Trump ira au gala de l’Association des correspondants de la Maison Blanche après un long boycott
Les journalistes ont exhorté les organisateurs de l'événement à dénoncer la tentative de Trump de "bafouer la liberté de la presse" pendant sa présidence
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WASHINGTON (Reuters) — Le président américain Donald Trump, connu pour ses prises de bec avec les journalistes et pour sa dénonciation des « Fake news » qui sont, selon lui, relayées par les médias, assistera samedi au dîner de l’Association des correspondants de la Maison Blanche — une première en tant que président.
Chaque année depuis sa création, la WHCA invite le président en exercice à sa célébration annuelle de la liberté de la presse. Tous y avaient, jusqu’à présent, assisté à un moment ou à un autre de leur mandat – à l’exception de Trump.
Après que Trump a boycotté cet événement en tenue de soirée lors de son premier mandat et en 2025, sa participation cette année entraîne à la fois la surprise et une grande attente à Washington – notamment en raison de la relation conflictuelle et compliquée qu’entretient le président avec les journalistes.
Il a ainsi intenté des poursuites contre des médias, qualifié certains reportages de « Fake news » et il s’en est pris personnellement à des journalistes. Son administration a notamment interdit l’Associated Press à la Maison Blanche et il a restreint l’accès des journalistes au Pentagone.
Pourtant, il accorde également aux médias un accès bien plus large que cela avait pu être le cas de ses prédécesseurs, leur parlant régulièrement au téléphone et répondant à leurs questions lors de ses fréquentes apparitions devant la presse.
Certains membres des médias, à Washington, ont fait savoir qu’ils s’opposaient à la présence de Trump au Washington Hilton, samedi.
« La présidence de Trump dans son ensemble est, bien entendu, un affront qui est fait à la liberté de la presse », a écrit Whitney Snyder, la rédactrice en chef du HuffPost, dans une chronique qui expliquait la décision qui a été prise par le média de bouder le dîner.
Plus de 350 journalistes, anciens et actuels, dont l’ancien présentateur du journal télévisé, Dan Rather, ainsi que des groupes tels que la Society of Professional Journalists, ont signé une lettre qui a appelé la WHCA à profiter de cette occasion pour pour « manifester avec force son opposition aux efforts livrés par le président Trump qui visent à bafouer la liberté de la presse ».
La lettre a indiqué que certains journalistes prévoyaient de porter des mouchoirs de poche ou des pins arborant le Premier amendement de la Constitution américaine, qui protège la liberté d’expression.
La WHCA a fait savoir que ce dîner réaffirmait l’importance de la liberté des médias. « Alors que nous célébrons le 250e anniversaire des États-Unis, notre choix de nous réunir – journalistes, personnalités de l’actualité et président – dans la même salle rappelle ce que signifie une presse libre pour ce pays et rappelle aussi pourquoi elle doit perdurer », a commenté la présidente de la WHCA, Weijia Jiang, dans un communiqué.
« Non pas pour les médias ou le président, mais pour les personnes qui en dépendent », a-t-elle ajouté.
Un porte-parole de la Maison Blanche a renvoyé Reuters vers un message qui avait été publié par Trump sur le réseau Truth Social, le 2 mars – un message dans lequel le président expliquait qu’il avait auparavant boudé l’événement parce que la presse s’était montrée « extrêmement méchante » à son égard, mais qu’il avait accepté l’invitation de cette année.
« En l’honneur du 250e anniversaire de notre nation », avait-il écrit, « et en l’honneur du fait que ces ‘correspondants’ admettent désormais que je suis véritablement l’un des plus grands présidents de l’Histoire de notre pays, le G.O.A.T. (le plus grand de tous les temps), selon un grand nombre, ce sera un honneur pour moi d’accepter leur invitation et de m’efforcer de faire de ce gala le DÎNER LE PLUS GRAND, LE PLUS BRÛLANT et LE PLUS SPECTACULAIRE, DE TOUS LES GENRES, DE TOUS LES TEMPS ! »
Pour de nombreux chroniqueurs qui ont suivi la vie et l’ascension de Trump, ce dîner occupe une place légendaire dans son histoire. En tant que simple citoyen en 2011, Trump avait assisté au gala quand le président démocrate Barack Obama l’avait descendu en flammes alors qu’il prononçait son discours, sur la scène. Trump avait semblé ne pas avoir bien pris ces plaisanteries, ce qui avait entraîné une rumeur qui avait laissé entendre que cet événement avait contribué à cristalliser la décision prise par Trump de se présenter à la présidence en 2016, une théorie que Trump a depuis démentie.
C’est le mentaliste israélo-américain Oz Pearlman qui assurera le spectacle après que l’Association des correspondants a décidé de renoncer à l’animateur comique traditionnel de l’événement.
Le président doit s’exprimer samedi pendant environ 40 minutes et il devrait avoir quelques mots bien sentis à l’égard des professionnels des médias, qui seront assis dans le public aux côtés des acteurs politiques les plus influents de Washington.
Sa prise de parole suivra en effet une série de prises de bec qui ont été de plus en plus vives avec les médias. Brendan Carr, président de la FCC qui a été nommé par Trump, a menacé d’enquêter sur Jimmy Kimmel, animateur de l’émission de fin de soirée sur ABC, suite à des paroles qui avaient été prononcées à l’antenne, et il a exhorté la chaîne à retirer son émission de sa grille de programmes sous peine de se voir infliger des amendes et de se voir retirer lsa licence.
Cette semaine, le New York Times a signalé que le FBI avait ouvert une enquête sur l’une de ses journalistes après la publication d’un article critique à l’égard du directeur de l’agence. Le FBI a déclaré que l’article du New York Times était mensonger.
Trump a intenté et réglé des poursuites judiciaires contre ABC et contre la société mère de CBS au sujet de leur couverture médiatique, tout en poursuivant le Wall Street Journal pour un article qui avait décrit une carte d’anniversaire adressée à feu le pédocriminel Jeffrey Epstein, qui portait la signature de Trump. Au début du mois, un juge fédéral a rejeté cette plainte pour diffamation.
L’article sur la carte d’anniversaire est l’un des nombreux articles du Journal que la WHCA mettra à l’honneur samedi.
Le dîner débutera par l’arrivée des invités sur le tapis rouge, samedi, et Trump prendra la parole après 22 heures.
L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.
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