Une femme acquittée pour une agression présumée à l’encontre d’Idit Silman en 2024
La juge a estimé que la ministre de la Protection environnementale "a eu du mal à donner une version raisonnable" des événements et elle a critiqué la police pour "ses conclusions hâtives"
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Un tribunal a acquitté une femme qui avait été accusée d’avoir agressé et menacé la ministre de la Protection environnementale, Idit Silman, au mois de janvier dernier. Dans un verdict qui a été rendu mercredi, la juge a critiqué la ministre et la police au sujet de cette affaire.
Silman avait affirmé que Yarden Mann, une militante du mouvement des opposants au plan de refonte radicale du système judiciaire, l’avait giflée et menacée lors d’une altercation survenue dans un centre commercial en plein air à Rehovot, une ville du centre d’Israël, au mois de janvier 2024. Mann avait été placée en détention pendant plusieurs jours en conséquence.
En annonçant l’acquittement de Mann, le tribunal de première instance de Rehovot a estimé que les témoignages apportés dans le dossier et le récit de la ministre du Likud n’étaient apparemment pas fiables.
« Silman a eu du mal à donner une version raisonnable » des événements, a noté la magistrate Karen Wexler, selon le site d’information Ynet, qui a souligné les contradictions dans les autres témoignages fournis dans cette affaire.
« J’ai eu du mal à trouver crédibles les témoignages », a ajouté Wexler. « Une femme a indiqué dans son témoignage à la police qu’elle avait vu une gifle, mais devant le tribunal, elle n’avait plus assisté à une gifle, mais à une ‘main levée’. Un autre témoin a déclaré à la police avoir entendu ‘le bruit d’une gifle’, mais on est même en droit de douter qu’il ait été présent comme il le prétend ».
Toutefois, le témoignage de Mann « correspond aux preuves objectives », a déterminé la magistrate, se référant aux images tournées par les caméras de vidéosurveillance.
Selon le site d’information Walla, le tribunal a estimé qu’après que Mann s’est détournée de Silman, commençant à s’éloigner d’elle, la ministre l’avait suivie et lui avait barré le chemin, la filmant et approchant son téléphone portable de l’accusée. À ce moment-là, Mann avait tendu la main vers le téléphone.
Le juge a déclaré que l’incident s’était produit « en un clin d’œil » et elle a déterminé que la réaction de Mann avait été « automatique et involontaire, par réflexe, dans le but de protéger son visage et ses yeux », selon Ynet.
La magistrate a expliqué que même si Silman avait été légèrement blessée et que son téléphone avait été endommagé, il s’agissait d’un « accident » et que Mann n’avait pas eu l’intention de lui faire du mal.
La police avait expliqué que tout avait commencé quand Mann avait commencé à filmer Silman. Les forces de l’ordre avaient montré au tribunal des images partielles de l’altercation initiale – il n’y avait pas eu de vidéo de l’agression présumée – et elle s’était appuyée sur des témoignages de personnes présentes pendant l’incident.
Mann avait été arrêtée quelques heures après les faits présumés et elle avait été mise en examen dans les 24 heures qui avaient suivi. Elle avait nié avoir agressé Silman.
La juge a critiqué la police mercredi, affirmant qu’elle avait « tiré des conclusions hâtives concernant l’incident » et qu’elle avait posé à Mann des questions inappropriées sur ses opinions politiques pendant l’interrogatoire.
« De manière surprenante, au début de son interrogatoire, on a demandé à l’accusée si elle appartenait à un groupe politique. Une question qui était non seulement inappropriée, mais aussi sans rapport avec la détermination de sa culpabilité », a écrit le juge.
Mann a salué cette décision, mais elle a averti que d’autres poursuites similaires pourraient avoir lieu à l’avenir.
« Justice a été rendue. Aujourd’hui, c’est moi, mais demain, ça pourrait être vous, votre fille ou votre fils », a-t-elle mis en garde.
Silman avait déjà affirmé avoir été agressée dans le passé.
En 2021, elle avait raconté avoir été physiquement harcelée dans une station-service à Modiin, mais les enquêteurs avaient clos leur enquête après avoir échoué à trouver des témoins pour confirmer l’incident.
la Communauté du Times of Israël !







