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Saudi Aramco reprend ses expéditions commerciales de pétrole depuis le détroit d’Ormuz

Toujours bloqué par les Houthis du Yémen en mer Rouge, le 1er exportateur mondial de pétrole expédie des millions de barils vers les raffineries asiatiques via un port des EAU après une interruption forcée due aux dernières tensions entre les US et l'Iran

Illustration : un pétrolier (à droite) passe devant des raffineries de pétrole sur l'île de Bukom, au large de Singapour, le 17 mars 2022. (Crédit : Roslan Rahman/AFP)
Illustration : un pétrolier (à droite) passe devant des raffineries de pétrole sur l'île de Bukom, au large de Singapour, le 17 mars 2022. (Crédit : Roslan Rahman/AFP)

SINGAPOUR (Reuters) — Saudi Aramco a repris la semaine dernière ses opérations de chargement de pétrole depuis le détroit d’Ormuz. Plusieurs navires attendent actuellement d’être chargés ; le géant pétrolier d’État propose des cargaisons de brut lourd sur le marché au comptant, ont révélé des données sur le transport maritime et des sources commerciales.

Lundi, le premier exportateur mondial de pétrole a proposé à plusieurs raffineurs asiatiques des cargaisons de brut Arab Medium et Arab Heavy, à charger ce mois-ci par transfert de bord à bord au large de Fujaïrah, aux Émirats arabes unis.

La compagnie avait suspendu ses ventes depuis plusieurs semaines suite aux attaques lancées contre sa flotte de pétroliers dans le détroit d’Ormuz, alors que le conflit entre les États-Unis et l’Iran connaissait une escalade, le mois dernier.

Cette reprise des exportations saoudiennes pourrait contribuer à atténuer la pénurie de brut lourd, qui produit davantage de résidus. Ces résidus peuvent servir à ravitailler les navires en carburant, ou être transformés dans des raffineries pour obtenir des produits de meilleure qualité, tels que l’essence et le diesel.

Entre le 12 et le 16 août, trois superpétroliers (VLCC), le Malaysia Prosperity, l’Algeria Prosperity et le Singapore Prosperity, ont chargé chacun 2 millions de barils de brut depuis les terminaux de Juaymah et de Ras Tanura.

Les données des services de suivi de navires Vortexa et Kpler ont révélé l’existence d’un délai de trois semaines depuis le dernier chargement dans ces ports. On ignore pour l’instant quelles catégories de pétrole transportaient ces pétroliers.

Saudi Aramco a refusé de commenter. Sinokor, propriétaire des pétroliers, n’a pas donné suite à une demande de commentaires.

Six autres VLCC pourraient charger du pétrole saoudien à l’intérieur du détroit dans le courant du mois, ont indiqué des données fournies par Kpler.

Selon des opérateurs, Saudi Aramco pourrait déployer des pétroliers saoudiens pour la traversée du détroit d’Ormuz, en plus des navires de Sinokor.

Illustration : des ingénieurs de Saudi Aramco et des journalistes visitent l’usine de récupération des liquides de gaz naturel de Hawiyah, à Hawiyah, dans la Province de l’Est de l’Arabie saoudite, le 28 juin 2021. (Crédit : AP Photo/Amr Nabil, archive)

Sept superpétroliers (VLCC) appartenant à l’opérateur saoudien Bahri se trouvaient au large des Émirats arabes unis et d’Oman, et deux autres faisaient route vers Fujairah, ont montré les données maritimes publiées mardi par LSEG.

Les exportations de pétrole saoudien restent toutefois limitées. Le pays est en effet confronté à un blocus en mer Rouge imposé par les rebelles Houthis du Yémen, soutenus par l’Iran. Aramco avait réorienté ses exportations vers le port de Yanbu au début de la guerre avec l’Iran.

Si le producteur a proposé, à titre d’alternative, des cargaisons supplémentaires de brut à charger depuis le port égyptien de Sidi Kerir, en Méditerranée, celles-ci ne représentent qu’une fraction du volume exporté depuis Yanbu avant le blocus (4 millions de barils par jour), auxquelles s’ajoutent des surcoûts de transports et des trajets plus longs qui découragent les acheteurs.

Selon les données de Kpler, ce sont près de 670 000 barils par jour de brut du Moyen-Orient qui devraient être chargés ce mois-ci au port de Sidi Kerir à destination de l’Asie, contre zéro ces trois derniers mois.

« Cela semble indiquer que l’offre de Sidi Kerir vers l’Asie ne fonctionne probablement pas, car les clients asiatiques, du moins les Chinois, déplorent les longs trajets et les coûts de transport élevés », a commenté Emma Li, analyste du marché chinois chez Vortexa.

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