Un « pogrom dans la cour de récréation » dénoncé après l’agression d’enfants juifs à Chicago le 7 octobre
De jeunes enfants ont été pris pour cible par un groupe armé de fusils à plombs qui aurait crié "F*** Israël" et "Vous êtes des tueurs d'enfants, nous allons vous tuer" après leur avoir demandé s'ils étaient juifs
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JTA — Une banlieue de Chicago à forte population juive a dénoncé un acte d’antisémitisme après qu’une enquête a confirmé quun groupe d’enfants juifs avait, semble-t-il, été pris pour cible avec des pistolets à plombs et visé par des propos antisémites dans un parc public, au début du mois.
L’incident s’est produit le 7 octobre dernier, premier jour de la fête juive de Souccot et deuxième anniversaire du pogrom commis par le Hamas contre Israël, dans un parc public de Skokie, le Shawnee Park, à seulement quelques pâtés de maisons de plusieurs synagogues orthodoxes de la ville.
Cinq enfants âgés de 8 à 13 ans ont alors été abordés par un autre groupe d’enfants qui leur ont demandé s’ils étaient juifs, a rapporté la Chicago Jewish Alliance, un groupe de défense connu dans la région de Chicago pour son énergie et sa combativité face à l’antisémitisme.
Lorsque les enfants ont répondu qu’ils étaient juifs, le groupe, composé d’une vingtaine d’agresseurs âgés de 12 à 14 ans, aurait alors crié aux enfants « F*** Israël » et « vous êtes des tueurs de bébés, alors on va vous tuer » avant de leur tirer dessus avec des balles en gel provenant d’un pistolet récréatif, selon un message publié sur Facebook par Daniel et Robyn Burgher Ackerman, les parents de l’une des victimes, une jeune fille de 13 ans.
Les Ackerman ont publié jeudi ce qu’ils ont présenté comme leur premier récit public sur l’incident, une fois l’enquête menée par la ville terminée. Cette semaine, la municipalité de Skokie a fait savoir que la police était intervenue sur les lieux le 7 octobre, identifiant et interrogeant les enfants soupçonnés d’avoir pris part à l’incident, puis établissant un rapport.
La municipalité de Skokie a annoncé le classement de l’affaire à l’issue de l’enquête, sans toutefois préciser si elle comptait prendre des mesures, et lesquelles, en réponse à cet incident. Elle a néanmoins déclaré qu celui-ci avait été documenté et transmis à la Commission des relations humaines, qui émettrait ultérieurement une recommandation sur la base de ses conclusions.
« La haine n’a pas sa place à Skokie », a affirmé la maire Ann Tennes dans un communiqué. « Notre communauté repose depuis longtemps sur le respect, l’inclusion et l’entraide. La municipalité reste déterminée à lutter contre l’antisémitisme et contre toutes les formes de préjugés, ainsi qu’à oeuvrer pour que Skokie reste un lieu sûr et accueillant pour tous. »
Le Skokie Park District a indiqué n’avoir été informé de l’incident que cette semaine. « Nous ne tolérons pas les propos racistes ni les actes de violence dans nos parcs », a-t-il souligné dans un communiqué publié jeudi. « Nous sommes prêts à collaborer avec la Commission des relations humaines et avec les services de police de Skokie, dans le cadre d’une initiative communautaire visant à lutter contre cet incident haineux et à empêcher de tels comportements de se reproduire à l’avenir. »
Les Ackerman et la Chicago Jewish Alliance ont fait part de leur inquiétude concernant le fait que l’incident n’était pas traité avec l’urgence nécessaire, invoquant l’absence de preuve de l’application de mesures disciplinaires à l’encontre des enfants qui y ont participé.
Vendredi, dans un message publié sur Facebook, les services de police de Skokie ont répondu à la « frustration et aux inquiétudes » agitant les membres de la communauté au sujet de cet incident. Si les détails accessibles au public ont effectivement été limités en raison de la minorité des auteurs, l’incident a toutefois bel et bien été classé comme crime de haine.
« Les propos antisémites tenus durant l’incident révèlent que c’est bien un préjugé qui a motivé l’agression impliquant le pistolet à gel. Pour cette raison, les forces de l’ordre ont classé cet incident comme étant un crime de haine », peut-on lire dans un message. « Cette classification est intervenue à la suite de l’enquête initiale menée par la police sur cet incident le 7 octobre. »
Selon la police, un mineur a signalé avoir été touché à la jambe par une balle en gel. Bien que l’enquête sur l’incident soit désormais terminée, la résolution de cette affaire est toutefois toujours en cours.
Suite à l’annonce de la police, la Chicago Jewish Alliance a revu l’objectif de sa participation prévue à la réunion du conseil municipal de Skokie, le 3 novembre. Elle a décidé d’exiger une plus grande transparence entre les forces de l’ordre et la communauté de Skokie, a expliqué Daniel Schwartz, président du groupe.
« Même si nous apprécions cette reconnaissance tardive, il est primordial de s’interroger sur les raisons pour lesquelles un tollé général a été nécessaire pour l’obtenir. La classification d’un incident en crime de haine ne devrait jamais dépendre de la couverture médiatique ou de la pression communautaire. Elle devrait être immédiate, transparente et guidée par une clarté morale », a écrit Schwartz dans un communiqué.
Durant l’incident, a-t-il fait savoir, les agresseurs auraient dit aux victimes qu’ils « se procureraient une vraie arme et tueraient les Juifs ».
Schwartz, qui a décrit l’incident comme un « pogrom dans une cour de récréation », a déclaré que celui-ci avait « réellement perturbé » la communauté juive locale.
« Je pense que si cela touche une corde sensible, c’est parce que ça s’est produit le 7 octobre, c’est arrivé à des enfants, c’est arrivé à des enfants à Skokie, dans l’Illinois, où la population juive est très importante, et c’est ensuite parce que la municipalité elle-même, comme nous l’avons vu dans l’Allemagne des années 1940, a réagi de manière presque similaire : il n’y a eu aucune justice ni aucune répercussion », a ajouté Schwartz.
Il a également indiqué que les parents des victimes de l’attaque cherchaient en outre à obtenir des conseils juridiques au sujet de l’incident.
« Il ne s’agissait pas simplement d’enfants qui se comportaient comme des enfants. Il s’agissait d’une attaque antisémite violente, ciblant des mineurs juifs vêtus de leurs habits de synagogue, lors d’une fête juive », ont écrit les Ackerman. « Le fait que cela se soit produit le 7 octobre, exactement deux ans après le massacre des Juifs en Israël le 7 octobre 2023, rend cet incident encore plus inquiétant. »
la Communauté du Times of Israël !







