Sultan Ahmed ben Sulayem, l’homme d’affaires émirati rattrapé par ses liens avec Epstein
Le PDG DP World a partagé des détails intimes avec le prédateur sexuel, notamment sur une expérience sexuelle avec une étudiante à Dubaï et sur des massages sexuels lors d'un voyage à Tokyo
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Sultan Ahmed ben Sulayem est un entrepreneur de renom, étroitement associé à l’essor commercial de Dubaï, mais qui vient de tomber de son piédestal, après la révélation de son amitié et de sa correspondance intime avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein.
Décrit par ce dernier comme l’un de ses « amis les plus fiables », l’homme d’affaires émirati est cité plus de 9 400 fois dans les millions de pages du dossier Epstein publiées fin janvier par la justice américaine.
Le géant mondial des ports, des terminaux et des centres logistiques, DP World, basé à Dubaï, a annoncé vendredi son remplacement au poste de PDG et directeur-général, sans en préciser les raisons ni le citer.
Âgé de plus de 70 ans, il a dirigé le groupe pendant « plus de quatre décennies » et a également présidé la Société des ports, des douanes et des zones franches, selon sa biographie désormais supprimée du site internet de DP World.
« Bras droit »
Ce patron fortuné a été présenté par Epstein comme « le bras droit » du dirigeant de Dubaï, cheikh Mohammed ben Rached.
Il est membre du conseil exécutif de Dubaï, qui gère les affaires gouvernementales et est présidé et supervisé par le cheikh Mohammed.
Cet organisme gouvernemental « soutient et aide le souverain dans l’exercice de ses fonctions et de ses pouvoirs » et est « chargé de concevoir et d’adopter les politiques publiques de l’émirat », stipule son site internet.
Sulayem a également été membre du conseil d’administration de l’Autorité fiscale fédérale des Émirats arabes unis et du Conseil des zones franches de Dubaï.
Au fil des décennies, son nom a été associé à la montée en puissance de Dubaï, une modeste ville portuaire devenue une place commerciale internationale.
DP World, prestataire mondial de logistique de bout en bout, contribue à plus de 36 % du PIB de Dubaï et à environ 12 % du PIB des Émirats arabes unis.
Le géant s’accapare près de 10 % du commerce mondial par conteneurs.
L’homme d’affaires a également joué un rôle de premier plan au sein du groupe immobilier Nakheel, qui a notamment construit une île artificielle en forme de palmier, l’une des attractions les plus célèbres de Dubaï.
Détails intimes
La mention de Sulayem dans le dossier Epstein ne suppose pas, a priori, qu’il ait commis des actes répréhensibles, mais les documents ont révélé des relations étroites entre les deux hommes, même après la première condamnation d’Epstein pour sollicitation sexuelle d’une mineure, en 2008.
Leur correspondance soutenue entre 2009 et 2018 mêle rendez-vous, discussions privées et d’affaires. Les documents mentionnent plusieurs visites chez Jeffrey Epstein, y compris sur son île privée.
L’homme d’affaires émirati a partagé des détails intimes avec le prédateur sexuel, notamment sur une expérience sexuelle avec une étudiante à Dubaï et sur des massages sexuels lors d’un voyage à Tokyo.
Thomas Massie, élu républicain à la Chambre des représentants des États-Unis, a commenté sur le réseau social X son départ de DP World, relevant qu’il intervenait après la révélation d’un courriel adressé à Jeffrey Epstein évoquant une « vidéo de torture ».
Massie, qui a eu accès aux versions non caviardées des fichiers Epstein avec son collègue démocrate Ro Khanna, avait publié sur X un échange de courriels datant de 2009 entre Epstein et un expéditeur dont le nom était caviardé, évoquant une « vidéo de torture ».
« Le ministère de la Justice a caviardé les informations nécessaires pour identifier qui a envoyé à Epstein le courriel de la ‘vidéo de torture’ », a-t-il écrit vendredi sur X.
« Ro Khanna et moi avons découvert son nom et l’avons rendu public lundi. Il démissionne aujourd’hui », a-t-il ajouté.
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