Téhéran réclame réparation pour une marée noire causée par un navire qu’il aurait lui-même attaqué
A titre général, l'Iran exige des États-Unis une indemnisation des dégâts de guerre avant de rouvrir le détroit d'Ormuz, entre autres conditions dévoilées samedi par Téhéran
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Jeudi, Téhéran a exigé réparation pour les dégâts environnementaux causés dans le détroit à la suite d’une marée noire provenant d’un pétrolier semble-t-il attaqué par l’Iran lui-même.
A titre général, l’Iran exige des États-Unis une indemnisation des dégâts de guerre avant de rouvrir le détroit d’Ormuz, entre autres conditions dévoilées samedi par Téhéran qui ont douché les espoirs des médiateurs d’obtenir un accord, la semaine dernière.
Jeudi, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a mis en garde contre la dégradation de l’environnement dans le détroit d’Ormuz après qu’une nappe de pétrole a atteint l’île de Qechm, dans le sud de l’Iran.
La nappe « abîme les eaux » du Golfe et de la mer d’Oman, et « les premiers éléments indiquent qu’un vraquier étranger en est la source », a déclaré Baghaei.
Mais selon TankerTrackers, un site Internet hébergé aux États-Unis chargé de surveiller le trafic maritime mondial, la fuite semble provenir d’une attaque iranienne contre le vraquier Minoan Pioneer dans les eaux omanaises, le 3 août dernier.
« La nappe a ensuite dérivé dans le détroit jusqu’en Iran », lit-on sur le site Internet.
Selon Habib Masihi, responsable du service de protection de l’environnement de la province de Hormozgan, dans le sud de l’Iran, la marée noire qui a atteint l’île de Qechm a été « presque entièrement nettoyée mercredi soir ». Près de 32 000 mètres carrés de zones côtières ont été touchés, ainsi que des eaux, sur une surface de 90 000 mètres carrés, a-t-il précisé.
Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a déclaré que de telles marées noires avaient, ces « dernières décennies, causé pour plusieurs milliers de milliards de dollars de dégâts aux zones côtières iraniennes », avant d’exiger des réparations.
« Chacun des acteurs qui bénéficie du commerce maritime dans le détroit d’Ormuz a l’obligation légale et morale de réparer les préjudices environnementaux qu’il y cause », a déclaré Baghaei.
D’après des images satellite, une autre nappe pétrolière de grande taille s’est propagée ces derniers jours à partir d’un pétrolier endommagé par des explosions, échoué près de l’île d’Al-Qibliyyah, au sud-ouest d’Oman.
Le pétrolier en question – le Caroline Bezengi – est bloqué depuis qu’il a été endommagé début juin par des explosions d’origine inconnue. Il avait, avant cela, fait l’objet de sanctions de la part du Royaume-Uni en raison de son rôle dans le transport de pétrole russe sous sanction. Sa cargaison est estimée à plus de 800 000 barils.
Selon les images satellite, le pétrolier est en train de s’enfoncer dans le détroit , ce qui pourrait, selon les experts, causer une catastrophe environnementale sans précédent s’il coulait ou venait à se briser, ce qui aurait pour effet de répandre dans les eaux l’intégralité de sa cargaison.
Jeudi, la société britannique de gestion des risques et d’intervention maritimes Ambrey a annoncé avoir été engagée pour renflouer le pétrolier de la flotte fantôme russe échoué. Selon ce communiqué, qui ne dit rien de l’entité qui l’envoie, le personnel d’Ambrey est monté à bord du Caroline Bezengi avec l’aide de l’armée de l’air omanaise afin d’évaluer l’état du navire avant de le stabiliser.
« Il s’agit d’une situation extrêmement complexe, aggravée par des conditions météorologiques défavorables liées à la mousson du Khareef », a déclaré Ed Wollaston, directeur des interventions d’Ambrey pour le monde entier, en faisant référence à la saison de la mousson qui, dans la région, atteint son maximum en juillet et août.
L’entreprise ne dispose pas encore d’estimations de la durée ou du coût des opérations de sauvetage.
Mercredi, l’Autorité de l’environnement d’Oman a déclaré que la marée noire provenant du Caroline Bezengi avait atteint les côtes de Ras Madrakah, à plus de 200 kilomètres au nord d’Al-Qibliyyah. Les autorités estiment que la nappe pourrait s’étendre sur plus de 100 kilomètres plus au nord, jusqu’à l’île de Masirah.
Vendredi, les Émirats arabes unis ont dénoncé ce qu’ils ont qualifié d’ « attaque iranienne hostile » survenue pendant la nuit dans le détroit d’Ormuz contre deux navires liés à la compagnie nationale Abu Dhabi National Oil Company.
Selon la compagnie et le ministère des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, la situation est « sous contrôle » et aucun blessé n’est à signaler.
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