Yair Golan accuse Netanyahu de le poursuivre pour détourner l’attention du Qatargate
Dans un mémoire en défense déposé au tribunal dans le cadre d'un procès en diffamation, le président du parti HaDemocratim a déclaré qu'il y avait des raisons de soupçonner le Premier ministre de "nuire à la sécurité nationale à des fins politiques"
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Dans le cadre du procès en diffamation qui lui est intenté par le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, le chef du parti HaDemocratim, Yair Golan, a déclaré mercredi au tribunal que le Premier ministre faisait tout pour que l’on ne parle pas de ses liens présumés avec le Qatar.
Dans le document déposé devant le tribunal de première instance de Jérusalem, les services de Golan évoquent un comportement qui, depuis quelques années, « laisse à penser que Netanyahu porte atteinte à la sécurité intérieure pour des motifs purement politiques » et même des soupçons selon lesquels Netanyahu et ses proches collaborateurs auraient « sacrifié la sécurité des enfants d’Israël contre de l’argent qatari ».
Golan a dit qu’il allait demander la divulgation de documents détaillant les sources de financement de Netanyahu et du parti du Likud lors des dernières campagnes électorales, des comptes bancaires et actifs de Netanyahu en Israël et à l’étranger et des enregistrements de réunions et conversations avec des responsables qataris, ces dix dernières années.
« Netanyahu craint que ses relations avec le Qatar et la profondeur de cette affaire de sécurité – la plus grave qu’ait connu Israël – ne soient livrés au public. Le procès qui m’est fait a un objectif on ne peut plus clair : faire taire tout débat public sur les liens qui ont conduit au renforcement du Hamas, aux défaillances et au massacre du 7 octobre », a déclaré Golan dans un communiqué.
« Les Israéliens méritent la vérité et le tribunal est l’endroit parfait pour la révéler. Nous exigerons la divulgation de tous les documents, témoignages et faits afin que la vérité éclate au grand jour. »
C’est en avril dernier que Netanyahu a porté plainte pour diffamation contre Golan en raison de messages adressés par ce dernier à ses partisans accusant le Premier ministre d’avoir sacrifié la sécurité du pays contre de l’argent, dans le scandale du Qatargate.
Au moment des faits, le site d’information Ynet avait laissé entendre que Netanyahu y voyait « un mensonge très laid », « une fake news, une incitation à la haine et une calomnie », destinée à collecter des dons.
Netanyahu exigerait 320 000 shekels en dommages et intérêts ainsi qu’une ordonnance empêchant Golan de « le diffamer ».
Ce procès en diffamation s’inscrit dans le contexte de l’affaire dite du Qatargate, dans laquelle des collaborateurs de Netanyahu – Jonatan Urich et Eli Feldstein – sont soupçonnés d’avoir commis de multiples infractions liées à leur travail présumé pour une société de lobbying pro-qatarie, à commencer par des contacts avec un agent étranger et des actes de corruption impliquant des lobbyistes et des hommes d’affaires, tout en travaillant pour le Premier ministre.
Interrogé sur cette affaire en mars dernier, Netanyahu a assuré ne rien savoir des liens d’Urich et de Feldstein avec le Qatar.
Le mois dernier, dans le cadre du procès, Golan a demandé que soient vérifiés les comptes bancaires du Premier ministre afin de s’assurer qu’il n’ait pas accepté d’argent qatari, compte tenu des liens financiers de ses principaux collaborateurs avec cet État arabe.
« Je me pose une question on ne peut plus simple : les chefs des milieux de la sécurité disent – avec de nombreuses preuves à l’appui – que l’argent qatari a servi à renforcer le pouvoir du Hamas », a déclaré Golan à Kan news à l’époque.
Sous la direction de Netanyahu, Israël a, entre 2018 et 2023, laissé entrer à Gaza par les points de passage israéliens des valises de billets d’origine qatarie afin de maintenir le fragile cessez-le-feu avec les dirigeants du Hamas de la bande de Gaza.
« D’après ce que j’en ai compris, sur la base des informations des médias, ces informations du Shin Bet ont été transmises au Premier ministre, et malgré tout, il a continué à laisser passer ces fonds qataris. Ce qui me fait dire, compte tenu de sa propension à se montrer très généreux envers les Qataris comme envers ses plus proches collaborateurs, liés au Qatar… qu’il ne serait pas totalement déraisonnable de vérifier si le Premier ministre lui-même et ses comptes bancaires n’ont pas reçu de fonds du Qatar. »
Selon les médias israéliens, Netanyahu a, à deux reprises au moins avant l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023, été informé que le chef militaire du groupe terroriste de l’époque, Mohammed Deif, recevait des fonds de la part du Qatar.
Selon des informations presque identiques de la chaîne N12 et de Kan, Netanyahu l’aurait su dès 2019, informé par le chef du Shin Bet de l’époque, Nadav Argaman, et à nouveau en 2020, cette fois informé par la direction du renseignement militaire de Tsahal.
Le cabinet de Netanyahu nie que le Premier ministre ait eu connaissance du fait que de l’argent qatari servait à financer des activités terroristes.
Netanyahu a été interrogé sur l’affaire du Qatargate en mars dernier et la chaîne N12 a rapporté lundi qu’il serait sous peu à nouveau questionné sur ce point, de nouveaux éléments obtenus par les enquêteurs l’ayant incitée à demander une nouvelle entrevue au Premier ministre.
Comme la première fois, Netanyahu devrait être interrogé en qualité de témoin et non en tant que suspect mais il pourrait très bien être décidé ultérieurement de le faire comparaitre en tant que suspect.
la Communauté du Times of Israël !







