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Varsovie menace de mettre fin aux visites des jeunes Israéliens dans les camps

Le vice-ministre des Affaires étrangères a affirmé que les visites organisées dans les camps de la mort nazis incitaient à la "haine de la Pologne"

Un étudiant lors d'un voyage sur le site du camp d'Auschwitz-Birkenau dans la Pologne actuelle, le 27 avril 2014. (Crédit : Yossi Zeliger/Flash 90)
Un étudiant lors d'un voyage sur le site du camp d'Auschwitz-Birkenau dans la Pologne actuelle, le 27 avril 2014. (Crédit : Yossi Zeliger/Flash 90)

La Pologne a déclaré lundi qu’elle examinait l’option de suspendre les voyages annuels de jeunes Israéliens sur les sites de commémoration de la Shoah dans le pays, dans un contexte de crise diplomatique majeure entre les nations.

Le vice-ministre polonais des Affaires étrangères, Pawel Jablonski, a déclaré lundi dans une interview à la radio que « les voyages ne se déroulent pas de manière appropriée. Ils instillent parfois la haine de la Pologne dans la tête des jeunes Israéliens ».

« Nous avons affaire à un sentiment anti-polonais en Israël, et l’une des raisons en est la manière dont la jeunesse israélienne est éduquée et élevée », a accusé Jablonski.

« Cette propagande, basée sur la haine de la Pologne, s’infiltre dans la tête des jeunes dès le plus jeune âge à l’école », a-t-il affirmé.

M. Jablonski a déclaré que le pays allait examiner les voyages de jeunes et prendre une décision à ce sujet. « La manière dont ces voyages se déroulent [actuellement] n’est certainement pas la bonne », a-t-il déclaré.

Chaque année, des milliers de lycéens israéliens se rendent en Pologne à des fins de commémoration de la Shoah, visitant les sites nazis associés au génocide des Juifs d’Europe, comme le camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau.

Le vice-ministre polonais des Affaires étrangères Paweł Jabłoński à Varsovie, en Pologne, le 8 septembre 2020. (Crédit : AP/Czarek Sokolowski)

Lundi, le ministère polonais des Affaires étrangères a déclaré que son ambassadeur en Israël resterait dans le pays indéfiniment et ne retournerait pas en Israël, dans un geste de représailles après qu’Israël a renvoyé son propre envoyé de Varsovie suite au différend diplomatique, qui a été déclenché par la législation polonaise qui restreint sévèrement les demandes de restitution de l’époque de la Seconde Guerre mondiale.

Samedi, Israël avait déjà fait savoir à la Pologne que son envoyé, Marek Magierowski, qui est en vacances dans son pays, ne devait pas revenir dans l’État juif.

Le ministère polonais des Affaires étrangères a également déclaré qu’un ambassadeur adjoint nommé, qui devait se rendre en Israël prochainement, resterait en Pologne pour le moment. Il a ajouté que, dans l’intervalle, un autre membre du personnel de l’ambassade de Tel Aviv prendrait le relais.

Le ministre des Affaires Etrangères, Yair Lapid, a déclaré samedi que « la Pologne, et ce n’est pas la première fois, a adopté une loi antisémite et immorale ».

La déclaration de Lapid en hébreu est intervenue après que le président polonais Andrej Duda a approuvé la loi, défiant la forte opposition d’Israël et des États-Unis.

Illustration : Des lycéens israéliens en voyage scolaire en Pologne, où ils ont étudié la Shoah. (Crédit : Moshe Milner/GPO/Flash90)

La loi fixe un délai de 30 ans pour les contestations des confiscations de biens, ce qui signifie que les procédures en cours concernant les confiscations de biens datant de l’ère communiste seraient abandonnées et rejetées. Elle concerne les biens polonais, juifs et autres qui font l’objet de déterminations antérieures contestées.

Quelque trois millions de Juifs polonais, soit 90 % de la communauté juive du pays, ont été tués pendant la Seconde Guerre mondiale dans la Pologne occupée par les nazis.

Après la guerre, les autorités communistes ont nationalisé un grand nombre de propriétés qui étaient restées vides parce que leurs propriétaires avaient été tués ou avaient fui.

Bien que la loi couvre les demandeurs juifs et non juifs, les militants affirment que les propriétaires juifs seront touchés de manière disproportionnée car ils ont souvent tardé à déposer leurs demandes après la guerre.

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