Tsahal réduit le budget des salaires des équipes de défense civile à la frontière avec Gaza
Avec le retour d'un grand nombre de premiers intervenants, Tsahal estime qu'un salaire à temps plein n'est plus nécessaire ; la nouvelle formation mensuelle de 67 équipes de sécurité fait ses preuves
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Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

Tsahal a fait savoir aux équipes de défense civile, à la frontière de Gaza, que leur budget salarial sera réduit pour la deuxième fois depuis le pogrom commis par le Hamas, le 7 octobre 2023, à la lumière d’une « évaluation de la situation opérationnelle sur le terrain ».
Une réduction qui sera mise en œuvre après la période des fêtes juives, à la mi-octobre.
Les équipes civiles de première intervention sont composées de volontaires – elles rassemblent souvent des hommes âgés de 30 à 40 ans qui ont accompli leur service militaire obligatoire et qui sont prêts à se mobiliser pour défendre leurs villages et leurs villes.
Les équipes de sécurité qui travaillent aux frontières d’Israël relèvent de la responsabilité de l’armée – chaque communauté devant compter au moins 24 membres par ailleurs formés et armés par l’armée israélienne. Ces groupes ont un commandant – qui peut également assumer la fonction de coordinateur civil de la sécurité. Son salaire est payé par Tsahal et par les autorités locales.
Immédiatement après le massacre qui avait été perpétré par le Hamas – plus 1 200 personnes, des civils en majorité, avaient été assassinés (dont 46 membres volontaires des équipes d’intervention) et 251 personnes avaient été enlevées, prises en otage dans la bande de Gaza – les hommes qui avaient survécu à l’attaque étaient revenus pour aider à défendre leurs villages en tant que soldats de réserve touchant un salaire plein.
Il y a environ un an, alors que de nombreux membres des équipes de défense civile avaient repris leur carrière professionnelle, le budget de l’équipe de sécurité de chaque communauté avait été réduit d’environ 5 %.
Il diminuera de 10 à 20 %, cette fois-ci, selon une porte-parole de Tsahal.
Elle a souligné que le nombre de personnes, dans chaque équipe de première intervention, restera le même – tout comme la quantité des armes et autres équipements fournis. Le seul changement interviendra dans le nombre de membres des brigades de défense civile en service de réserve actif.
Dans chaque localité, le coordinateur de la sécurité civile sera chargé de déterminer comment répartir le budget afin de garantir la rémunération des membres des équipes en service de réserve actif – comme c’est le cas, par exemple, de ceux qui suivent une formation. Là où il n’y aura pas suffisamment de volontaires issus de la communauté, le coordinateur sera libre d’ajouter et de rémunérer des soldats de réserve provenant d’ailleurs.
Le nombre d’hommes, dans les équipes de première intervention, dépend de différents facteurs : la distance par rapport à la frontière de Gaza, la taille de la communauté… Alors que le nombre minimum est de 24 membres, la ville de Sderot en compte 100. 40 places ont été attribuées au kibboutz Yad Mordechai dans la mesure où il y a une école qui doit être protégée au sein de la communauté.
Nouvelle formation pour 67 équipes frontalières de Gaza
Une formation améliorée et professionnalisée proposée à ces équipes fait actuellement ses preuves, explique Ari Briggs, un immigrant australien qui, en coordination avec l’expert de l’antiterrorisme Ehud Dribben, travaille avec des équipes de 67 communautés de la région frontalière de Gaza.
Les équipes suivent une journée de formation par mois pendant un an. Huit de ces sessions comptent pour le service militaire de réserve des participants et elles sont financées par l’armée israélienne. Quatre autres jours sont pris en charge par l’ONG privée Magen Yehuda, dans le cadre de son programme Magen 48.
Jusqu’au massacre du 7 octobre, l’armée israélienne offrait à ces hommes deux sessions annuelles de formation limitée – généralement dans un stand de tir.
Quand le Hamas avait pris d’assaut le territoire, l’armée avait d’abord été débordée. La défense avait reposé en grande partie sur les épaules de ces équipes de première intervention, dont 46 membres avaient perdu la vie dans l’exercice de leurs fonctions.
Aucune des équipes n’avait été formée à l’utilisation des pistolets. Certaines ne disposaient pas de fusils d’assaut ou n’avaient pas eu accès aux arsenaux, entreposés dans des salles verrouillées. Selon une série d’enquêtes qui a été menée par l’armée israélienne après le 7 octobre, la formation de ces équipes n’était pas standardisée et la coordination entre elles, l’armée et d’autres organisations était souvent médiocre.
Au mois d’août 2022, dans le sillage d’une série de cambriolages et de vols d’armes à feu, l’armée avait ordonné à toutes les équipes de sécurité des communautés frontalières de Gaza de rendre leurs fusils d’assaut. Elle avait conditionné leur restitution à l’installation de lieux de stockage sécurisés, soit à domicile, soit dans des entrepôts.
A Beeri, les deux membres de la sécurité qui détenaient les clés de la salle où les armes étaient stockées avaient été tués avant d’avoir pu ouvrir la porte et à Nahal Oz, la pièce était restée fermée lorsque l’électricité avait été coupée, et le seul homme qui détenait une clé pour l’ouvrir manuellement avait été froidement exécuté par les terroristes.
Mais les choses ont changé, confirme Briggs. Les équipes de sécurité conservent leurs armes et leurs équipements chez elles, prêts à être utilisés en cas de besoin. Et leur formation a été grandement améliorée, grâce au travail qui a été effectué par Dribben aux côtés de l’armée israélienne, ajoute-t-il.
« Nous ne reviendrons pas au 6 octobre 2023 », précise Briggs, qui ajoute que des équipes complètes et de haute qualité ont été recrutées dans tous les kibboutzim, à l’exception des cinq qui avaient été les plus touchés par les événements du 7 octobre, dont les résidents vivent toujours dans des logements temporaires. Les 67 communautés (le Moshav Mavkiim est venu récemment s’ajouter aux 66 autres) en sont à leur quatrième session de formation – et certaines en sont déjà à la cinquième.
« Nous avons organisé plus de 250 sessions de formation avec 2 000 personnes », fait-il remarquer.
Il y a un monde entre les capacités anciennes et actuelles de ces équipes. Elles sont au moins quatre fois mieux formées qu’auparavant », dit-il.
Une partie de la formation est consacrée aux soins médicaux d’urgence, grâce à une collaboration avec le docteur Debra West, médecin formée en Australie et ancienne directrice des services d’urgence de l’hôpital Assuta, au sud d’Ashdod.
« Elle a mis au point la formule des ‘cinq minutes d’or’ pour permettre de sauver la vie d’une personne », dit Briggs.
Dans le cadre d’un autre projet, Dribben a transformé un ancien poulailler en une grande « maison » de démonstration avec pour objectif de former les équipes à la prise en charge de potentiels actes de terrorisme et autres prises d’otage à l’intérieur des habitations.
Huit autres sessions de formation sont prévues pour la deuxième année. Il y en aura six par an ensuite.
la Communauté du Times of Israël !







