Une conversation WhatsApp tendue entre Charlie Kirk et des donateurs juifs révélée
Les messages concernant des annulations de dons apportent une preuve supplémentaire que la frustration de Kirk face au comportement d'Israël et de ses partisans était à son comble
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JTA — Dans les jours qui ont précédé son assassinat, Charlie Kirk était en proie à une certaine frustration — un sentiment qu’il ne cachait pas à ses amis. Dans un groupe WhatsApp, l’influenceur conservateur s’était en effet plaint que ses « donateurs juifs » jouaient « sur tous les stéréotypes » et lui demandaient « d’abandonner la cause pro-Israël ».
L’authenticité de ces messages qui ont refait surface a été confirmée cette semaine. Des messages qui offrent en outre un nouvel aperçu de ce qui préoccupait Kirk avant sa mort.
« Je ne peux pas et je ne veux pas être pris pour cible de harcèlement de cette manière », a écrit Kirk dans la conversation WhatsApp du groupe, dans laquelle intervenaient des partenaires juifs.
Ces messages, ainsi que le texte intégral récemment divulgué d’une lettre envoyée par Kirk au Premier ministre Benjamin Netanyahu plusieurs mois avant sa mort, fournissent autant de preuves supplémentaires que la frustration que ressentait Kirk face au comportement d’Israël et de ses partisans était à son comble.
Les opinions de Kirk sur Israël et les Juifs sont devenues l’une des facettes les plus scrutées de l’héritage de l’influenceur après son assassinat sur un campus universitaire de l’Utah. Elles révèlent en outre l’approfondissement des divisions au sein même de la droite sur la question israélienne. Les jeunes conservateurs montrent en effet des signes de rejet de la manière dont est conduite la guerre à Gaza, et certains diffusant des théories du complot selon lesquelles Israël aurait joué un rôle dans le meurtre de Kirk.
Après sa mort, les soutiens pro-Israël de Kirk, dont fait partie Netanyahu, se sont empressés de qualifier l’influenceur d’ami et de partisan indéfectible d’Israël, alors même que Kirk, de son vivant, avait ouvertement soutenu certains aspects de la théorie du Grand Remplacement, et prononcé quelques paroles dénigrant les Juifs. Juste avant les funérailles de Kirk, Netanyahu a même publié sa propre vidéo, réfutant l’idée selon laquelle Israël serait impliqué dans le meurtre de l’influenceur.
Tucker Carlson, ami et associé de Kirk, ces dernières années davantage partisan d’un discours anti-Israël et conspirationniste, a pour sa part fait allusion aux assassins de Kirk « mangeant du houmous » lors d’un éloge funèbre prononcé durant l’enterrement du commentateur, auquel assistait également le président américain Donald Trump.
Carlson et sa comparse Candace Owens, conspirationniste de droite et amie de longue date de Kirk, sont également au coeur des messages divulgués. Dans ces derniers, Kirk évoquait ce qu’il appelait une réaction hostile de la communauté juive à l’égard de ses relations avec ces deux personnes, et notamment face à son intention d’inviter Carlson à un événement organisé par son groupe Turning Point USA.
« Nous venons de perdre un autre donateur juif important. Deux millions de dollars par an parce que nous refusons d’annuler Tucker », a écrit Kirk, ajoutant : « J’aimerais inviter Candace. » Un autre membre du fil de discussion, dont l’identité n’a pas été révélée, a répondu : « Ugghhh » et, plus tard, quelqu’un d’autre a renchéri : « S’il vous plaît, n’invitez pas Candace. »
Les messages ne mentionnent aucun donateur, mais le New York Times a rapporté au début du mois que Robert Shillman, magnat de la technologie et partisan des causes pro-Israël, s’était fâché avec Kirk et avait annulé un don de 2 millions de dollars à TPUSA en raison de la participation de Carlson à un événement TPUSA.
Les messages ont été divulgués pour la première fois cette semaine par Owens, dans son émission YouTube. Leur authenticité a ensuite été confirmée par Andrew Kolvet, porte-parole de TPUSA, lors de son passage mercredi dans l’émission éponyme de Kirk.
Au moins un associé juif pro-Israël de Kirk, Josh Hammer, le rédacteur en chef de Newsweek, a confirmé qu’il appartenait au groupe de discussion.
Owens a affirmé que ces messages avaient été envoyés « 48 heures » avant l’assassinat de Kirk et qu’un « rabbin » figurait parmi les destinataires. Elle a cherché à présenter ces messages comme une preuve que Kirk s’était récemment fait de puissants ennemis dans le milieu des partisans de la cause d’Israël. Sur le réseau social X, elle a même insinué que Hammer aurait pu avoir connaissance à l’avance du meurtre de Kirk.
I was offline earlier for the holiday of Sukkot—a holiday where the Bible commands us to "rejoice."
I came back online to see a well-known mental patient accuse me of complicity in a friend's murder.
Don't fall for the mind virus, folks.
Today's show ???? https://t.co/fHPIujW0AX
— Josh Hammer (@josh_hammer) October 9, 2025
Kolvet s’est pour sa part montré plus optimiste quant à ce que ces messages ont révélé.
« Je suis réellement heureux que la vérité ait été enfin dévoilée », a annoncé Kolvet dans l’émission, ajoutant que les messages de Kirk étaient en outre « cohérents avec les frustrations qu’il a publiquement exprimées à maintes reprises » au sujet du mouvement pro-Israël.
« Quels étaient réellement les sentiments de Charlie envers Israël ? Eh bien, c’est compliqué et plein de nuances, et cela a été pour lui un combat qui a duré des mois », a expliqué Kolvet. Plus tard, il a précisé : « Charlie était un formidable rebelle. Il était fantastiquement indépendant, il croyait en la liberté d’expression, et il estimait qu’en tant qu’ami de longue date d’Israël, il avait le droit de s’exprimer et de faire part de ses critiques. »
Kolvet a noté que Kirk, lorsqu’il abordait le sujet d’Israël, adoptait volontiers « un ton plus modéré en public » que celui qu’il affichait dans ses messages, tout en partageant des interviews passées dans lesquelles Kirk avait fait part de sa frustration face au fait que certains cercles pro-Israël le présentaient comme un antisémite. Avant sa mort, Kirk avait envoyé une lettre à Netanyahu, dans laquelle il l’avertissait qu’Israël était « en train de perdre des soutiens, même au sein des cercles conservateurs ».
Jeudi, Hammer, au sujet des messages, a écrit sur le réseau social X que Kirk « se défoulait dans un groupe de discussion privé ». Il a raconté avoir échangé avec Kirk au sujet d’Israël quelques heures plus tard, ajoutant : « Charlie nous a demandé conseil sur la meilleure façon de communiquer sur la question d’Israël sur le campus, afin d’être le plus efficace possible auprès d’un public plus jeune, celui de la Gen Z. »
« Les donateurs ont absolument le droit de suspendre leurs dons, et les PDG et présidents d’organisations ont absolument le droit d’être mécontents de voir les donateurs suspendre ces dons », a écrit Hammer dans une tentative d’expliquer les émotions qui se cachent derrière ces messages. Et de poursuivre : « L’idée selon laquelle Charlie Kirk aurait ‘tourné le dos’ à ses amitiés de longue date avec le peuple juif et l’État juif d’Israël — plutôt que de (sarcastiquement !) se défouler dans un groupe de discussion privé — est un mensonge éhonté, que les faits contredisent. »
Dans l’émission de Kirk, Kolvet a échangé au sujet d’Israël avec Blake Neff, un ancien rédacteur de l’émission de Carlson sur Fox News, qui a démissionné de la chaîne en 2020 après qu’il a été révélé qu’il avait rédigé de nombreux messages racistes sous couvert d’anonymat.
Neff, mercredi, a poursuivi la discussion sur Israël, brandissant un exemplaire de « Righteous Victims », un livre publié en 1999, traitant du conflit israélo-arabe et écrit par l’éminent historien israélien Benny Morris, dont les travaux sur les origines du conflit israélo-palestinien attribuent une grande part de responsabilité à l’État juif. Neff a indiqué avoir terminé sa lecture juste avant la fusillade qui a coûté la vie à Kirk dans l’Utah.
« J’ai lu ce livre parce que Charlie m’a conseillé ‘de bien me familiariser avec ce sujet, afin de pouvoir m’aider quand le besoin s’en fera sentir' », s’est souvenu Neff.
Aucune preuve n’a à ce stade été communiquée établissant un lien entre l’unique suspect arrêté pour le meurtre de Kirk et Israël. Kolvet, pourtant, attisant encore les flammes des théories du complot, a fait savoir qu’il avait, à la suite de la fusillade, remis au FBI les messages concernant les « donateurs juifs ».
« Nous voulions que tout soit examiné, que rien ne soit omis », a-t-il confié, suggérant ensuite que les spéculations sur la relation entre Kirk et ses donateurs juifs pourraient finir par « influencer le jury ».
la Communauté du Times of Israël !







