Tensions à Oslo avant le match qualificatif au mondial de football Norvège-Israël
Une sécurité renforcée est mise en place alors que des milliers de manifestants anti-Israël sont attendus à propos de la guerre à Gaza
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Des milliers de manifestants anti-Israël sont attendus samedi à Oslo, en Norvège, avant le match de qualification pour la Coupe du monde de football entre les équipes nationales israélienne et norvégienne, un événement à haut risque éclipsé par la guerre à Gaza.
Ce match de samedi soir devrait être « l’événement sportif le plus sécurisé en Norvège depuis les Jeux olympiques d’hiver de 1994 », a fait savoir le quotidien britannique The Guardian.
Selon les informations disponibles, « des mesures antiterroristes ont été mises en place dans toute la ville d’Oslo », la police a imposé une zone d’exclusion aérienne au-dessus du stade, et les supporters des deux nations ne seront pas autorisés à s’asseoir dans des sièges proches du terrain.
Les tensions sont d’autant plus vives que la Fédération norvégienne de football s’est récemment jointe au concert des voix qui appellent à l’exclusion des équipes israéliennes des compétitions internationales, en raison des actions de l’État juif dans le cadre de la guerre à Gaza.
La NFF, probablement la plus virulente de toutes les fédérations européennes dans son refus de voir Israël participer aux événements internationaux de football, a déclaré avant le match que tous les profits seraient reversés à l’organisation Médecins sans frontières pour son travail dans la bande de Gaza – une décision qui a suscité les critiques des Israéliens.
« Il serait souhaitable qu’une partie de cette somme soit consacrée à obtenir une condamnation du pogrom du 7 octobre par la Fédération norvégienne de football, un massacre qui a coûté la vie à des centaines de citoyens et d’enfants israéliens », a déclaré la Fédération israélienne de football, faisant référence aux attaques menées par le Hamas en 2023, qui ont déclenché la guerre à Gaza.
Cette semaine, l’UEFA, l’instance dirigeante du football européen, qui avait prévu de voter l’exclusion d’Israël des compétitions, a toutefois suspendu sa décision après l’annonce d’un accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas.
La présidente de la Fédération norvégienne de football Lise Klaveness a pour sa part indiqué que la décision d’exclure Israël n’était « pas une tentative d’interdire Israël, mais une question de respect des règles ».
« Comme tout le monde, nous sommes très heureux de la conclusion de cet accord de paix », a-t-elle précisé. « Le fait que les bombes cessent de tomber et que les otages rentrent chez eux est bien plus important que le match. »
« Lorsque nous avons évoqué la question des sanctions, nous parlions de violations des règles de la FIFA. C’est un débat qui devrait se poursuivre », a-t-elle ajouté, faisant apparemment référence aux appels lancés de longue date par la fédération palestinienne de football, avant même la guerre à Gaza, demandant que la FIFA prenne des mesures contre l’instance dirigeante du football israélien pour avoir intégré des équipes issues des implantations de Cisjordanie dans ses ligues.
La NFF n’envisageait pas elle-même de boycotter le match. Mais les militants du pays ont fait pression pour faire adopter une ligne beaucoup plus dure à l’égard d’Israël.
« Israël ne devrait pas prendre part aux événements footballistiques internationaux alors qu’il viole le droit international et empêche les footballeurs palestiniens de jouer », a expliqué Line Khateeb, responsable du Comité palestinien en Norvège, au Guardian.
« Nous ne perturberons pas le match. Nous voulons que la Norvège l’emporte », a-t-elle poursuivi. « Nous allons manifester, mais après ce match, il y en aura d’autres, qui impliqueront des équipes juniors, ou prévus dans le cadre de compétitions européennes. Les équipes de football norvégiennes devraient refuser d’accueillir Israël. »
C’est l’organisation de Khateeb qui mènera la marche de protestation à Oslo.
Le capitaine de l’équipe nationale israélienne, Eli Dasa, interrogé par les journalistes avant le match sur le sentiment de l’équipe face au renforcement des mesures de sécurité, a estimé que ces mesures n’étaient « pas beaucoup plus strictes que d’habitude ».
L’équipe nationale s’est habituée à jouer sous l’étroite surveillance des agences de sécurité, en particulier durant les deux dernières années de guerre, alors que les tensions contre Israël se sont accrues à l’échelle internationale.
L’annonce du cessez-le-feu à Gaza, ainsi que le retour imminent d’une vingtaine d’otages vivants, retenus dans l’enclave côtière par des groupes terroristes depuis plus de deux ans, suscitent « un véritable enthousiasme et nous aident énormément », a fait valoir Dasa.
« C’est la première fois depuis le 7 octobre 2023 que nous jouons un match avec l’espoir que quelque chose se passe. Aujourd’hui, ils sont sur le chemin du retour et nous aimerions leur offrir un beau cadeau », a confié Dasa.
Samedi, le coup d’envoi du match sera donné à 19 heures, heure israélienne.
Au-delà de la politique, ce match de samedi est d’une importance cruciale pour les deux équipes – ainsi que pour l’Italie, qui est le prochain adversaire de l’équipe d’Israël.
Une victoire permettrait à la Norvège de faire son retour en Coupe du Monde, une compétition dont elle est absente depuis 28 ans, à condition toutefois que l’Italie échoue face à l’Estonie ou à Israël dans le groupe I. C’est également un match que l’équipe israélienne doit impérativement remporter si elle souhaite conserver un espoir de se qualifier pour la Coupe du monde qui se déroulera l’an prochain.
La Norvège a joué des premiers matchs de qualification idéaux, marquant 24 buts en cinq victoires consécutives, se rapprochant ainsi de la phase finale.
L’attaquant superstar Erling Haaland, qui n’a encore jamais encore disputé de grande compétition, affiche déjà un total impressionnant de neuf buts dans son groupe. Il en avait inscrit cinq lors du dernier match, qui s’était soldé par une victoire écrasante 11 à 1 contre la Moldavie.
Les Scandinaves devront toutefois se passer de leur capitaine Martin Odegaard, qui s’est blessé au genou au cours d’un match avec Arsenal, le week-end dernier.
Quadruple championne du monde, l’Italie fera tout son possible pour éviter les barrages. Elle avait en effet échoué à ce stade des qualifications pour les Coupes du monde 2018 et 2022, respectivement contre la Suède et la Macédoine du Nord.
Le match de mardi face à Israël, dans la ville d’Udine, devrait également donner lieu à des manifestations de masse ainsi qu’à un dispositif de sécurité renforcé.
Cette ville du nord de l’Italie a prévu des mesures de sécurité exceptionnelles. Le Comité pour la Palestine-Udine, organisateur de la manifestation, a de surcroît décidé de maintenir son projet de rassemblement malgré le cessez-le-feu récemment annoncé à Gaza.
IL 14 OTTOBRE TUTTE E TUTTI A UDINE!
Martedì 14 ottobre alle ore 20:45 si terrà a Udine la partita per le qualificazioni mondiali di calcio tra Italia e Israele. pic.twitter.com/MM8MVutRuG
— Global Movement to Gaza Italia (@gmtgitalia) October 10, 2025
« Nos revendications n’ont pas changé », a fait savoir un porte-parole du groupe à Reuters, qualifiant la rencontre de « match de la honte ».
« Nous soutenons le peuple palestinien », a-t-il ajouté. « Nous soutenons son droit à l’autodétermination, son droit au retour et son droit à vivre une vie libre de toute occupation, dans la bande de Gaza et dans toute la Palestine. Nous ne relâcherons notre pression que lorsque le peuple palestinien sera pleinement libre. »
La municipalité d’Udine a publié vendredi une série de restrictions, incluant notamment des fermetures de routes et des limitations de stationnement qui entreront en vigueur samedi. Elle a en outre installé des barrières en béton dans et aux abords du stade, afin de créer des zones de sécurité.
Le jour du match, la vente de nourriture et de boissons dans des récipients en verre, en céramique ou en étain est interdite. Tout le mobilier extérieur doit être retiré des établissements publics.
L’Observatoire national des événements sportifs a attribué à ce match le niveau de risque le plus élevé. Pour sa part, la préfecture d’Udine, autorité gouvernementale, a averti que la manifestation pourrait se voir infiltrée par des groupes violents.
Les organisateurs de la manifestation ont affirmé qu’ils ne souhaitaient pas empêcher la tenue du match, le rassemblement étant prévu loin du stade. Mais d’autres marches pourraient avoir lieu.
Le maire d’Udine, Alberto Felice De Toni, avait demandé le report de la rencontre. Mais l’Italie, quadruple championne du monde, veut à tout prix éviter une troisième élimination consécutive du Mondial et ne compte pas prendre le risque de ne pas jouer.
Lundi, seuls 4 000 billets avaient été vendus pour ce match prévu au Stadio Friuli, un stade qui compte 25 000 places.
Bryan Cristante, le milieu de terrain italien, qui a grandi à moins d’une heure de route d’Udine, a également salué les efforts de paix.
« Nous sommes tous très heureux. C’est ce que nous voulions », a confié Cristante. « Espérons que le stade d’Udine sera comble. Parce que nous avons besoin de nos supporters. Ils peuvent nous donner un coup de pouce supplémentaire. »
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