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Une manifestation anti-Israël tenue à l’écart du quartier juif de Strasbourg

Le juge a estimé que la préfecture, qui n'a pas interdit la manifestation et avait proposé 2 parcours alternatifs, a pris une "mesure proportionnée et n'a pas porté une atteinte aux libertés"

L’école ORT à Strasbourg. (Crédit :
Claude TRUONG-NGOC/Wikimedia)
L’école ORT à Strasbourg. (Crédit : Claude TRUONG-NGOC/Wikimedia)

Une manifestation anti-Israël et pro-palestinienne, interdite de défiler dans un quartier où vit une importante communauté juive à Strasbourg, s’est transformée en rassemblement statique samedi, au grand dam des organisateurs qui ont dénoncé une « atteinte à leurs libertés ».

« On est très déçus », a déclaré à l’AFP Hervé Gourvitch, du collectif Palestine 67, qui avait attaqué en référé l’arrêté préfectoral interdisant le périmètre en question, dénonçant une « remise en cause inacceptable du droit de manifester et de la liberté d’expression ».

« Nous refusons qu’il y ait des quartiers de Strasbourg dans lesquels il est interdit de manifester son soutien au peuple palestinien », a-t-il déclaré devant les 250 manifestants, selon la police, rassemblés place Broglie dans le centre de Strasbourg.

« Etant juif moi même ça me choque encore plus », a ajouté M. Gourvitch, « on a le droit d’être juif et antisioniste ».

Les manifestants souhaitaient notamment défiler devant l’immeuble où résident des militants d’Urgence Palestine, pour leur apporter leur soutien. L’immeuble a été récemment ciblé par des tags et des dégradations, des actes de vandalisme condamnés par la maire de Strasbourg, l’écologiste Jeanne Barseghian.

Mais le tribunal administratif a validé l’arrêté préfectoral. Dans un jugement rendu samedi, le juge des référés relève que la marche devait « se tenir dans un quartier dans lequel réside une forte proportion de personnes membres de la communauté juive », et souligne le risque de « débordements », « eu égard notamment au contexte de fortes tensions qui existe actuellement entre les personnes soutenant la politique d’Israël à l’égard des habitants de la bande de Gaza et celles critiquant cette politique ».

Le juge a estimé que la préfecture du Bas-Rhin, qui n’avait pas interdit la manifestation et avait proposé deux parcours alternatifs, a pris une « mesure proportionnée et n’a pas porté une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés invoquées par les requérants ».

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