Téhéran se dit ouvert au dialogue et à la reprise des négociations sur le nucléaire
Le chef de la diplomatie iranienne salue les efforts diplomatiques de Trump avant les frappes israéliennes, évoque une reprise des pourparlers, ajoutant que l’Iran reste méfiant
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La République islamique de l’Iran reste ouverte à la voie diplomatique, a déclaré mardi le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, affirmant que lui et l’envoyé spécial du président Donald Trump étaient « au seuil d’une percée historique » juste avant la guerre Israël–Iran du mois dernier.
Ces déclarations, issues d’un article signé Araghchi et publié dans le Financial Times, saluent les efforts diplomatiques de Trump et laissent entendre qu’un retour à la table des négociations sur le programme nucléaire iranien est envisageable.
« En seulement cinq réunions sur neuf semaines, l’envoyé spécial américain Steve Witkoff et moi avons accompli davantage que ce que j’avais réussi à obtenir en quatre années de négociations nucléaires avec l’administration Biden, qui a lamentablement échoué. Nous étions à deux doigts d’une percée historique », a écrit Araghchi.
Il a précisé qu’une sixième réunion cruciale était prévue dans les 48 heures lorsqu’Israël a lancé, le 13 juin, des frappes aériennes contre des installations nucléaires et des sites de missiles balistiques en Iran.
Les autorités israéliennes ont déclaré que cette attaque préventive était nécessaire pour neutraliser une « menace existentielle » émanant de la République islamique, qui appelle ouvertement à la destruction de l’État d’Israël. Le conflit entre l’Iran et Israël a duré 12 jours, au cours desquels Donald Trump a ordonné à des bombardiers américains de frapper les installations nucléaires souterraines iraniennes.
Araghchi a reconnu avoir reçu des messages indiquant que Washington pourrait être disposé à reprendre les négociations. Il a rappelé que les États-Unis faisaient partie des six signataires de l’accord nucléaire de 2015, dont ils se sont retirés en 2018 sous la première présidence Trump.
« L’Iran reste attaché à la voie diplomatique, mais nous avons de bonnes raisons d’être prudents quant à la poursuite du dialogue. S’il existe une volonté sincère de résoudre cette crise par des moyens pacifiques, les États-Unis doivent faire preuve d’un réel engagement en faveur d’un accord équitable », a-t-il déclaré.
Plus tard mardi, Araghchi s’est entretenu à La Mecque avec son homologue saoudien, le prince Fayçal ben Farhan al-Saoud, pour discuter des relations bilatérales et des derniers développements régionaux, selon l’agence de presse officielle saoudienne SPA.
Il s’agissait de la première visite d’Araghchi en Arabie saoudite, rivale régionale de l’Iran, depuis la fin du conflit de 12 jours avec Israël.
Selon le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, Araghchi aurait également mené des discussions « productives » avec le prince héritier Mohammed ben Salmane (MBS) et le ministre de la Défense Khalid ben Salmane. Le lieu de ces rencontres n’a pas été précisé.
Opportunités de paix avec l’Iran
Lors d’une réunion à la Maison-Blanche avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu lundi soir, Trump a déclaré aux journalistes : « Nous avons programmé des discussions avec l’Iran, et ils… veulent parler ». Witkoff a indiqué que cette rencontre pourrait avoir lieu dans la semaine à venir.
Netanyahu a, de son côté, exprimé une certaine ouverture à la reprise des négociations entre l’Iran et les États-Unis, lors d’une déclaration faite après sa rencontre avec le président de la Chambre des représentants américaine, Mike Johnson.
« Il existe des opportunités de paix que nous comptons concrétiser… Nous travaillons ensemble en ce sens », a affirmé le Premier ministre.
Selon un haut responsable israélien présent à Washington, les déclarations de Trump concernant l’ouverture de pourparlers directs avec l’Iran en avril n’avaient pas surpris Jérusalem.
« Nous en avions parlé avec lui au préalable », a-t-il précisé, alors que Netanyahu se tenait à ses côtés.
Lundi, Trump a réaffirmé à la presse son intention de lever les sanctions à terme.
« J’aimerais pouvoir, au moment opportun, lever ces sanctions », a-t-il déclaré. En amont de la visite de Netanyahu, le président américain avait déclaré que les États-Unis « travaillaient sur de nombreux sujets » avec Israël, notamment « un accord permanent possible avec l’Iran ».
Le président iranien Masoud Pezeshkian a déclaré dans un entretien publié lundi qu’il pensait possible de résoudre les différends avec Washington par la voie du dialogue.
Mardi, une source diplomatique française a affirmé que les puissances européennes devraient rétablir les sanctions de l’ONU contre l’Iran si aucun accord nucléaire ne venait garantir les intérêts de la sécurité européenne.
Cette déclaration intervient après un échange entre le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, et son homologue britannique David Lammy, en amont d’un sommet franco-britannique.
Téhéran nie chercher à acquérir l’arme nucléaire, mais enrichit de l’uranium à des niveaux qui n’ont pas d’usage civil connu, empêche les inspecteurs internationaux d’accéder à ses sites nucléaires, et développe activement ses capacités balistiques. Israël affirme que l’Iran a récemment franchi plusieurs seuils dans sa marche vers l’arme nucléaire.
En réponse aux frappes israéliennes, l’Iran a lancé plus de 500 missiles balistiques et environ 1 100 drones sur Israël. Ces attaques ont fait 28 morts et plus de 3 000 blessés, selon les autorités sanitaires israéliennes.
Au total, 36 missiles et un drone ont touché des zones civiles, endommageant 2 305 logements dans 240 bâtiments, deux universités et un hôpital, et provoquant le déplacement de plus de 13 000 personnes.
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