Un policier tancé pour avoir tenté de faire taire les messages politiques lors de la Gay Pride à Haïfa
Selon la police, la décision d'un policier d'interdire les pancartes contre la guerre et les drapeaux politiques est "contraire" au règlement ; Un juge de la Cour suprême parle de restrictions "illégales"
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Suite à la diffusion par un policier du poste de Haïfa de nouvelles directives en vue de la Gay Pride qui s’y tiendra bientôt, pour en interdire les messages politiques, la police a annoncé mardi que ce document avait été distribué « en contravention avec les règlements du commandant du district ».
Le défilé, qui aurait dû avoir lieu en juin, a été reporté au mercredi 27 août à cause de la guerre contre l’Iran.
Dans l’avis envoyé lundi aux organisateurs du défilé figurent en effet de nouvelles exigences, absentes de l’autorisation initiale délivrée par la police, comme l’interdiction des stands d’information politique ou les drapeaux susceptibles de « troubler l’ordre public », ou encore les pancartes contre la guerre et les affiches d’otages.
La décision des forces de l’ordre a été accueillie avec indignation par les organisateurs du défilé, qui ont déposé un recours devant la Cour Suprême mardi.
La juge Daphne Barak-Erez a sévèrement critiqué la police, ce qui a incité le chef de la police israélienne, Danny Levy, à demander l’ouverture d’une enquête sur cet incident.
« Je tente de trouver des mots suffisamment respectueux – c’est vraiment regrettable, ce qui se passe ici », a déclaré Barak-Erez lors de l’audience. « Pourquoi la police prend-elle des décisions illégales, qu’elle n’aurait tout simplement jamais dû donner ? »
Le ministre de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, a lui aussi critiqué ces directives, qualifiées de « déplacées » et qui ont été diffusées par un officier subalterne sans l’autorisation du commandant de la station de Haïfa, Eyal Shahar.
« La décision d’un policier subalterne de restreindre la liberté d’expression politique lors de la Gay Pride est totalement inopportune », a-t-il écrit sur X tout en précisant que « cela ne veut pas dire que les gens doivent s’en prendre à lui – ce sont ces mêmes policiers qui nous ont sauvés le 7 octobre ». Il a également défendu Shahar, lui aussi mis en cause, dont il a dit qu’il restait un officier « très professionnel et excellent ».
La police a souligné que le document en question a été distribué à l’insu des officiers supérieurs et en contravention avec l’autorisation initiale, et que le district côtier « travaille dans d’excellentes conditions avec la communauté LGBT et ses représentants, dans le respect et la considération ».
Selon Aguda, le principal groupe de défense des droits LGBT en Israël, de hauts responsables du district ont eux aussi, lors des discussions préparatoires à l’événement, tenté de restreindre les messages politiques, ce que les services de police nient catégoriquement.
Lors de la Gay Pride de Jérusalem, cet été, des membres du groupe de défense progressiste Mehazkim ont déclaré au Times of Israel que la police leur avait ordonné de retirer de leur stand de vente de goodies les messages contre la guerre.
« Nous avions des autocollants et des t-shirts favorables à la fin de la guerre, à la libération des otages et à la fin de l’occupation », avait à l’époque déclaré un bénévole du groupe.
« Les policiers nous ont demandé de retirer toutes ces choses, en nous menaçant de nous expulser de l’événement et de nous infliger des amendes. Ils ont aussi pris des photos de nos pièces d’identité. »
la Communauté du Times of Israël !








