En signe de protestation, les mouvements libéraux célèbrent Hanoukka à la tour Trump
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En signe de protestation, les mouvements libéraux célèbrent Hanoukka à la tour Trump

Outre les pancartes habituelles, le rassemblement se distinguait par ses chants juifs et par ses pièces en chocolat de Hanoukka

Le rabbin Debra Cantor de la Congrégation B'nai Tikvoh-Sholom de Bloomfield s'exprime à la Trump Tower de Manhattan lors de la soirée « Ceci n’est pas la soirée de Hanoukka de la Maison-Blanche » organisée par l’association T’ruah le 13 décembre 2017 (JTA / Jake Ratner)
Le rabbin Debra Cantor de la Congrégation B'nai Tikvoh-Sholom de Bloomfield s'exprime à la Trump Tower de Manhattan lors de la soirée « Ceci n’est pas la soirée de Hanoukka de la Maison-Blanche » organisée par l’association T’ruah le 13 décembre 2017 (JTA / Jake Ratner)

JTA – Il serait raisonnable de penser que les Juifs qui ont allumé une menorah de Hanoukka au cinquième étage de la tour Trump soutenaient le président.

Après tout, la tour de Manhattan est ornée de son nom en grandes lettres d’or et mêmes les poubelles du hall d’entrée sont décorées du fameux slogan « Make America Great Again ». Plus d’un an après l’élection, le matériel de campagne est toujours en vente au rez-de-chaussée.

Pourtant, les quelques dizaines de Juifs qui se sont réunis dans l’édifice mercredi soir n’étaient pas là pour célébrer la gloire du président, mais pour protester à son encontre.

Organisée par T’ruah, le mouvement de défense des droits de l’homme des rabbins libéraux, la manifestation était intitulée « Ceci n’est pas la soirée de Hanoukka de la Maison Blanche ».

Le président a organisé sa propre fête de Hanoukka le 7 décembre. Sa liste d’invités se démarquait par son manque de députés démocrates et de dirigeants juifs qui se sont opposés à lui. Ainsi, à la place, certains d’entre eux ont participé à la manifestation de mercredi.

T’ruah a pu organiser l’évènement au sein même du bâtiment car une terrasse du cinquième étage est techniquement un parc public de New York ouvert à tous. Ainsi, il suffit de passer la sécurité et de se diriger vers l’ascenseur, où un employé en uniforme appuiera sur le bouton pour vous.

L’événement en lui-même était assez semblable aux autres manifestations contre Trump – avec néanmoins quelques éléments de Hanoukka. Il y avait ainsi des chants (« Al Hanissim », une prière de Hanoukka remerciant Dieu pour les miracles), des slogans (« Plus de lumière, plus de justice ! »), des pancartes et des collations (des pièces en chocolat de Hanoukka et du café décaféiné issus du marché équitable). Neuf leaders de groupes juifs libéraux – dont ceux du Workmen’s Circle, du HIAS, du Jews For Racial & Economic Justice et du Bend the Arc – ont pris la parole. Chacun a ensuite brandi une bougie et s’est placé de sorte à former une menorah humaine.

« Ce soir, j’allume cette bougie pour chasser les ténèbres qui surviennent lorsque le pouvoir devient abusif et que le harcèlement sexuel et la violence sexuelle installent la peur dans nos cœurs et nous réduisent au silence », a déclaré Dina Charnin, directrice de la politique israélienne pour le Conseil national des femmes juives.

Une poignée de contre-manifestants, menés par Karen Lichtbraun, chef de la section new-yorkaise de la Ligue de défense juive, une organisation d’extrême droite, ont rejoint l’évènement. Lichtbraun portait un chapeau de brousse marqué du slogan « Make America Great Again » et a accusé T’ruah d’être antisémite.

« T’ruah est venu ici pour porter atteinte au président et à Israël, a déclaré Lichtbraun. Nous sommes ici pour nous exprimer. Nous soutenons Israël. Nous soutenons le président. »

T’ruah se voit comme une association dont le but est de promouvoir les valeurs juives en Israël et aux États-Unis. Bien qu’elle ne soutienne pas le président, elle a tout de même passé la nuit chez lui – dans sa tour, plus exactement.

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