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Venezuela : la chute de Maduro secoue « le club des 5 » du pouvoir

La capture du président vénézuélien Nicolas Maduro par l'armée américaine secoue la coupole du pouvoir composée d'un "club des cinq", selon l'expression d'un diplomate en poste

Montage photos (de gauche à droite) : Le président américain Donald Trump s'adressant à la presse après les actions militaires américaines au Venezuela, depuis sa résidence de Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 3 janvier 2026 ; le dictateur vénézuélien Nicolas Maduro à bord de l'USS Iwo Jima après sa capture par l'armée américaine le 3 janvier 2026. (Crédits : Jim Watson/AFP ; Document fourni/Compte TRUTH Social du président américain Donald Trump/AFP)
Montage photos (de gauche à droite) : Le président américain Donald Trump s'adressant à la presse après les actions militaires américaines au Venezuela, depuis sa résidence de Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 3 janvier 2026 ; le dictateur vénézuélien Nicolas Maduro à bord de l'USS Iwo Jima après sa capture par l'armée américaine le 3 janvier 2026. (Crédits : Jim Watson/AFP ; Document fourni/Compte TRUTH Social du président américain Donald Trump/AFP)

Ce « club » dont le président vénézuélien Nicolas Maduro était le chef était composé de son épouse Cilia Flores, également capturée par les Américains, de la vice-présidente Delcy Rodriguez, nommée présidente par intérim samedi soir, du président de l’Assemblée nationale Jorge Rodriguez (frère de Delcy), et du très redouté ministre de l’Intérieur Diosdado Cabello.

Chacun avait « voix au chapitre » au sein du pouvoir mais « Maduro était celui qui garantissait l’équilibre. Maintenant qu’il est parti, qui sait ? », s’interrogeait cette source diplomatique.

« Super » Maduro et « Cilita »

L’image de Maduro menotté, les yeux bandés, a fait le tour du monde. Il y a quelques jours à peine, il dansait avec son épouse Cilia Flores sur une version électronique d’un discours dans lequel il plaidait « no war, yes peace ».

« Personne ne m’arrêtera ! », avait-il lancé lors d’un meeting en novembre.

Le président vénézuélien Nicolas Maduro salue ses partisans lors d’une marche organisée pour commémorer la « Journée de la résistance indigène » dans la capitale Caracas, le 12 octobre 2025. (Crédit : Federico PARRA / AFP)

Souvent sous-estimé, il avait su éliminer les résistances internes, tenir l’opposition à distance, avec le soutien des militaires, dirigeant le pays d’une main de fer.

Il s’était aussi construit une image « d’indestructible » avec un culte de la personnalité à l’image de son mentor et prédécesseur Hugo Chavez.

Fresques, chansons, biopic, et même dessin animé de « Super Bigote » (Super Moustache), où un super-héros semblable à Superman combat « l’impérialisme », chantaient sa gloire.

« Super Cilita » apparaissait également régulièrement.

Sous l’impulsion du ministre de la Défense, le général Vladimir Padrino Lopez, l’armée avait juré à plusieurs reprises une « loyauté absolue » à Maduro.

Pour le moment, le pouvoir a resserré les rangs, ne semblant pas se diviser après la capture de Maduro. Du moins en public.

« La priorité absolue du pouvoir est la survie », souligne à l’AFP Antulio Rosales, politologue et professeur à l’Université de York, au Canada.

Les Rodriguez

La famille Rodriguez a toujours fait partie du premier cercle de Maduro.

Delcy, désormais présidente par intérim, contrôle en outre l’économie et l’industrie pétrolière. Son frère Jorge est le président de l’Assemblée nationale mais était aussi le chef négociateur dans tous les processus menés avec l’opposition et les États-Unis.

La vice-présidente vénézuélienne Delcy Rodriguez donnant une conférence de presse, au palais présidentiel de Miraflores, à Caracas, au Venezuela, le 10 mars 2025. (Crédit : Ariana Cubillos/AP)

Ils sont connus pour leurs discours enflammés contre les « ennemis de la patrie », mais se montraient plus pragmatiques et souvent plus diplomates en coulisses.

Fins stratèges, ils sont, selon plusieurs experts, à l’origine de purges au sein du gouvernement, comme celle qui a conduit en prison Tareck El Aissami, puissant ministre du Pétrole jusqu’en 2023. Son successeur ? Delcy Rodríguez, qui cumulait avec sa vice-présidence.

« Ils ont été de toutes les manœuvres internes par lesquelles Maduro a écarté du jeu tous les pôles de pouvoir qui lui faisaient de l’ombre », déclare l’analyste Pedro Benítez.

Le policier redouté

Diosdado Cabello est un homme craint au Venezuela. Ancien compagnon d’armes de Hugo Chavez, il est une figure historique du chavisme et aussi le chef, derrière Maduro, du Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV).

Le président vénézuélien Nicolas Maduro, (au centre), son épouse Cilia Flores, (à gauche), et le président de l’Assemblée constituante Diosdado Cabello, (à droite), arrivent au Palais législatif fédéral à Caracas le 14 janvier 2019. (Federico Parra/AFP)

Nommé ministre de l’Intérieur juste après la réélection contestée de Maduro alors que le bateau tanguait, il a organisé une répression féroce instillant une peur généralisée au sein de la population.

Des experts situent Cabello dans l’aile la plus radicale du chavisme et certains évoquent un affrontement avec le pragmatisme des Rodríguez, ce que les deux camps ont toujours démenti.

Cabello a déjà été président pendant quelques heures, lorsque Chavez a été renversé pendant deux jours en 2002.

Mais sa situation a changé : il fait partie des six personnes inculpées dans le dossier de Maduro devant la justice américaine, qui offre 25 millions de dollars pour sa capture.

Avec les développements récents, « se risquerait-il à être extradé vers les États-Unis ? », se demande Antulio Rosales.

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