UE : La proposition de suspendre le financement des start-ups israéliennes n’obtient pas la majorité requise
La proposition de suspendre Israël du programme Horizon, en réaction aux informations faisant état de famine à Gaza, n'a pas obtenu l'adhésion de l'Allemagne et de l'Italie, mais pourrait être réexaminée prochainement
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La proposition de l’Union européenne visant à suspendre Israël d’un programme de financement de la recherche au profit des start-ups n’a pas obtenu le soutien nécessaire pour être adoptée mardi, après que l’Allemagne et l’Italie se sont opposées à cette mesure.
La proposition, annoncée lundi, viendrait suspendre partiellement la participation d’Israël au programme phare de financement de la recherche de l’Union européenne, Horizon. Elle fait suite aux appels lancés par les États de l’UE pour pousser Israël à agir pour réduire la crise humanitaire à Gaza. Elle constitue également l’une des nombreuses mesures prises par les pays européens pour faire pression sur Israël face aux informations faisant état de famine dans l’enclave.
Plusieurs pays de l’Union européenne ont fait savoir la semaine dernière qu’Israël ne respectait pas ses engagements pris dans le cadre d’un accord avec l’Union européenne et visant à augmenter l’aide humanitaire à Gaza. Ils ont demandé à la Commission européenne, l’organe exécutif de l’Union, de proposer des solutions concrètes.
« Bien qu’Israël ait annoncé une pause humanitaire quotidienne dans les combats à Gaza et ait respecté certains des engagements pris dans le cadre de l’accord commun sur l’aide et l’accès humanitaires, la situation reste grave », a déclaré la Commission européenne dans un communiqué en amont de la proposition.
Selon cette proposition, Israël devrait quitter le programme « Accelerator » du Conseil européen de l’innovation, un fonds destiné aux start-ups actives dans des domaines tels que la technologie des drones, la cybersécurité et l’intelligence artificielle.
Mais la proposition a échoué à obtenir la majorité lors d’une réunion des pays de l’UE, après que l’Allemagne et l’Italie ont demandé à bénéficier de davantage de temps pour l’examiner. Pour être adoptée, la proposition doit être approuvée par une majorité qualifiée des pays de l’UE, soit au moins 15 des 27 États membres, représentant au moins 65 % de sa population.
Les deux pays auraient également souhaité demandé un délai afin d’observer l’évolution vers une éventuelle amélioration de la situation humanitaire à Gaza. Ces derniers jours, en réponse à la forte pression internationale suscitée par les informations faisant état d’une malnutrition sévère et généralisée dans l’enclave, Israël a annoncé une série de mesures visant à accroître l’acheminement de l’aide.
Dans une déclaration publiée avant la réunion, le ministère israélien des Affaires étrangères a qualifié cette proposition de « erronée, regrettable et injustifiée ».
« À l’heure où Israël lutte contre le terrorisme jihadiste du Hamas, une telle décision ne fait que renforcer le Hamas, compromettant ainsi les chances de parvenir à un cessez-le-feu et à un accord-cadre pour la libération des otages », a indiqué le communiqué.
La proposition n’a pas été soumise à un vote officiel mardi. Elle a toutefois reçu le soutien des Pays-Bas, de l’Irlande, de la France, du Luxembourg, de la Slovénie, du Portugal, de Malte et de l’Espagne, selon EuroNews. La Hongrie, la Bulgarie et la Tchéquie s’y sont opposées.
L’Allemagne et la Hongrie ont été parmi les plus proches alliés européens d’Israël pendant sa guerre contre le Hamas à Gaza. Un nombre croissant d’autres pays d’Europe ont pris diverses mesures pour manifester leur opposition à l’attitude de l’État d’Israël à Gaza et en Cisjordanie.
La semaine dernière, la France a annoncé qu’elle reconnaîtrait un État palestinien en septembre. Le Royaume-Uni, qui n’est pas membre de l’UE, a fait savoir qu’il ferait de même, à moins qu’un cessez-le-feu dans la guerre à Gaza soit conclu avant. Plusieurs autres pays européens ont reconnu un État palestinien depuis le début de la guerre déclenchée par l’attaque du Hamas contre Israël, le 7 octobre 2023.
Le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué sur le réseau social X qu’une telle mesure « constituerait une récompense pour le Hamas, et un obstacle aux efforts visant à obtenir un cessez-le-feu à Gaza ainsi qu’un accord-cadre pour la libération des otages ».
En début de semaine, les Pays-Bas ont interdit l’entrée sur leur territoire au ministre des Finances d’extrême droite Bezalel Smotrich et au ministre de la Sécurité intérieure Itamar Ben Gvir, dans le cadre d’une série de mesures visant à faire pression sur Israël au sujet de la crise humanitaire à Gaza.
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