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Des personnalités saoudienne et syrienne à la Knesset pour évoquer les chances de normalisation

L'activiste syrien Shadi Martini a expliqué que le nouveau président a qualifié la paix avec Israël "d'occasion unique" ; un journaliste du Golfe, Abdulaziz Alkhamis, a indiqué qu'Israël doit s'engager "en faveur de la coexistence"

Le journaliste saoudien Abdulaziz Alkhamis assiste à une réunion du lobby de la Knesset pour l'avancement de la sécurité régionale, à la Knesset à Jérusalem le 9 juillet 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le journaliste saoudien Abdulaziz Alkhamis assiste à une réunion du lobby de la Knesset pour l'avancement de la sécurité régionale, à la Knesset à Jérusalem le 9 juillet 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Un militant syrien qui a effectué une rare visite à la Knesset mercredi a indiqué que le nouveau président de la Syrie, Ahmed al-Sharaa, avait estimé que l’élan en faveur de la paix avec Israël était « une occasion unique qui ne se présente qu’une fois par siècle » mais qu’il craignait que cette chance ne lui échappe.

Shadi Martini, homme d’affaires et activiste politique, a raconté sa rencontre avec Sharaa lors de la conférence inaugurale d’un panel de la Knesset qui, au parlement, exerce des pressions pour faire la promotion d’un accord de sécurité régionale. Il y a pris part aux côtés du journaliste saoudien Abdulaziz Alkhamis.

Les deux hommes ont assisté à la réunion du groupe Lobby pour l’avancement d’un accord de sécurité régionale dans le contexte du déplacement du Premier ministre Benjamin Netanyahu à Washington et à un moment où les perspectives d’élargissement des Accords d’Abraham, qui avaient permis à des pays arabes d’établir des liens diplomatiques avec Israël, suscitent un regain d’optimisme. Le lobby a été fondé conjointement par les députés de l’opposition Ram Ben Barak, Gilad Kariv et Alon Schuster.

S’exprimant en anglais sur les nouvelles possibilités de coopération entre Israël et le nouveau gouvernement syrien, Martini – qui avait fui la Syrie pendant la guerre civile en 2012 – a déclaré aux députés présents à la conférence qu’il avait eu une « réunion intéressante » avec Sharaa, il y a environ deux semaines.

« J’étais avec deux autres collègues, un prêtre et un rabbin… Nous sommes entrés dans le palais présidentiel à Damas. J’ai beaucoup apprécié cette rencontre. Elle a duré deux heures, et le sujet d’Israël a dominé la discussion », a-t-il déclaré.

Martini a noté que « l’une des choses qui m’a marqué dans les propos du président al-Sharaa, ça a été : ‘Ce genre d’opportunité se ne présentera à nous qu’une fois par siècle, c’est une occasion unique, mais la fenêtre ne restera pas toujours ouverte ».

Il a suggéré que les attaques lancées par Israël contre le Hezbollah, l’année dernière, et l’assassinat du chef du groupe terroriste soutenu par l’Iran, Hassan Nasrallah, avaient été des événements déterminants qui avaient permis aux forces d’opposition en Syrie de renverser rapidement le gouvernement au mois de décembre : « En tant que Syriens, nous avons été très heureux de ce qu’Israël a fait, nous avons vraiment apprécié », a-t-il fait remarquer.

Un sentiment qui a toutefois changé en raison des importantes activités militaires qui ont été menées par Tsahal sur le sol syrien après la chute de Bachar el-Assad, a-t-il ajouté.

L’homme d’affaires syrien Shadi Martini assiste à une réunion du lobby de la Knesset pour l’avancement de la sécurité régionale, à la Knesset à Jérusalem le 9 juillet 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Israël doit expliquer quel est son objectif final », a-t-il dit, dénonçant le fait que les troupes israéliennes empêchent les agriculteurs syriens d’accéder à leurs terres du côté syrien du plateau du Golan. « Nous devons pouvoir comprendre les choses ».

Martini a fait remarquer qu’il avait grandi en entendant « des stéréotypes fortement négatifs » au sujet des Israéliens et qu’il avait été surpris de constater que des Israéliens lui avaient tendu la main pour lui venir en aide, ainsi qu’à sa famille, alors que la guerre civile faisait rage.

La confiance, a-t-il expliqué, « est un élément essentiel qui fait défaut au Moyen-Orient ».

Il a estimé que l’attaque commise par le Hamas, le 7 octobre 2023, avait été une « énorme, énorme tragédie » et « un massacre », exprimant son espoir de voir la finalisation d’un cessez-le-feu et d’assister au rapatriement des otages – ce qui permettrait, a-t-il poursuivi, « au peuple palestinien de Gaza de rentrer chez lui et de vivre en paix ».

Prenant également la parole lors de la réunion, mercredi, Alkhamis a souligné que « du point de vue saoudien », le sort des Palestiniens de Gaza « est au cœur de l’affaire ».

« Aucun État ne peut s’attendre à être séduit lorsque ses voisins sont encagés, qu’ils sont privés de leurs droits », a-t-il indiqué en anglais. « Du point de vue de l’Arabie saoudite, la normalisation n’est pas simplement un double accord, c’est un réalignement régional, et ce réalignement doit inclure une voie crédible et tangible vers la souveraineté palestinienne ».

Israël doit s’engager « non seulement à assurer la sécurité, mais aussi la coexistence », a-t-il ajouté. « De Ryad à Abu Dhabi, la leçon n’est pas de savoir qui a gagné la bataille, mais ce qui viendra après ».

« Aujourd’hui, l’Arabie saoudite et Israël se trouvent à l’aube d’une nouvelle ère – une ère qui ne sera pas dominée par de vieux slogans mais par des intérêts communs : transition énergétique, modernisation économique, innovation en matière d’intelligence artificielle, sécurité climatique, sécurité de la mer Rouge », a-t-il noté. « Allons-nous nous accrocher au 20e siècle, avec ses frontières trempées dans le sang et ses idéologies figées dans le temps ? Ou allons-nous redessiner la carte – géopolitiquement, économiquement, moralement ? », s’est-il interrogé.

Israël et l’Arabie saoudite étaient sur le point de signer un accord de normalisation avant le pogrom qui avait été commis par le Hamas, le 7 octobre 2023 – un carnage qui avait été à l’origine de la guerre que mène actuellement l’État juif dans la bande de Gaza, un conflit qui en est à son 22e mois. Les hauts-responsables saoudiens ont indiqué, ces derniers mois, qu’ils étaient toujours intéressés par une possible normalisation des liens avec Israël, mais qu’une telle initiative n’interviendrait qu’après un cessez-le-feu – et qu’elle devrait inclure un engagement à créer un État palestinien.

Le leader de l’opposition Yair Lapid avec le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis Abdullah bin Zayed Al Nahyan à Abu Dhabi, le 3 juillet 2025 (Crédit : X / Yair Lapid)

S’exprimant également lors de la conférence, le chef de l’opposition, Yair Lapid, a noté que si Sharaa retirait ses exigences concernant le plateau du Golan des conditions préalables à un éventuel accord de paix, il envisageait qu’Israël prenne la tête d’un effort régional visant à soutenir la reconstruction de la Syrie.

« J’ai dit aux Émiratis à Abu Dhabi : ‘Nous saurons comment mettre en place une coalition régionale complète autour de [Sharaa], une coalition qui aidera à reconstruire la Syrie, s’il retire la question du Golan de l’équation’, » a affirmé Lapid, qui a brièvement occupé le poste de Premier ministre en 2022.

La semaine dernière, Lapid avait brièvement rencontré le président émirati Mohammed bin Zayed Al Nahyan et le ministre des Affaires étrangères Abdullah bin Zayed Al Nahyan lors de sa visite à Abu Dhabi.

La semaine dernière également, le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar avait expliqué qu’Israël était désireux d’élargir « le cercle de la paix », y-compris avec la Syrie et le Liban. Il avait ajouté que les hauteurs du Golan « resteront une partie intégrante d’Israël » dans le cadre d’un futur accord de paix.

Sur une photo fournie par l’Agence de presse arabe syrienne (SANA), le président américain Donald Trump, à gauche, le président intérimaire de la Syrie Ahmed al-Sharaa, à droite, le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman, au centre, posent pour une photo à Ryad, le 14 mai 2025 (Crédit : SANA / AFP).

La chute du régime de Bachar al-Assad en Syrie l’année dernière a ouvert la possibilité, auparavant impensable, que Jérusalem et Damas concluent un accord de paix, le dirigeant syrien par intérim Sharaa n’excluant pas une telle perspective. Des responsables israéliens ont admis que les deux pays étaient en « pourparlers avancés » sur un accord bilatéral qui viserait à mettre un terme aux hostilités entre les deux parties mais qui ne serait pas un accord de paix à part entière.

Alors que Netanyahu a refusé de révéler, en début de semaine, si Israël était engagé dans des discussions directes avec la Syrie, le conseiller à la sécurité nationale Tzachi Hanegbi avait déclaré à Israel Hayom, le mois dernier, que « il y a un dialogue direct et quotidien à tous les niveaux entre Israël et le régime syrien ».

Les responsables israéliens avaient initialement qualifié les nouveaux leaders de la Syrie de « terroristes » en raison de leur passé lié à Al-Qaïda, et l’armée de l’air israélienne avait mené une campagne de bombardements aériens féroce sur « des cibles militaires », avait-elle alors précisé, dans tout le pays. Les hostilités se sont apaisées depuis la mi-mai, lorsque le président américain Donald Trump a bouleversé des décennies de politique américaine en levant les sanctions contre la Syrie et en rencontrant Sharaa à Ryad.

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