A l’office du Shabbat, une foule réclame le retour de Ran Gvili, le dernier otage
L'ancienne otage Agam Berger joue du violon lors de l'événement organisé sur la place des Otages à Tel Aviv, déclarant : "Nous ne serons vraiment chez nous que lorsque Ran sera de retour"
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Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Des centaines de personnes ont assisté vendredi après-midi à un office du Shabbat sur la place des Otages, à Tel Aviv, appelant au rapatriement du corps sans vie du policier assassiné Ran Gvili, qui se trouve encore à Gaza.
La famille Gvili et ses partisans ont répété qu’ils s’opposaient à tout passage à la deuxième phase du plan américain pour Gaza tant que la dépouille de Ran resterait dans l’enclave, quelques jours après que Washington a annoncé son intention de passer à la phase suivante.
« Tout le monde nous dit que nous sommes une famille forte, mais sans votre soutien, nous ne serions rien », a indiqué le père de Ran, Itzik Gvili, aux personnes présentes lors de cet événement qui était organisé par le Mouvement des kibboutz et par le kibboutz Eyal.
« Toutes les personnes qui sont ici, à droite et à gauche, nous tous ensemble, tout le pays ensemble, tous pour Rani », a-t-il ajouté. « C’est tout à fait lui. Son rêve était de nous voir nous aimer les uns les autres, et nous aimons tout le monde. Où que nous allions, nous formons une grande famille. Tout ce que vous faites pour nous n’est pas tenu pour acquis ».
Gvili, membre de l’unité Yasam au sein de la police, avait été tué en combattant des terroristes au kibboutz Alumim le 7 octobre 2023 – et son corps avait été enlevé et emmené à Gaza, où il est toujours détenu.
Lors du service, l’ancienne otage Agam Berger a interprété la chanson « Habayta » (Retour à la maison) au violon – sa première performance sur la place des Otages depuis sa remise en liberté, au mois de février 2025.
« Je suis ici pour tenir la promesse de ramener Ran à la maison, chez lui, dans son pays, dans sa patrie, auprès de sa famille, auprès de nous », a-t-elle expliqué. « Cela fait maintenant un an que vous m’avez ramenée chez moi – mais nous ne serons vraiment chez nous que lorsque Ran sera de retour. Nous prions pour qu’il revienne, et cette mélodie est dédiée à son retour ».
Des rassemblements ont également eu lieu à Meitar, la communauté d’origine de la famille Gvili, et au carrefour de Kshatot, dans le sud, auxquels ont participé des membres de la famille Gvili, Merav Leshem Gonen, la mère de l’ancienne otage Romi Gonen, et des familles qui ont perdu des êtres chers le 7-Octobre et pendant leur captivité dans la bande.
D’autres manifestations de soutien et veillées auront lieu tout au long du week-end dans de nombreux endroits à travers le pays.
L’envoyé spécial américain Steve Witkoff a annoncé mercredi le lancement de la deuxième phase du plan en 20 points du président Donald Trump qui vise à mettre un terme définitif à la guerre à Gaza – un plan qui comprend la mise en place d’une nouvelle administration palestinienne technocratique pour la bande. Les États-Unis ont indiqué qu’ils s’efforçaient d’obtenir la restitution du corps sans vie de Gvili, mais qu’ils ne retarderaient pas la deuxième phase à cette fin et ce même si tous les otages auraient dû être relâchés dans le cadre de la première phase de l’accord.
« Les États-Unis attendent du Hamas qu’il respecte pleinement ses obligations, avec notamment le retour immédiat du dernier otage décédé. Tout manquement à cette obligation entraînera de graves conséquences », a affirmé Witkoff.
Un haut responsable américain a ajouté qu’un « très bon canal de communication » était en place pour retrouver la dépouille de Gvili et qu’il y avait plusieurs sites potentiels où ses restes pouvaient se trouver.
« Nous ne considérerons pas cette mission comme terminée tant que le dernier corps n’aura pas été retrouvé. Cela dit, nous n’allons pas retarder le passage à la deuxième phase pour cette raison, car les deux parties ont convenu de continuer à travailler de bonne foi », a commenté le responsable américain lors d’un point presse avec les journalistes, confirmant ainsi l’article qui avait été publié la semaine dernière par le Times of Israel.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est entretenu avec les parents de Gvili après l’annonce qui a été faite par Witkoff. Selon son cabinet, il leur a déclaré que le retour de Gvili « est la priorité absolue d’Israël et que la décision déclarative de créer un comité de technocrates [pour administrer Gaza] n’aura aucune incidence sur les efforts visant à ramener Ran en Israël pour qu’il y soit inhumé ».
Netanyahu a ajouté qu’Israël insistait pour que les informations fournies par les médiateurs sur la localisation de Gvili « soient immédiatement traduites en actions efficaces sur le terrain ».
« Le Hamas est tenu de respecter les termes de l’accord et de faire tout son possible pour ramener tous les otages disparus, jusqu’au dernier d’entre eux, Ran Gvili, un héros d’Israël », a dit le bureau de Netanyahu.
Israël avait repoussé le passage à la phase deux, voulant attendre que le Hamas rende les armes et qu’il restitue la dépouille de Gvili. De hauts responsables américains ont déclaré à Netanyahu lors de ses réunions à Mar-a-Lago, le mois dernier, que Washington s’était engagé à atteindre ces deux objectifs, mais ne souhaitait pas subordonner le début de la phase deux à l’un ou à l’autre, selon un responsable américain et deux sources proches du dossier qui se sont exprimés auprès du Times of Israel, la semaine dernière.
La mère de Ran Gvili, Talik, a déclaré dans un communiqué que cette déclaration n’aurait aucune incidence sur sa campagne pour son fils, mais elle a souligné son opposition à la mise en œuvre de la phase deux tant que celui-ci ne lui aura pas été rendu.
« Passer à la phase deux à ce stade, alors que les efforts pour ramener Ran n’ont pas encore été épuisés, revient à perdre notre moyen de pression le plus important et pourrait signifier la disparition définitive de Ran », a-t-elle affirmé. « Tant que Ran ne sera pas rentré, l’État d’Israël ne pourra pas refermer sa blessure la plus sanglante et ne pourra pas entamer le processus de rétablissement et de guérison dont le pays a désespérément besoin. La deuxième phase ne doit pas être mise en œuvre tant que Ran ne sera pas rentré chez lui ».
Jacob Magid, Noam Lehman et Lazar Berman ont contribué à cet article.
la Communauté du Times of Israël !







