Un rabbin de Meron arrêté pour des faits présumés d’agressions sexuelles « graves »
Yosef Shoveli aurait présenté les abus comme des actes "spirituels" ; au sein du groupe qu’il dirige, les décisions privées sont étroitement contrôlées et les membres effectuent des tâches sans rémunération
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Un rabbin communautaire influent de Meron, dans le nord d’Israël, a été arrêté pour des faits présumés « d’agressions sexuelles graves », a annoncé jeudi la police, une semaine après qu’un groupe de veille sur les sectes l’a accusé de diriger une communauté étroitement contrôlée depuis au moins 2011.
Dans un communiqué, la police a indiqué que le rabbin Yosef Shoveli, 54 ans, avait été interpellé dans la nuit de mercredi à jeudi à l’issue d’une enquête confidentielle ouverte à la suite du dépôt de plusieurs plaintes.
Shoveli aurait exercé un contrôle strict sur ses adeptes, bien que le nombre exact de ses fidèles reste incertain.
Des sources proches du dossier ont déclaré au site d’information Walla que, d’après les plaintes accumulées au fil du temps, Shoveli présentait son contrôle sur ses adeptes comme étant de nature spirituelle.
« Il a réussi à s’immiscer dans la vie des gens et à les rendre totalement dépendants de lui. Il contrôlait leur quotidien, les éloignait de leurs familles, et certains d’entre eux sont devenus, en fait, ses serviteurs », a déclaré à Walla une source proche de l’enquête.
Le suspect devrait être présenté jeudi devant un tribunal pour une audience de mise en détention provisoire.
La police invite toute personne ayant été victime du suspect ou détenant des informations sur les crimes présumés à se manifester.
La semaine dernière, le Centre israélien pour les victimes de sectes (ICCV) a publié un avertissement concernant Shoveli, indiquant avoir recueilli seize témoignages à son encontre, dont ceux de cinq personnes ayant fait partie du cercle restreint du groupe, ainsi que de membres de la communauté haredi.
Les témoins ont décrit « des schémas inquiétants de dépendance, de contrôle, de rupture des liens familiaux, d’exploitation et une atmosphère de peur », ainsi que des abus sexuels au sein du groupe. Selon le centre, la première plainte a été déposée en 2011.
Quatre des personnes qui se sont manifestées ont déclaré avoir été agressées sexuellement par Shoveli, qui présentait ces actes comme « spirituels ». Elles ont également déclaré avoir été témoins d’agressions sur d’autres membres, ce qui suggère l’existence d’un schéma d’abus au sein du groupe.
L’ICCV a décrit un cercle restreint caractérisé par un contrôle accru et un groupe externe dans lequel « la dépendance, une piété exacerbée et la rupture des liens familiaux » ont commencé à se manifester.
Au sein du groupe interne, la vie des membres est étroitement contrôlée ; l’ICCV a noté que certains ne pouvaient même pas fonder leur propre famille sans l’accord de Shoveli.
Certains ont même changé leur nom de famille pour prendre celui de Shoveli, selon le Centre israélien pour les victimes de sectes.
Les membres accomplissent des tâches quotidiennes pour Shoveli, telles que le ménage et la garde de ses enfants, sans être rémunérés, a déclaré l’ICCV, ajoutant que les membres considéraient leur servitude comme un « privilège » et une « mission ».
Shoveli a répondu à ces accusations, affirmant qu’il « désavouait catégoriquement tout ce qui précède et rejetait ces allégations sans réserve ».
L’an dernier, lors d’une audition à la Knesset, des victimes ont raconté des récits poignants d’abus sexuels survenus principalement au sein de communautés ultra-orthodoxes et nationalistes-religieuses, les agresseurs utilisant la religion comme couverture pour justifier leurs actes.
la Communauté du Times of Israël !







