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Trump désapprouve le projet de Starmer de reconnaître un État palestinien

Les deux chefs d'Etats sont toutefois alignés sur l'idée que le Hamas n'a pas de place dans la future gouvernance palestinienne

Le président américain Donald Trump et le Premier ministre britannique Keir Starmer tenant une conférence de presse conjointe, à Chequers, près d'Aylesbury, en Angleterre, le 18 septembre 2025. (Crédit : Leon Neal/Pool Photo via AP)
Le président américain Donald Trump et le Premier ministre britannique Keir Starmer tenant une conférence de presse conjointe, à Chequers, près d'Aylesbury, en Angleterre, le 18 septembre 2025. (Crédit : Leon Neal/Pool Photo via AP)

Alors qu’il effectuait une visite officielle au Royaume-Uni, le président américain Donald Trump a fait part jeudide sa désapprobation à l’égard du projet du Premier ministre britannique Keir Starmer de reconnaître un État palestinien. Selon certaines informations, Starmer s’apprêterait en effet à procéder à cette reconnaissance dès le départ du président américain.

À l’occasion d’une conférence de presse aux côtés du dirigeant britannique à proximité de Londres, Trump a indiqué avoir « quelques désaccords avec le Premier ministre sur ce point, en réalité l’un de nos rares désaccords ».

Starmer a toutefois fait savoir que lui et Trump s’accordaient sur l’objectif ultime de la paix dans la région.

« Nous sommes tout à fait d’accord sur la nécessité de la paix, ainsi que sur celle d’une feuille de route en ce sens », a déclaré le dirigeant britannique, appelant les groupes terroristes de Gaza à relâcher les 48 otages restants et Israël à envoyer une aide d’urgence dans ce territoire ravagé par la guerre. « Parce que la situation à Gaza est intolérable. »

Interrogé sur la question des otages, Trump a répondu souhaiter leur libération immédiate, en une seule fois. « Pas un, pas deux, pas de ‘nous vous en rendrons trois demain’. »

« Nous demandons la libération immédiate des otages », a dit Trump. « C’est ce que veut le peuple d’Israël. Nous voulons également la fin des combats. Et nous l’obtiendrons. »

Dans son introduction, Trump a rappelé que les États-Unis « travaillaient très dur sur les questions d’Israël et de Gaza, et sur tous les événements en cours », et que ces efforts « allaient porter leurs fruits ».

« Mais avec la guerre, on ne sait jamais », a-t-il ajouté. « La guerre, c’est différent. Des choses arrivent, qui sont tout le contraire de ce à quoi on s’attendait. On s’imaginait que ça allait être facile ou difficile, et finalement, c’est l’inverse qui se produit. »

Le président Donald Trump serre la main du Premier ministre britannique Keir Starmer au cours d’une conférence de presse conjointe à Chequers, près d’Aylesbury, au Royaume-Uni, le 18 septembre 2025. (Crédit : AP Photo/Evan Vucci)

La conférence de presse a également abordé le sujet de la reconnaissance officielle par Starmer d’un État palestinien après le départ de Trump du Royaume-Uni, jeudi soir. Selon un article non sourcé publié mercredi par le Times, Starmer prévoyait de reconnaître un État palestinien avant même que plusieurs pays, la France en tête, ne le fassent au cours de l’Assemblée générale des Nations unies, qui se tiendra à New York à la fin du mois.

Si Starmer n’a fait aucun commentaires sur le moment choisi pour cette reconnaissance, il a insisté auprès des journalistes sur le fait que cette décision « n’avait rien à voir avec cette visite d’État ».

« Je me suis entretenu avec le président sur cette question, comme vous pouvez vous en douter, ainsi que le font deux dirigeants qui se respectent et s’apprécient mutuellement, et qui souhaitent parvenir au meilleur résultat possible », a-t-il ajouté.

Malgré leurs désaccords sur la nature d’un futur État palestinien, Trump et Starmer ont toutefois convenu de certains points, notamment lorsque le dirigeant britannique a parlé du Hamas comme d’une « organisation terroriste qui ne doit en aucun cas prendre part à la future gouvernance de la Palestine ».

Cette remarque, qui suivait une question visant à savoir si la reconnaissance de la Palestine pouvait être considérée comme une récompense pour le Hamas, a valu à Starmer un sourire et une tape dans le dos de la part de Trump.

Pour le dirigeant britannique, le groupe terroriste s’oppose lui-même au plan de paix du Royaume-Uni. En effet, même si la reconnaissance d’un État palestinien en est l’un des éléments clés, ce plan prévoit toujours une solution à deux États, une solution que le groupe refuse.

Les critiques des projets de reconnaissance considèrent ce point comme sans importance. Selon eux, le Hamas pourrait présenter cette reconnaissance comme une victoire auprès de la population palestinienne, un succès survenant comme une conséquence directe des horreurs qu’il a perpétrées le 7 octobre 2023.

« Les forces du ciel et les forces de l’enfer »

Jeudi, l’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, adoptant une position contraire à celle de l’Europe, s’est dit « indigné » par la colère internationale à l’égard d’Israël au sujet de la guerre à Gaza, rejetant la possibilité d’une solution diplomatique en cas de conflit avec une organisation comme le Hamas.

« Il est impossible de traiter ce genre de barbarie par la diplomatie et le dialogue », a déclaré Huckabee lors du Sommet mondial de l’Institut international pour la lutte contre le terrorisme (ICT) organisé par l’université Reichman. « Pour s’asseoir à la table et discuter, il faut avoir un certain niveau de moralité. Ce n’est pas le cas du Hamas. Si ceci est de la diplomatie, alors ceci se fera sans moi. »

« Une diplomatie qui se contente de verbiage et d’absurdités dites sur un ton lénifiant, et qui s’imagine que tout les intervenants veulent la même chose avec simplement de légères variations d’opinion, une telle diplomatie va nous tuer », a fait savoir Huckabee.

« Nous devons réaliser qu’il existe une différence entre les forces du ciel et les forces de l’enfer. Sinon, le seul résultat que nous obtiendrons sera davantage de terrorisme massacrant davantage d’innocents, sur toute la planète. »

Mike Huckabee prend la parole lors d’une conférence à l’université Reichman, à Herzliya, le 18 septembre 2025. (Crédit : Gilad Kalaverchik/Reichman University)

Israël, a-t-il ajouté, n’a « pas d’autre choix que de mettre fin à l’occupation de Gaza par le Hamas ».

« Ne pas mettre fin au règne du Hamas à Gaza serait aussi insensé que de laisser les nazis au pouvoir en Allemagne après la Seconde Guerre mondiale. »

Huckabee a de surcroît reproché aux « Européens, aux Canadiens et à d’autres nations » d’avoir fait pression sur Israël pour qu’il mette fin à la guerre en cours à Gaza, affirmant que cela « n’avait aucun sens ».

« Il ne revient pas à Israël de mettre fin à cette situation », a-t-il expliqué. « C’est au Hamas d’y mettre fin. Trump a toujours affirmé que le Hamas n’avait aucun avenir, qu’il ne pouvait pas régner sur Gaza, et que tous les otages devaient être relâchés immédiatement. »

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