris des mesures, dans ce bâtiment-même, pour faire pression sur Israël, et non sur le Hamas, durant les journées ô combien délicates des négociations, et attaqué Israël en faisant campagne contre lui et en annonçant la prochaine reconnaissance d’un État palestinien. Ce sont autant de cadeaux pour le Hamas et des incitations à poursuivre cette guerre », a déclaré Saar lors d’un point presse depuis la siège des Nations Unies à New York.
« Ils ont enterré l’accord sur les otages et le cessez-le-feu. Je vais être france : ces pays ne font que prolonger la guerre. C’est le Hamas qui a commencé cette guerre en envahissant Israël et en commettant les atrocités du 7 octobre », a rappelé Saar.
« Le Hamas est tout aussi responsable de la poursuite de cette guerre de par son refus obstiné de libérer nos otages et de déposer les armes. La communauté internationale doit faire pression sur le Hamas. Le reste ne fait que prolonger la guerre », a-t-il ajouté.
Saar a pris la parole à l’ONU peu avant une réunion du Conseil de sécurité consacrée à la guerre à Gaza demandée par Israël suite à la diffusion par le Hamas et son allié, le Jihad islamique palestinien, la semaine dernière, de vidéos des otages Rom Braslavski et Evyatar David, visiblement très affaiblis et émaciés, ce qui a profondément choqué et attristé l’opinion publique en Israël.
Le Royaume-Uni, la France, le Canada et d’autres pays ont récemment fait part de leur intention de reconnaître à l’automne un État palestinien, certains sans conditions, d’autres en fonction des agissements d’Israël à Gaza.
Samedi, un responsable du Hamas, Ghazi Hamad, a dit sa satisfaction envers le soutien à un État palestinien de la communauté internationale, selon lui une conséquence de l’attaque menée contre Israël en octobre 2023.
« Le coup puissant porté à Israël le 7 octobre a ouvert la voie à trois succès historiques de la plus grande importance. Tout d’abord, il a remis la cause palestinienne sur les radars », a déclaré Hamad, selon une traduction du groupe de surveillance de l’Institut de recherche sur les médias du Moyen-Orient.
« Pourquoi tous ces pays reconnaissent-ils la Palestine maintenant ? Quel pays aurait osé reconnaître l’État de Palestine avant le 7 octobre ? C’est le 7 octobre qui a forcé le monde à ouvrir les yeux sur la cause palestinienne et à agir avec force en sa faveur », a précisé Hamad.
Saar a rappelé le sort des otages toujours détenus à Gaza.
« Le week-end dernier, le monde a été témoin des cruelles privations de nourriture infligées à Evyatar David et Rom Braslavski, consciemment torturés par le Hamas et le Jihad islamique. Le monde entier a pu voir l’état pitoyable qui est le leur, leurs os saillants sous la peau, de vrais squelettes ambulants », a déclaré Saar.
« Evyatar est même obligé de creuser sa propre tombe. C’est véritablement diabolique. Le Hamas et le Jihad islamique affament et torturent pour les besoins d’une propagande bien rodée, mais il faut que la vérité soit dite. Israël laisse entrer d’énormes quantités d’aide humanitaire à Gaza. Aucun autre pays n’en ferait autant en temps de guerre », a-t-il poursuivi.
Au tout début de cette réunion du Conseil de sécurité, le frère d’Evyatar David, Ilay, a déclaré que l’organisation internationale, de par son inertie sur la question de leur libération, était complice de ce qui arrivait aux otages.
« [Pour eux], chaque minute de plus est un pas de plus vers une fin tragique. Nous avons tous une part de responsabilité. Aux dirigeants du monde, à tous les membres de ce conseil et à la communauté mondiale : votre silence face à cette cruauté monstrueuse est complice », a déclaré David par vidéo, en parlant en outre de la relation qui l’unit à son frère et de la passion de ce dernier pour la musique, sans passer sous silence l’angoisse de la famille.
Depuis la diffusion de cette vidéo ce week-end, « Mon père ne dort plus et ma mère n’arrête pas de pleurer », a déclaré David. Il a ajouté que, selon les témoignages des ex-otages, le Hamas affamait volontairement les otages pour les torturer, alors même que les membres de l’organisation terroriste avaient suffisamment de nourriture.
David a demandé à la communauté internationale d’exiger la libération immédiate et inconditionnelle des otages, de l’aide humanitaire à leur profit et la « prise de conscience qu’il s’agit d’une question de vie ou de mort qui requiert une intervention médicale d’urgence ».
אחיו של החטוף אביתר דוד באו"ם: "חיי החטופים בסכנה, אחי על סף מוות. הוא שלד חי, בקושי הצליח לדבר ולזוז בסרטון האכזרי של חמאס. הוא הוכרח לחפור לעצמו קבר בתוך מנהרה בעזה"@ishayb2003 pic.twitter.com/orrC9MLq8x
— כאן חדשות (@kann_news) August 5, 2025
« L’âme même de l’humanité est blessée par la barbarie du Hamas. Nous, les proches d’Evyatar, refusons de perdre espoir. Nous pleurons et nous souffrons, mais nous nous battons aussi », a affirmé David.
Après son témoignage, les membres du Conseil de sécurité se sont dits conscients des souffrances des otages et ont demandé leur libération, mais en faisant surtout porter leur effort sur la critique d’Israël, le bilan humain et la faim à Gaza et en exigeant la fin immédiate de la guerre et la création d’un État palestinien.
Les États-Unis ont soutenuIsraël et rejeté la responsabilité de la guerre sur le Hamas.
« Les États-Unis demandent à tous les pays de s’unir et de dire d’une seule et même voix que le Hamas doit se rendre sans plus attendre, libérer tous les otages – les vivants mais aussi ceux qui ont été assassinés par le Hamas – et mettre un point final à cette guerre », a déclaré la représentante américaine à l’ONU, Dorothy Shea.
Des manifestants venus soutenir les otages s’étaient rassemblés devant l’ONU pendant la durée de la réunion du Conseil de sécurité. » Les images de Rom et Evyatar sont effroyables : on les croirait tirées de la Shoah « , confie Moshe Lavi, beau-frère de l’otage Omri Miran, dans un communiqué de la branche new-yorkaise du Forum des otages et des proches de disparus.
« Nous sommes ici pour exiger une action immédiate de l’ONU, pour que les nôtres soient enfin libérés et mettre, sans plus de délais, fin à ce cauchemar », ajoute Miran.
Cette réunion du Conseil de sécurité s’est tenue en amont des traditionnelles sessions de l’Assemblée générale des Nations Unies du mois prochain. À New York, des manifestants anti-Israël manifestent régulièrement devant l’ONU et les ambassades des pays du Moyen-Orient en prévision de l’Assemblée générale.
La guerre a été déclenchée par le pogrom commis dans le sud d’Israël par des milliers de terroristes dirigés par le Hamas, le 7 octobre 2023, lequel a fait 1 200 morts et 251 otages. Cinquante d’entre eux se trouvent toujours détenus à Gaza, 20 d’entre eux sont présumés vivants.
la Communauté du Times of Israël !







