Une Arabe israélienne attaquée en Cisjordanie répond que sa voiture était israélienne
Le mari de la victime demande à l'élue d'Otzma Yehudit de s'excuser après avoir justifié l'attaque à l'avant-poste de Givat Ronen ; un député de gauche qualifie l'incident de "tentative de lynchage"
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L’une des cinq femmes arabes israéliennes agressées vendredi après avoir accidentellement conduit dans un avant-poste illégal de Cisjordanie a déclaré à la Douzième chaîne que la voiture qu’elle conduisait avait une plaque d’immatriculation israélienne, contredisant ainsi les propos tenus par une législatrice d’extrême droite à la Knesset dimanche.
« La voiture était un véhicule israélien. Ils ont même vu nos cartes d’identité », a raconté Lamis al-Jaer dimanche, qualifiant ses agresseurs de « terroristes ».
Elle et trois de ses proches qui se trouvaient dans la voiture, ainsi que sa fille de 2 ans, ont montré aux agresseurs les documents d’identité dont sont munis tous les citoyens israéliens, sans qu’on le leur demande, a-t-elle déclaré.
« Et pourtant, ils ont pointé un pistolet sur nos têtes et sur la tête d’une petite fille. Il lui a dit – il était sans cœur – ‘Pleure, pleure encore, je veux te voir pleurer, pleurer encore’. Qu’est-ce que c’est que ça, ‘pleure encore’ à une petite fille ? Même s’il veut faire cela, il devrait voir que c’est un enfant et s’arrêter ! C’est une ligne rouge », a déclaré al-Jaer.
Les cinq femmes, résidentes de la ville bédouine de Rahat, dans le sud d’Israël, ont été attaquées vendredi, et leur voiture a été incendiée, après qu’elles ont accidentellement pénétré dans l’avant-poste illégal de Givat Ronen, en Cisjordanie.
Deux des passagers ont été blessés à la tête et aux mains par des pierres après avoir pris le mauvais virage. Elles se sont enfuis à pied et ont réussi à atteindre les troupes israéliennes, qui leur ont administré des soins médicaux.
« Ils ont brûlé la voiture – nous étions dans la voiture, vous comprenez ? » a raconté al-Jaer dimanche. « Une personne normale ne peut pas comprendre pourquoi ils nous ont fait ça. Nous ne leur avons rien fait. Quelqu’un qui demande son chemin – il mérite ça ? »
L’interview a eu lieu après que la députée d’extrême droite Limor Son Har-Melech (Otzma Yehudit) a semblé justifier l’attaque lors d’une réunion de la Knesset.
Le député Gilad Kariv, du parti de gauche Les Démocrates, a qualifié l’incident de « tentative de lynchage de la part des résidents de l’avant-poste ».
« Vous n’avez aucune idée de ce qui s’est passé là-bas », a dit Har-Melech en interrompant Kariv.
« Si je n’en ai aucune idée, c’est parce que jusqu’à présent, il n’y a pas eu d’arrestations, malgré la gravité des informations », a rétorqué Kariv.
ערביות ישראליות טעו בדרך – והותקפו בידי מתנחלים: רכבן הוצת ונרגם באבנים, הן נמלטו ופונו לקבלת טיפול רפואי בבית החולים
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— החדשות – N12 (@N12News) August 9, 2024
« Nous ne parlons pas d’une famille israélienne », a affirmé la députée, avant d’affirmer que les victimes voyageaient dans une voiture sans plaque d’immatriculation israélienne, et qu’il ne pouvait y avoir « aucun compromis » dans une telle situation.
« S’il est possible qu’il s’agisse d’un incident innocent, il est également possible qu’il s’agisse d’un incident d’espionnage, d’une tentative de collecte d’informations. On ne peut pas l’ignorer », a-t-elle ajouté.
Lamis al-Jaer, qui a pris connaissance de la déclaration de Har-Melech, a répondu dimanche : « Non, non, sur ma vie, non ».
Dimanche, le président Isaac Herzog a déclaré dans un communiqué qu’il s’était entretenu avec le père d’al-Jaer, Adnan, et qu’il avait condamné l’incident, se disant « horrifié » d’apprendre ce qui s’était passé.
« Nous sommes tous frères et sœurs, citoyens de l’État d’Israël, et nous méritons tous un traitement égal et approprié, sans peur et sans violence. Je souhaite vous soutenir en ce moment et je leur souhaite un rétablissement complet », a-t-il déclaré à al-Jaer, selon un communiqué.
« Il s’agit d’un incident grave, et nous ne pouvons pas nous permettre d’en arriver là », a déclaré al-Jaer. « J’apprécie cette conversation et je vous en remercie. »
Radwan al-Jaer, le mari de Lamis, a demandé à Har-Melech de « s’excuser pour ses propos mensongers ».
« C’est une honte qu’il y ait des gens comme ça, qui siègent à la Knesset et défendent les racistes », a-t-il déclaré selon le site d’information Ynet.
« Nous étions proches de la guerre [à Gaza]. Nous n’avons fait de mal à aucun Juif, nous avons plutôt aidé et sauvé des vies, dans une situation où la vie était en danger », a-t-il ajouté, faisant vraisemblablement référence aux Israéliens non juifs qui ont combattu les terroristes lors du massacre perpétré par le Hamas le 7 octobre. Il n’est pas clair s’il faisait référence aux actions des membres de sa famille, ou aux Arabes israéliens en général.
S’adressant à la Douzième chaîne dimanche, Lamis al-Jaer a déclaré qu’elle ne pensait pas qu’une telle chose lui arriverait, en tant que citoyenne israélienne. « Je dis toujours : ‘C’est bien que je sois une citoyenne israélienne’, j’aime ça, j’aime être dans l’État israélien », a-t-elle déclaré.
Al-Jaer a déclaré que sa fille, âgée de deux ans et demi, ne mangeait pas et ne dormait pas bien depuis l’attaque, et a ajouté qu’elle espérait que sa fille « recommencerait à parler, ne serait-ce que parler ».
Le député Zvi Sukkot, du parti du HaTzionout HaDatit, qui, comme Har-Melech, est considéré comme étant affilié à l’extrême droite et est associé à des mouvements d’Israéliens radicaux, a déclaré à Ynet qu’il ‘s’agit d’un incident très grave. J’espère que la police mènera une enquête ».
« Je n’aime pas utiliser le mot ‘terrorisme’ dans ces cas-là, car il s’agit d’un événement très grave. Il s’agit d’un crime grave », a-t-il ajouté.
L’agression s’est produite à Givat Ronen, un petit avant-poste situé au sommet d’une colline dans le nord de la Cisjordanie, près du village de Burin, une zone qui a été le théâtre d’affrontements répétés entre résidents d’implantations extrémistes et Palestiniens. Des résidents d’implantations israéliens sont soupçonnés d’avoir perpétré l’attaque.
En date de dimanche, aucun suspect n’avait encore été arrêté.
la Communauté du Times of Israël !







