Sentiments mitigés sur l’accord sur les otages lors de la birkat cohanim à Jérusalem
Des dizaines de milliers de fidèles se sont réunis au mur Occidental pour la bénédiction sacerdotale de Souccot, parmi eux d’ex-otages, leurs familles et des réservistes de Tsahal
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées
Pour Mazal et Eyal Oron, un couple israélien originaire de Tel-Aviv, assister à la birkat cohanim (la bénédiction sacerdotale) au mur Occidental de Jérusalem pendant les fêtes juives est une tradition de longue date à laquelle ils tiennent profondément.
« Nous ne manquons jamais les bénédictions sacerdotales pendant le Chol Hamoed [les jours intermédiaires d’une fête juive d’une semaine] », a confié Mazal au Times of Israel jeudi, en évoquant les jours intermédiaires des fêtes de Souccot et de Pessah.
« Il règne un sentiment de plénitude, celui d’un peuple d’Israël réuni, où nous pouvons vraiment être une seule nation, sans droite ni gauche, mais unis dans toute notre diversité », a-t-elle ajouté.
Le couple était si pressé de sortir ce matin-là qu’il a failli manquer l’annonce de l’accord tout juste conclu sur la libération des otages et pour un cessez-le-feu.
« J’allume toujours la télévision le matin, mais aujourd’hui nous étions pressés et je ne l’ai pas fait », raconte Mazal. « Ma fille m’a appelée pour me dire qu’ils allaient libérer les otages. Je me suis dit que c’était une journée encore plus propice pour venir prier au mur Occidental. »
L’excitation et l’attente étaient en effet palpables sur les lieux.
Daniel Goldman, 47 ans, originaire de Baltimore, dans le Maryland, était en visite en Israël avec sa famille pour célébrer Souccot. C’était sa première visite dans le pays depuis ses études dans une yeshiva en Israël il y a environ 25 ans.
« C’est incroyable d’être ici », a-t-il déclaré au Times of Israel.
« Cela nous permet de prendre conscience que c’est notre nation, que c’est notre place, et qu’une grande bénédiction vient directement du ciel pour chaque Juif », a-t-il déclaré.
Interrogé sur l’accord, Goldman s’est montré enthousiaste.
« C’est tout ce pour quoi nous avons prié, c’est ce à quoi nous aspirions », a-t-il dit. « J’espère que cela se produira bientôt. »
Le grand rabbin ashkénaze Kalman Ber a exprimé l’espoir que les otages soient de retour avant la fête de Simchat Torah, célébrée mardi cette année.
En 2023, Simchat Torah tombait le 7 octobre, et c’est le jour qu’avait choisi le groupe terroriste palestinien du Hamas pour lancer son invasion meurtrière contre Israël. Ce jour-là, plus de 1 200 Israéliens ont été assassinés et 251 ont été enlevés pour être emmenés dans la bande de Gaza, déclenchant la guerre en cours. Aujourd’hui, 48 otages sont toujours détenus à Gaza, dont les dépouilles d’au moins 26 personnes dont le décès a été confirmé par Tsahal ainsi que celle d’un soldat de Tsahal tué dans la bande de Gaza en 2014. Vingt otages seraient encore en vie, et le sort de deux autres suscite de vives inquiétudes, ont déclaré des responsables israéliens.
« Il y a deux ans, le jour de Simchat Torah, à Kfar Darom, un homme, qui s’appelait Amichai Yisrael Weizmann, a quitté [son domicile] pour rejoindre l’équipe de défense d’urgence », a rappelé Ber dans un discours émouvant à la fin de l’office. « Quelques heures plus tard, il a envoyé un message à sa femme pour lui dire que, malgré les circonstances difficiles, Simchat Torah devait continuer, et lui a demandé de sortir les bonbons. Une heure plus tard, il était mort. »
« Cette année, avec l’aide de Dieu, lors de Simchat Torah, nous danserons tous avec les otages qui sont encore en vie », a ajouté Ber. « Nous perpétuerons cette tradition. Religieux, laïcs, nous nous réjouirons tous ensemble. »
Pourtant, alors que la foule scandait des prières et répondait aux bénédictions accordées par Ber et par le rabbin séfarade David Yosef par des « amen » enthousiastes, il était évident que la fin de cette épreuve n’était pas encore en vue – ni pour les otages ni pour le peuple d’Israël tout entier.
« On nous a dit à maintes reprises que la paix était proche », a confié Sarah, une habitante de Jérusalem originaire de New York, qui a refusé de donner son nom de famille. « On espère que cette fois sera la bonne. »
Sarah a ajouté que, pendant ces moments de recueillement, ses pensées allaient non seulement aux otages et aux familles endeuillées, mais aussi aux proches des victimes du terrorisme assassinées par les prisonniers palestiniens qui devraient être libérés. Selon l’accord proposé, Israël doit relâcher 250 Palestiniens condamnés à perpétuité, ainsi que 1 700 autres détenus à Gaza depuis le 7 octobre 2023.
« Nous comprenons que ce soit très difficile pour les proches des victimes du terrorisme qui ont perdu un être cher et dont le meurtrier va être relâché, mais nous ne pouvons rien y faire ; sauver une vie juive justifie tous les efforts », a déclaré Sarah au Times of Israel.
Nachum, un soldat de réserve de 29 ans, un fusil en bandoulière, était incertain quant aux implications de l’accord.
« J’ai des sentiments mitigés sur la nouvelle », a-t-il confié au Times of Israel, refusant lui aussi de donner son nom de famille, tout en précisant qu’il est actuellement déployé au Liban et qu’il a servi à Gaza dans le passé. « Je ne sais pas si c’est une bonne ou une mauvaise chose. »
« Contrairement à d’autres, je n’ai pas oublié », a-t-il ajouté. « Je n’ai pas oublié ce qui est arrivé à Gilat Shalit et ce qui s’est passé lorsque nous avons quitté Gaza, qui est devenu un État terroriste. J’ai peur que cela se reproduise. Mais je suis heureux pour les otages. »
Israël s’est retiré de la bande de Gaza en 2005, et l’année suivante, le Hamas a remporté les élections dans l’enclave. La même année, Shalit, alors soldat, a été capturé par le groupe lors d’une attaque transfrontalière. Il a été détenu à Gaza pendant cinq ans, avant d’être libéré dans le cadre d’un échange controversé qui a vu Israël relâcher 1 027 prisonniers palestiniens, dont le leader du Hamas Yahya Sinwar, l’un des principaux cerveaux de l’invasion et du pogrom du 7 octobre 2023 dans le sud d’Israël.
Yehudit, l’épouse de Nachum, qui tenait dans ses bras leur bébé d’un an, a dit partager les inquiétudes de son mari. « Mais je serai heureuse s’il rentre à la maison après son service de réserviste, pour être avec nous », a-t-elle déclaré.
Plusieurs survivants de la captivité et membres de familles d’otages ont assisté à la cérémonie de bénédiction sacerdotale, notamment Sasha Trufanov et Yulia Trufanova, Julie Kuperstein, la mère de Bar Kuperstein, qui est toujours détenu à Gaza, et les membres de la famille d’Omer Neutra, assassiné le 7 octobre 2023 et dont la dépouille est toujours détenue par le Hamas.
Enveloppés dans des châles de prière blancs, les Cohanim (prêtres en hébreu) ont béni le peuple d’Israël avec les mêmes mots que Dieu a commandé aux premiers prêtres d’utiliser selon la Bible (Nombres, 6:22-26).
« Que Dieu vous bénisse et vous garde ;
qu’Il fasse rayonner Son visage sur vous et vous accorde Sa grâce ;
que le Seigneur vous regarde avec bienveillance et vous donne la paix », ont-ils chanté.
Cette bénédiction au mur Occidental a été instituée dans les années 1970 pour rappeler les anciennes cérémonies du Temple. Elle attire chaque année des dizaines de milliers de fidèles.
« Nous avons tous entendu les nouvelles de ces dernières heures, et je demande à tous ceux qui sont ici de continuer à prier pour les otages », a déclaré le grand rabbin Yosef à la fin de l’office. « Ils sont toujours en grand danger, toujours aux mains de l’ennemi. Continuez à prier jusqu’à ce que chacun d’entre eux, jusqu’au dernier, rentre chez lui pour une vie bonne et paisible. »
« Nous devons attendre et voir si cela se produit », a conclu Eyal Oron en quittant la place du mur Occidental avec son épouse Mazal. « Ce n’est pas fini tant que ce n’est pas fini. »
... alors c’est le moment d'agir ! Le Times of Israël vous fournit chaque jour les informations qui vous intéressent. Qu'il s'agisse de la politique, de la high-tech en Israël, de l'enseignement de la Shoah, des Juifs de Diaspora ou bien encore de l'archéologie, de la culture et de l'environnement en Israël : nous tâchons toujours de couvrir un large spectre des sujets qui vous concernent, alors si vous le pouvez, aidez-nous à continuer à vous offrir ce contenu de qualité indispensable, surtout depuis le 7-Octobre.
la Communauté du Times of Israël !







