Une école de Virginie s’excuse d’avoir exclu 3 élèves juifs victimes d’antisémitisme
Dans le cadre d'un accord à l'amiable, l'école Nysmith a accepté de mettre en place des formations sur l'antisémitisme et l'enseignement de la Shoah ; les parents se sont plaints de discrimination et de glorification d'Hitler par les élèves
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Une prestigieuse école privée située dans le nord de la Virginie a réglé un litige qui portait sur le renvoi de trois élèves juifs. Les parents de ces enfants, Brian Vazquez et Ashok Roy, avaient déploré des brimades antisémites répétées à l’égard de leur fille.
Les avocats des parents et le procureur général de l’État ont annoncé qu’un accord avait été trouvé dans la journée de mardi.
Le Louis D. Brandeis Center for Human Rights Under Law et le cabinet Dillon PLLC avaient déposé, au mois de juillet dernier, une plainte contre l’école Nysmith School for the Gifted, située à une heure de Washington, DC, en affirmant que ces renvois violaient la loi sur les droits de l’Homme de l’état de Virginie.
La Nysmith School est considérée comme l’une des meilleures écoles primaires des États-Unis. Les frais de scolarité annuels s’élèvent à plus de 46 000 dollars. Il est difficile de dire combien d’enfants Juifs fréquentent cet établissement qui compte environ 500 élèves.
Selon la plainte, les harceleurs avaient pris pour cible la fille des plaignants, âgée de onze ans, parce qu’elle était « israélienne », qualifiant les Juifs de « tueurs de bébés » et déclarant qu’ils méritaient de mourir à cause de la guerre menée par l’État juif à Gaza.
« Des brutes ont dit à cette jeune fille que tout le monde à l’école était contre les Juifs et Israël, et que c’était la raison pour laquelle elle était détestée », a dit le Brandeis Center dans un communiqué. « Les autres enfants se sont également moqués d’elle à propos de la mort de son oncle, disant qu’ils étaient contents qu’il soit mort dans l’attaque du 7-Octobre, même s’il était décédé des années auparavant ».
Selon la plainte, la classe de la jeune fille, scolarisée en Sixième, avait réalisé en cours d’histoire, au mois d’octobre, un grand dessin d’Adolf Hitler qui prétendait représenter l’image d’un « leader historique fort ». Ses parents avaient discuté avec d’autres parents et ils avaient pris la décision de ne pas porter plainte à ce moment-là, pensant qu’il s’agissait d’un cas isolé, selon la plainte.
Au mois de février 2025, la mère d’un camarade de classe avait informé Vazquez de « comportements inquiétants de harcèlement et d’intimidation » de la part d’élèves. Quand il avait interrogé sa fille à ce sujet, elle s’était mise à pleurer.
« Les enfants ont placé des autocollants pro-palestiniens sur les ordinateurs portables et sur les casiers fournis par l’école, et ils ont montré ces autocollants du doigt, se moquant d’elle parce qu’elle était ‘israélienne’, » affirme la plainte.
Vazquez avait rencontré le propriétaire et directeur de l’école, Kenneth Nysmith, pour lui parler de ces actes de harcèlement et de la discrimination dont sa fille était victime. Nysmith lui avait dit qu’il s’occuperait du problème.
Mais aucune mesure n’avait été prise et, dans les semaines qui avaient suivi, l’école avait annulé sa conférence annuelle avec un survivant de le Shoah – annulation que le directeur aurait justifié par sa volonté d’éviter d’attiser les tensions, et il avait accroché un drapeau palestinien dans le gymnase, selon la plainte. Pendant ce temps, le harcèlement dont était victime la jeune fille s’était encore aggravé.
Après une deuxième plainte des parents, au mois de mars 2025, le directeur leur avait dit, semble-t-il, que leur fille devait « s’endurcir ». Deux jours plus tard, le directeur avait transmis un courriel aux parents leur annonçant que leurs trois enfants – un fils en CE1 et deux filles en sixième – étaient renvoyés, avec effet immédiat.
« Je ne vois pas d’avenir possible sans confiance, sans compréhension et sans coopération. Lors de notre rencontre, j’ai clairement eu le sentiment que que vous ne pensiez pas que Nysmith était l’école qui convenait à vos enfants et plus nous allons tenter d’ignorer cette réalité, plus cela entraînera des souffrances pour vos enfants », disait le courriel.
La plainte indique que les trois enfants étaient des élèves brillants, sans aucun problème d’ordre disciplinaire.
Dans le cadre de l’accord, l’école a accepté d’adopter une nouvelle politique de non-discrimination et de mettre en place un comité de travail qui sera chargé d’enquêter sur les cas de discrimination. L’établissement devra aussi embaucher un observateur externe qui sera chargé de surveiller les incidents relatifs à d’éventuelles discriminations pendant au moins cinq ans, imposer une formation sur l’antisémitisme au personnel et sensibiliser les élèves à la haine antijuive.
La définition de l’antisémitisme de l’International Holocaust Remembrance Alliance (IHRA), qui assimile certaines formes de rhétorique anti-israélienne à de l’antisémitisme – notamment le fait de nier aux Juifs le droit à l’autodétermination, d’appliquer un double standard à Israël et de comparer Israël à l’Allemagne nazie – sera intégrée à ces politiques de non-discrimination.
Le Conseil des relations communautaires juives du Grand Washington dirigera une formation annuelle sur l’antisémitisme pendant au moins cinq ans. Cette formation sera obligatoire pour tous les administrateurs, les enseignants et le personnel. L’école proposera également chaque année un programme visant à sensibiliser les élèves à la Shoah.
Nysmith, le directeur de l’école, a diffusé une déclaration publique dans laquelle il a noté que l’école « regrette sa décision de renvoyer les enfants ».
« Stigmatiser les élèves juifs, leur faire sentir qu’ils ne sont pas en sécurité ou les faire se sentir indésirables en raison de leur identité religieuse ou de l’expression de leur identité juive est contraire aux valeurs fondamentales de notre école, qui sont le respect mutuel et l’inclusion », assure la déclaration.
L’école remboursera à la famille la somme de 100 000 dollars, plus les frais d’avocat.
« Justice a été rendue à la famille de nos clients, et les mesures prises par l’école Nysmith aideront à empêcher que ce type de discrimination ne se reproduise. Ces mesures sont essentielles, l’antisémitisme dans l’enseignement primaire et secondaire continuant de se renforcer », a commenté Kenneth L. Marcus, directeur du Brandeis Center, dans un communiqué.
« Chaque enfant mérite d’apprendre dans un environnement exempt de haine, d’intimidation ou de peur », a dit Jason Miyares, le procureur général de Virginie. « Aucun enfant ne devrait se sentir en insécurité ou mal accueilli dans une salle de classe en Virginie, et aucun parent ne devrait craindre des représailles pour avoir défendu son enfant. »
Des batailles juridiques sur l’antisémitisme se déroulent dans les tribunaux à travers les États-Unis, une lutte qui s’est intensifiée depuis le pogrom commis par le Hamas dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2023. Les poursuites judiciaires portent principalement sur des accusations de discrimination sur les campus universitaires.
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