Un rabbin israélien envisage d’offrir à Trump un livre rare de l’ancienne communauté juive de Gaza
Le livre est un exemplaire du Shoulhan Aroukh, avec un tampon trilingue, indiquant "Propriété de la sainte communauté juive de Gaza" en hébreu, "Association israélite de Gaza" en arabe, et "Communauté israélite de Gaza, Palestine" en français
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Un rabbin israélien a annoncé à l’AFP vouloir offrir au président américain Donald Trump un livre rare ayant appartenu à la communauté juive de la ville de Gaza, en remerciement de ses efforts pour la libération des otages.
« Je vais probablement rencontrer bientôt le président des États-Unis, Donald Trump. Et j’aimerais lui offrir ce livre, signé par les otages libérés, avec des mots de gratitude », a déclaré à l’AFP Shlomo Raanan, rabbin orthodoxe et militant associatif.
M. Raanan, qui a montré l’ouvrage à des journalistes de l’AFP, dit l’avoir acquis après le début de la guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l’attaque sans précédent du groupe terroriste islamiste palestinien du Hamas sur Israël.
Les pressions de M. Trump sont à l’origine du fragile cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre et ayant permis trois jours plus tard la libération des 20 derniers otages vivants du 7-Octobre encore captifs à Gaza.
Collectionneur d’objets juifs anciens et proche des familles d’otages, M. Raanan dit avoir eu le coup de foudre pour ce livre avant même de l’avoir vu, lorsqu’un un marchand d’antiquités lui en a révélé l’existence.
Selon son bureau, le livre a été trouvé à Gaza par un ouvrier palestinien travaillant en Israël avant la guerre et qui l’a remis à son employeur israélien.
Le rabbin raconte que l’histoire de l’ouvrage l’a doublement « touché, car il crée un lien […] avec [l’]ancienne communauté » juive de Gaza, où se trouvaient encore de nombreux otages quand il l’a acquis.
Tampon trilingue
Agé de 63 ans, M. Raanan est le fondateur d’une association visant à « créer un pont » entre juifs religieux et laïcs au sein de la société israélienne.
Le livre qu’il envisage d’offrir à M. Trump est un exemplaire imprimé en 1876 en Lituanie du Shoulhan Aroukh (« La table dressée »), recueil de codifications des lois juives écrit au XVIe siècle.
Ce qui en fait à ses yeux la rareté est un tampon trilingue sur la deuxième de couverture, indiquant « Propriété de la sainte communauté juive de Gaza » en hébreu, « Association israélite de Gaza » en arabe, et « Communauté israélite de Gaza, Palestine » en français.
Les derniers juifs de Gaza ont quitté la ville en 1929 lors des émeutes arabes ayant embrasé cette année-là la Palestine sous mandat britannique, mettant ainsi fin à une longue histoire pluriséculaire faite d’exils et de retour de la communauté au gré de l’histoire tragique de cette ville plusieurs fois détruite.
Une de ses figures marquantes est Israël Najara, poète et commentateur de la Torah, grand rabbin de la ville au début du XVIIe siècle et auteur de nombreux textes. Son cantique « Ya ribon olam » (« Dieu, maître du monde ») est chanté encore aujourd’hui à travers le monde entier lors du repas de Shabbat.
Auteur d’ouvrages de mystique juive, Nathan de Gaza qui vécut quelques années après lui fut l’un des principaux disciples de Sabbataï Tsevi, même après la conversion à l’islam, sous la contrainte, de cet illuminé qui s’était proclamé Messie et divisa profondément le monde juif de son époque.
« Question morale »
Après la guerre israélo-arabe de 1967, Israël conquit la bande de Gaza et y installe des implantations, démantelées en 2005 lors du retrait unilatéral du territoire décidé par le Premier ministre Ariel Sharon, mais aucun juif n’a vécu dans Gaza-City depuis la création d’Israël en 1948.
Refusant de divulguer la somme qu’il a déboursée pour acquérir son Shoulhan Aroukh, M. Raanan dit l’étudier depuis son achat et y trouver « la foi et l’espoir ».
Il y a deux ans, le rabbin Raanan a installé une tente sur la place des Otages à Tel-Aviv et offert ses services aux familles des captifs : soirées de prières, rassemblements, rencontres avec des personnalités, un véritable sacerdoce.
« Parfois, dit-il quand j’entendais le désespoir des familles, la question revenait : pourquoi me lever demain matin ? où trouver la force ? et ce livre, d’une certaine manière, disait : ‘Le peuple d’Israël ne disparaîtra pas' ».
Ouvrant délicatement son exemplaire, il montre aux journalistes de l’AFP le chapitre consacré à la libération des captifs selon la loi juive.
« Regardez ce passage, dit-il : ‘Il n’y a pas de commandement plus grand que la libération des captifs’ […] Et la question morale : ‘Doit-on risquer sa vie pour sauver autrui ?' ».
Pour lui, « c’est tout le débat de ces deux dernières années ».
la Communauté du Times of Israël !







