Suisse : Un syndicat d’enseignants demande le réexamen de supports pédagogiques de la CICAD
La Fédération des enseignantes et enseignants genevois estime que certaines bandes dessinées produites par la CICAD véhiculent un discours politique et religieux
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La Fédération des enseignantes et enseignants genevois (FEG) a demandé au Département de l’instruction publique (DIP) de Genève de réexaminer des supports pédagogiques utilisés dans les écoles par la Coordination intercommunautaire contre l’antisémitisme et la diffamation (CICAD), estimant que certains contenus ne respecteraient pas le principe de neutralité de l’enseignement, a rapporté, le 4 août 2026, le média suisse 20 Minutes.
Sans remettre en cause la lutte contre l’antisémitisme, le syndicat considère que certaines bandes dessinées produites par la CICAD véhiculent un discours politique et religieux et présentent, selon lui, une vision « orientée » du conflit israélo-palestinien. Il critique également des références religieuses et une représentation jugée stigmatisante des populations arabo-musulmanes.
Le Département de l’instruction publique a précisé que ces documents ne font pas partie des moyens d’enseignement officiels et qu’ils sont uniquement utilisés dans le cadre d’ateliers animés par la CICAD, sous la supervision des enseignants. La FEG souhaite que le rôle de l’association et le contenu de ses interventions soient débattus à la rentrée scolaire. Le canton de Genève s’est dit ouvert à une discussion si le sujet est inscrit à l’ordre du jour.
Dans un communiqué publié mercredi 5 août, la CICAD a rejeté ces critiques. L’association affirme n’avoir reçu « aucune interpellation formelle » de la Fédération des enseignantes et enseignants genevois et dit avoir découvert ces reproches par voie de presse. Elle défend les supports auxquels elle a recours, qui sont consacrés à la Shoah, au génocide des Tutsi, au négationnisme ou encore aux mécanismes des préjugés, assurant qu’ils sont utilisés dans un cadre pédagogique, sous la supervision des enseignants. La CICAD réfute également les accusations de discours politique ou religieux, de stigmatisation des musulmans et de lecture « sioniste » de l’histoire, estimant que ses ouvrages visent uniquement à lutter contre l’antisémitisme et les discours de haine.
« La réalité est simple », conclut la CICAD dans son communiqué. « Au moment où l’antisémitisme atteint des niveaux inédits, où des appels au boycott et des pétitions cherchent à assécher puis à écarter la CICAD, on voudrait aussi la chasser des écoles. Ce serait priver la jeunesse genevoise de l’un des rares outils de mémoire et d’esprit critique face à la haine, précisément quand elle en a le plus besoin. La CICAD ne se laissera pas intimider. Elle demeure ouverte, comme elle l’a toujours été, à un dialogue véritable, y compris avec les enseignants et leurs représentants. Mais elle n’acceptera pas que la lutte contre l’antisémitisme soit rebaptisée ‘parti pris politique’. Ce serait donner raison, dans les faits, à ceux que ces bandes dessinées combattent. »
la Communauté du Times of Israël !







