Scarlett Johansson appelée à modifier l’intrigue de son film pour qu’il n’évoque pas la Shoah
La star juive d'Hollywood a expliqué qu'un investisseur a retiré son soutien à son premier film en tant que réalisatrice, "Eleanor the Great", après qu'elle a refusé de réécrire son scénario
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Dans une interview qui a été diffusée samedi, Scarlett Johansson a déclaré que l’un des investisseurs de son tout premier film en tant que réalisatrice, Eleanor the Great, lui avait demandé si le personnage principal pouvait être pris en flagrant délit de mensonge sur un sujet autre que la Shoah.
« Si on m’avait dit ‘Je ne financerais ce projet que si vous tournez dans le New Jersey’ ou ‘Nous devons terminer le film avant le printemps’, cela aurait été une chose », a-t-elle expliqué au Telegraph.
« Mais ils s’opposaient à la nature même du film », a-t-elle ajouté.
« Il devait traiter de ce qui se passe quand quelqu’un est pris en flagrant délit de mensonge, le pire mensonge imaginable ; et si ce n’est pas la Shoah, alors qu’est-ce que ça peut être d’autre ? … On ne m’a proposé aucune alternative. On m’a simplement dit : ‘C’est un problème.’ »
Johansson a indiqué que l’investisseur, dont l’identité n’a pas été révélée, s’était retiré, emportant avec lui une part importante du budget.
« Nous avions parlé du film pendant des mois, et voilà le résultat ? », a-t-elle déclaré au journal britannique.
« Cela a été un véritable choc, et tellement décevant. »
Johansson a précisé que Sony Pictures Classics s’était joint au projet en tant que distributeur et que le studio avait comblé le déficit.
« Si je n’étais pas Juive, aurais-je su comment réaliser ce film ? », a-t-elle poursuivi.
« Je l’ignore. Mais c’est aussi l’une des raisons pour lesquelles j’ai voulu le faire : je connaissais cet univers, et je connaissais différentes versions d’Eleanor. »
« Eleanor the Great » met en scène June Squibb, une actrice juive âgée de 95 ans, qui cherche à nouer des liens à New York après le décès de sa meilleure amie Bessie.
Se sentant isolée, Eleanor Morgenstein, le personnage incarné par Squibb, finit par rejoindre un groupe de soutien pour les survivants de la Shoah au centre communautaire juif local.
Poussée par les membres du groupe à partager son histoire, elle raconte celle de Bessie comme si c’était la sienne.
Sorti en salles en septembre, le film est disponible dans le monde entier, y compris en Israël.
Les critiques ont été mitigées : le Guardian lui a attribué deux étoiles sur cinq pour avoir sérieusement sous-estimé la gravité du sujet abordé, tandis que Variety a qualifié le film, qui a reçu une ovation de cinq minutes lors de sa première, de « divertissement peu convaincant ».
JTA a contribué à cet article.
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