Un livre polémique dénonçant l’indifférence envers la souffrance palestinienne remporte le US National Book Award
Pour Omar El Akkad, l'auteur de "One Day, Everyone Will Have Always Been Against This", il est "difficile de se réjouir à propos d'un livre écrit "en réaction à un génocide"
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JTA — Un recueil d’essais délibérément provocants sur la réaction de l’Occident à la guerre de Gaza et un livre pour enfants évoquant l’histoire de jeunes Iraniens qui aident un réfugié juif pendant la Seconde Guerre mondiale furent les deux grands gagnants des National Book Awards mercredi soir.
One Day, Everyone Will Have Always Been Against This [Un jour, tout le monde dira avoir toujours été contre], du journaliste et auteur égypto-canadien Omar El Akkad, a remporté le prix dans la catégorie non-fiction. Basé sur un tweet viral envoyé par El Akkad peu après le pogrom commis par le Hamas du 7 octobre 2023, à l’origine de la guerre à Gaza, le livre s’en prend au libéralisme occidental qui, selon El Akkad, a tourné le dos à la souffrance palestinienne.
« Il est très difficile de se réjouir d’un livre écrit en réaction à un génocide », a déclaré El Akkad dans son discours de remerciement.
« Il est difficile de se réjouir en sachant que l’argent public sert à cela et que nombre de mes Représentants élus le soutiennent bien volontiers. »
Il a poursuivi en ajoutant qu’il « est difficile de se réjouir après avoir vu des gens se faire enlever dans la rue par des agents de l’État masqués pour avoir osé suggérer que les Palestiniens étaient des êtres humains » — manifestement une allusion à des cas comme celui de l’étudiante et activiste Rumeysa Ozturk.
El Akkad a remercié les « écrivains qui se sont exprimés », à savoir les milliers d’auteurs qui ont fait pression sur des organisations littéraires comme PEN America pour qu’elle adopte une position plus dure envers Israël.
Le livre d’El Akkad est l’un des nombreux ouvrages d’actualité très critiques envers Israël, à l’instar de Being Jewish After the Destruction of Gaza [NDLT : Être juif après la destruction de Gaza] de Peter Beinart.
Le jury de la catégorie « non-fiction » était notamment composé du journaliste juif Eli Saslow, qui a beaucoup écrit sur la montée de l’antisémitisme et du nationalisme blanc.
L’animateur de la radio publique juive Ira Glass, qui a annoncé cette catégorie en voix off préenregistrée, a noté qu’il faisait partie des titres qui « inculpent le monde occidental pour les destructions subies à Gaza ».
Par ailleurs, « The Teacher of Nomad Land : A World War II Story » de Daniel Nayeri, un roman jeunesse qui raconte l’histoire de deux orphelins iraniens qui, en 1941, aident un jeune juif à échapper à un espion nazi, a remporté le prix dans la catégorie littérature jeunesse. Dans ce livre, les orphelins doivent notamment décider d’aider ou non leur nouvel ami juif à fuir en Israël.
Le roman puise son inspiration dans l’histoire peu connue des quelque 6 000 réfugiés juifs polonais – essentiellement des enfants – fuyant le nazisme que l’Union soviétique a envoyés en Iran.
La famille de Nayeri est composée de réfugiés iraniens convertis de l’islam au christianisme.
Dans cette même catégorie, un autre finaliste, Kyle Lukoff, a porté la voix de la communauté juive avec A World Worth Saving [Un monde à sauver].
Le musicien Laufey, qui a présenté le livre, a déclaré qu’il donnait une leçon « de compréhension et d’éducation interculturelles ».
La soirée a couronné un autre lauréat venu du monde arabe en la personne du libanais Rabih Alameddine, avec son ouvrage « The True True Story of Raja the Gullible (and His Mother) [La vraie histoire de Raja le crédule (et de sa mère)] », qui a remporté le National Book Award dans la catégorie fiction.
Cette comédie dresse le portrait d’une famille libanaise sur plusieurs générations.
Dans son discours, Alameddine a évoqué le récent attentat à la bombe contre un camp de réfugiés palestiniens au Liban.
« Je n’arrêtais pas de penser, ils répandent le malheur et appellent cela un cessez-le-feu », a déclaré l’auteur.
« Parfois, en tant qu’écrivains, il nous faut dire : ça suffit, ça suffit. »
Les National Book Awards font partie des nombreuses institutions littéraires affectées par la guerre Israël-Gaza ou accusées d’antisémitisme.
En 2023, un sponsor juif s’était retiré de la cérémonie de remise des prix, de crainte que des auteurs ne fassent des déclarations en faveur du cessez-le-feu.
L’an dernier, le directeur exécutif de l’organisation a justifié la décision prise d’attribuer le prix récompensant un auteur pour l’ensemble de sa carrière à l’influent éditeur noir Paul Coates malgré ses choix éditoriaux portant parfois sur des textes antisémites.
la Communauté du Times of Israël !







