Yoav Kisch menace de supprimer le financement des universités qui commémorent la Nakba
Le ministre de l'Éducation a reçu le soutien de Bezalel Smotrich, le ministre des Finances d'extrême-droite, qui a dit qu'il "chargera les autorités d'agir pour révoquer les financements"
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Le ministre de l’Éducation Yoav Kisch a menacé de supprimer le financement des universités qui organisent des événements de commémoration de la » Nakba » palestinienne, ou catastrophe, après que des groupes d’étudiants ont lancé leurs manifestations annuelles.
« Le monde universitaire n’est pas une plate-forme pour les incitations sous couvert de liberté d’expression », a écrit Kisch dans un post qui a été publié sur X.
Il a ajouté avoir demandé au ministre des Finances Bezalel Smotrich de supprimer le financement de l’Université hébraïque de Jérusalem et de l’Université de Tel Aviv suite à des événements qui se sont déroulés sur leurs campus – avec leur soutien.
Smotrich a par la suite fait savoir dans un communiqué qu’il soutenait cette démarche et qu’il « chargera les autorités d’agir immédiatement pour révoquer les financements ».
Les tensions autour de la commémoration de la Nakba, qui fait référence à la fuite ou au déplacement d’environ 700 000 Palestiniens lors de la création d’Israël en 1948, ne sont pas nouvelles. De nombreux Israéliens considèrent ces événements comme une tentative voilée de saper l’existence de l’État.
Des groupes d’étudiants arabes de l’université hébraïque de Jérusalem avaient expliqué lundi que la commémoration du jour de la Nakba – elle est traditionnellement célébrée en date 15 mai – était d’autant plus essentielle cette année « que le génocide contre notre peuple à Gaza se poursuit ».
« Élevons nos voix contre ce génocide et contre ces déplacements », ont déclaré les groupes dans un communiqué, ajoutant qu’ils passeraient la journée à lire des lettres et des poèmes de personnes vivant dans ce territoire déchiré par la guerre.
L’université de Tel Aviv et l’université hébraïque ont toutes les deux déclaré dans des communiqués qu’elles soutenaient le droit de leurs étudiants à célébrer cette journée. Elles ont estimé que les menaces proférées par le ministre étaient « illégales. »
« L’université de Tel Aviv rejette catégoriquement les menaces effroyables qui ont été lancées par le ministre de l’Éducation qui veut prendre des mesures illégales et suspendre le financement de l’université », a noté l’université de Tel Aviv dans un communiqué, ajoutant qu’en vertu de la législation israélienne, « les manifestations organisées par les étudiants à l’occasion de la Journée de la Nakba, qui a lieu dans la plupart des universités israéliennes, sont protégées par la liberté d’expression et de protestation ».
L’université hébraïque a réagi de la même manière, affirmant que « la directive de Kisch est dépourvue de tout fondement juridique et de tout appui statutaire ».
« L’Université hébraïque s’est engagée à favoriser la coexistence dans tous les secteurs de la société israélienne », a précisé le communiqué. « Dans le cadre de son attachement à la liberté d’expression, l’université veille à ce que des voix diverses puissent être entendues – en embrassant la complexité dans le dialogue et en encourageant le respect mutuel ».
Kisch a riposté sur X que l’acceptation de tels événements « entravent la liberté académique » et que « tous les étudiants qui pensent que le jour de la Nakba est un jour de deuil national sont invités à étudier à l’université de Birzeit et non à l’université de la première ville sioniste d’Israël ». Birzeit est une université de Cisjordanie.
Kisch a affirmé qu’en vertu de la loi, les institutions qui soutiennent les activités de la Journée de la Nakba doivent s’attendre à ce que leur budget soit refusé.
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