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Un petit fils de survivants expulsé d’une cérémonie commémorative de la Shoah à l’ONU

Julian Voloj affirme que les agents de sécurité lui ont demandé d'effacer des photos qui montraient une influenceuse pro-Israël en train d'être "harcelée" par ces derniers parce qu'elle portait un drapeau israélien

Le siège des Nations Unies pendant la 79e session de l'Assemblée générale des Nations Unies, mercredi 25 septembre 2024. (Crédit : AP/Julia Demaree Nikhinson)
Le siège des Nations Unies pendant la 79e session de l'Assemblée générale des Nations Unies, mercredi 25 septembre 2024. (Crédit : AP/Julia Demaree Nikhinson)

JTA — Un petit-fils de survivants de la Shoah s’est vu refuser l’accès à la cérémonie de commémoration de la Shoah organisée par les Nations Unies à New York après qu’il a pris des photos de l’altercation survenue entre l’influenceuse Lizzy Savetsky et les agents de sécurité au sujet d’un drapeau israélien.

Julian Voloj se trouvait au contrôle de sécurité de l’Assemblée générale des Nations unies lorsqu’il a aperçu les agents « harceler » Savetsky, une influenceuse pro-Israël très en vue sur les réseaux sociaux.

Les agents de sécurité ont indiqué à Savetsky qu’elle ne pouvait pas assister à la cérémonie avec son blazer, dont le dos était brodé d’un drapeau israélien. Après avoir laissé sa veste, l’influenceuse a finalement été autorisée à accéder à la salle de l’Assemblée générale.

« Je trouve intéressant qu’on m’ait demandé de laisser mon judaïsme à la porte à l’occasion d’un événement organisé dans le cadre de la Journée internationale de commémoration de l’Holocauste. C’est assez ironique, non ? », a écrit Savetsky dans un post Instagram à propos de cet incident.

C’est spontanément que Voloj a sorti son téléphone et pris des photos de la confrontation entre Savetsky et les agents de sécurité. Après quoi, a-t-il raconté, un agent « s’est précipité vers moi, m’a poussé sur le côté, a pris mon téléphone, a utilisé mon Face ID pour accéder à mes photos, et m’a obligé à les supprimer ».

L’agent s’est ensuite saisi du badge d’accès que portait Voloj, directeur exécutif de Be’chol Lashon, une organisation à but non lucratif promouvant la diversité juive, avant de l’escorter hors des lieux.

Voloj a précisé qu’il n’était pas venu à la cérémonie à titre professionnel, mais uniquement en tant que « petit-fils de survivants de la Shoah », ajoutant que cette expérience l’avait rendu « furieux ».

La Journée internationale de commémoration de l’Holocauste a vu le jour en 2005, sous l’impulsion des Nations unies. Pour Voloj, participer à cet événement annuel est devenu une tradition « importante » pour honorer la mémoire de sa grand-mère, qui a survécu à un camp de concentration nazi en Transnistrie lorsqu’elle était adolescente.

« En tant que petit-fils de survivants de l’Holocauste, être si mal traité à l’ONU et être expulsé pour avoir pris la défense de quelqu’un avec qui je ne suis peut-être même pas d’accord sur le plan politique me laisse absolument sans voix », a confié Voloj.

Savetsky, une influenceuse pro-Israël qui a quitté la distribution de « Real Housewives of New York » en 2022 au motif de propos antisémites, publie depuis longtemps des contenus provocateurs pro-israéliens et politiquement conservateurs sur son compte Instagram, qui compte 480 000 abonnés. Elle a affiché son soutien au président américain Donald Trump et a suscité des critiques, l’an dernier, pour avoir publié une vidéo affirmant que le rabbin israélo-américain d’extrême droite Meir Kahane, aujourd’hui décédé, « avait raison » quant à la manière dont Israël devrait répondre au terrorisme.

Savetsky, dans deux publications distinctes concernant l’incident du blazer, a pris pour cible les Nations unies, clamant : « Les Nations unies ne connaissent aucune limite en matière d’antisémitisme. »

Israël, ainsi que ses alliés et partisans, notamment de nombreux groupes juifs, accusent depuis longtemps les Nations unies d’avoir un parti pris contre Israël, citant le nombre disproportionné de résolutions condamnant l’État juif. Plus récemment, en septembre, ces tensions se sont intensifiées après qu’une commission des Nations unies a conclu qu’Israël commettait un génocide à Gaza, ce que Jérusalem a vigoureusement nié, et que de nombreux pays ont officiellement reconnu un État palestinien devant l’Assemblée générale.

« Ces dernières années, nous avons entendu de nombreuses mises en garde depuis cette tribune concernant la montée de l’antisémitisme, les mensonges dangereux, la façon dont la haine commence par le langage », a déclaré mardi l’ambassadeur d’Israël auprès des Nations unies, Danny Danon, lors de l’événement. « Ces mises en garde, si elles sont justifiées, sonnent creux lorsque les mensonges qui alimentent l’antisémitisme sont autorisés à se propager, et notamment ici-même, dans ce bâtiment, à l’ONU. »

Selon le site Internet des services aux visiteurs de l’ONU à New York, est interdite toute démonstration publique, notamment « par le biais de vêtements, de banderoles, de pancartes ou d’autres moyens écrits ou visuels » de nature à perturber « le fonctionnement normal des activités programmatiques de l’organisation ».

Voloj, qui assiste à la cérémonie presque chaque année depuis 2007, a affirmé n’avoir jamais vu quelqu’un être pris pour cible parce qu’il portait des vêtements arborant un drapeau national.

« L’ONU, manifestement, a toujours eu un parti pris anti-israélien », a commenté Voloj. « J’ai le sentiment que, compte tenu du climat mondial actuel, il s’est senti habilité à agir comme il l’a fait parce que, sur cette veste, c’est d’un drapeau israélien qu’il s’agissait. »

Savetsky, pour sa part, a rapporté dans un post Instagram qu’un membre du personnel de l’ONU lui avait dit qu’un drapeau palestinien n’aurait pas subi le même traitement.

Mardi, Savetsky n’a pas répondu à une demande de commentaires. Ce même jour, les appels et les courriels adressés au service des visiteurs du siège de l’ONU et au bureau du porte-parole du secrétaire général de l’ONU sont restés sans réponse.

Savetsky, par ailleurs, a posé avec un drapeau israélien dans la salle de l’Assemblée générale des Nations unies. Un drapeau qui, selon elle, avait été « introduit clandestinement » par un autre participant. Stephanie Benshimol, également influenceuse pro-israélienne, s’est ensuite attribué le mérite d’avoir introduit le drapeau, dans des commentaires sur la publication de Savetsky et sur sa propre page Instagram.

Des manifestants pro-palestiniens brandissent une pancarte « F*** Israel » lors d’un rassemblement devant le siège des Nations Unies, à la veille de la 80e Assemblée générale, le 18 septembre 2025, à New York. (Crédit : ANGELA WEISS / AFP)

« Bonjour, je suis la personne qui vous a laissé prendre une photo avec notre drapeau. Quelques minutes plus tard, les agents de sécurité m’ont donné le choix entre me rendre au bureau de la sécurité avec mon drapeau, ou être escortée hors du bâtiment », a écrit Benshimol. « J’ai choisi de quitter le bâtiment avec mon drapeau, avec fierté et dignité. »

Savetsky a décrit la cérémonie officielle de la Journée internationale de commémoration de l’Holocauste comme « magnifique ».

Voloj, empêché d’assister à l’événement, a pour sa part décrit un « syndrome de stress post-traumatique sous-jacent hérité de mes grands-parents, qui s’est clairement manifesté et qui m’a profondément bouleversé après cet incident », soulignant néanmoins que son expérience restait incomparable avec ce que ses grands-parents avaient enduré sous le régime nazi.

« J’ai vraiment eu l’impression que la Gestapo me jetait dehors », a-t-il confié.

« Se lever face à une injustice et être puni pour cela, cela m’a profondément bouleversé. »

Voloj a ajouté ne pas être sûr de renouveler, à l’avenir, son pèlerinage annuel à la cérémonie de la Journée internationale de commémoration de l’Holocauste des Nations unies.

« J’ignore si je reviendrai l’année prochaine », a-t-il déclaré. « Tout cela m’a laissé un goût très amer. »

Le personnel du Times of Israel a contribué à cet article.

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