L’armée reste en alerte alors que les manifestations en Cisjordanie semblent se calmer
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L’armée reste en alerte alors que les manifestations en Cisjordanie semblent se calmer

L’ampleur des manifestations après la reconnaissance de la capitale par Etats-Unis était moins importante que prévue, mais on craint qu’elles puissent reprendre de la force

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Un manifestant masqué palestinien lors d'affrontements avec les troupes israéliennes près d'un point de contrôle israélien dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 8 décembre 2017 (Crédit : AFP PHOTO / ABBAS MOMANI)
Un manifestant masqué palestinien lors d'affrontements avec les troupes israéliennes près d'un point de contrôle israélien dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 8 décembre 2017 (Crédit : AFP PHOTO / ABBAS MOMANI)

Les milliers de Palestiniens qui se sont rassemblés pour manifester contre la reconnaissance, par le président des Etats-Unis Donald Trump, de Jérusalem comme la capitale d’Israël vendredi ont laissé la place à des centaines de manifestants samedi, et encore moins de monde dans la rue dimanche.

L’armée israélienne cherchait à constamment évaluer s’il fallait décider ou non de continuer à mobiliser les bataillons supplémentaires qu’elle a envoyé en Cisjordanie à la fin de la semaine dernière.

Dimanche après-midi, les troupes supplémentaires étaient toujours en position.

La forte diminution de l’intensité des manifestations entre vendredi et samedi, associée au fait que les écoles de Cisjordanie ont réouvert dimanche, indiquait que ces renforts pourraient être démobilisés rapidement, sauf en cas d’événement imprévu.

Il n’était pas clair quant à savoir si l’attaque du couteau de dimanche après-midi devant la gare routière pouvait constituer un événement imprévu.

« Nous évaluons la situation, pour voir ce qui se passe », a déclaré un militaire officiel.

Jeudi, l’armée a envoyé un nombre non spécifié de bataillons supplémentaires en Cisjordanie, a-t-il déclaré, par crainte que des forces supplémentaires seraient nécessaires pour répondre aux émeutes violentes dans la zone.
Pourtant, toutes le troupes supplémentaires n’étaient pas nécessaires dans la mesure où moins de Palestiniens que prévus sont venus manifester.

Selon tous les décomptes, les manifestations en Cisjordanie et dans la bande de Gaza auraient pu être beaucoup plus importantes, avec de nombreux groupes palestiniens, comme le Fatah et le Hamas, appelant à des manifestations de masse et les médias du monde entier surveillant l’évolution des événements. Le Hamas a spécifiquement appelé à une nouvelle intifada.

Mais ces manifestations de masse n’ont pas eu lieu.

Dans la journée de vendredi, des milliers de Palestiniens ont pris part aux manifestations en Cisjordanie, dans plus de 30 endroits. L’armée israélienne a établi la participation totale à environ 5 000 manifestants. Des centaines d’émeutiers ont été traités par le Croissant Rouge palestinien, la grande majorité pour avoir inhalé du gaz lacrymogène. Plusieurs dizaines de personnes ont été touchées par des balles en caoutchouc, a-t-il dit, quelques personnes ont été touchées par des balles réelles, mais personne n’a été gravement blessé.

Dans la bande de Gaza, deux manifestants auraient été abattus alors qu’ils participaient à des émeutes à proximité de la barrière de sécurité, selon l’armée, après avoir ignoré les appels à s’arrêter et les tirs d’avertissement en l’air.
Les manifestations en Cisjordanie de cette semaine étaient similaires en taille à celles qui ont eu lieu en juillet après qu’Israël a installé des détecteurs de métaux sur le mont du Temple, à la suite d’une attaque terroriste au cours de laquelle deux officiers de police ont été tués.

Pourtant, dans ce que l’on qualifié de « crise du mont du Temple » de juillet, Jérusalem Est a constitué un centre beaucoup plus important d’agitation et de violence, avec des milliers de jeunes hommes affrontant les troupes israéliennes, ce qui ne s’est pas produit à la même échelle la semaine dernière.

Pourtant, si l’intensité des manifestations palestiniennes n’était pas au niveau de ce que l’on avait prévu, cela n’exclut pas la possibilité qu’elles puissent reprendre de la vigueur.

Un certain nombre d’événements pourraient entraîner des manifestations plus importantes. Par exemple, si un nombre important d’émeutiers palestiniens, ou si un émeutier très jeune, était tué par les troupes israéliennes dans une manifestation, alors cela pourrait faire descendre plus de personnes dans la rue.

L’armée a fait attention d’éviter l’utilisation de balles réelles lors des manifestations en Cisjordanie, utilisant à la place des armes non mortelles de dispersion d’émeutes, comme des gaz lacrymogènes, des grenades assourdissantes et des balles en caoutchouc.

Dans sa proclamation à la Maison Blanche mercredi, Trump est passé outre les avertissements des experts sur les conséquences graves pour tout le Moyen-Orient de la reconnaissance de Jérusalem comme la capitale d’Israël.
Jusqu’à présent, la région n’a pas réalisé les prédictions.

Ce qui a peut-être mitigé la déclaration de Trump était le fait qu’il est resté vague, étant apparemment prudent pour ne pas spécifier les limites de Jérusalem ou même exclure la possibilité que les Palestiniens pourraient avoir Jérusalem Est comme capitale dans une future solution à deux états.

En outre, quelques heures après son discours, Trump a signé un document empêchant la transfertt de l’ambassade de Tel Aviv à Jérusalem pour au moins encore six mois. De plus, quand on l’interroge, le département d’Etat américain ne dit même pas que Jérusalem est situé à l’intérieur d’Israël.

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